Pourquoi nous aimons la Formule 1

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Pourquoi nous aimons la Formule 1

Message par Modena49 le Dim 7 Aoû - 14:41:39

Pourquoi nous aimons la Formule 1
Par Michael Delaney
La Formule 1 reste l’un des sports les plus regardés de la planète – malgré ses imperfections et ses crises récentes. Nous nous sommes demandés pourquoi nous aimons (encore) autant ce sport à nul autre pareil. Les réponses varient parmi les membres de la rédaction... Voici le premier épisode de notre série de l’été.

TEMPORADA 1979
Mon premier souvenir de Formule 1 remonte à mes dix ans. Nous sommes en 1978, et les journaux télé du soir font leurs gorges chaudes de la victoire (enfin) de Depailler à Monaco sur la Tyrrell. Mes parents ne sont pas sportifs, ne suivent pas le sport à la télé ou la radio. Mon grand-père oui, et avec lui je découvre Roland-Garros, Wimbledon et le Tournoi des Cinq Nations.
C’est donc à peu près par hasard que je me retrouve à suivre, début 1979, la temporada sud-américaine dominée par les Ligier. J’aime cette JS11 bleue et blanche (pourtant je ne suis pas français) et ce Jacques Laffite qui deviendra mon pilote préféré et chéri, jusqu’à ce maudit départ en 1986 à Brands Hatch. Il faudra attendre 1980 et que je me sois abonné à deux magazines, dont l’un existe toujours, pour que je suive tous les Grands Prix à la télé, et quelques-uns sur place.
J’aime cette JS11 bleue et blanche, et ce Jacques Laffite qui deviendra mon pilote préféré et chéri, jusqu’à ce maudit départ en 1986 à Brands Hatch.
Je n’ai pas connu les années terribles où les pilotes tombaient comme des mouches, mais je vois Rega cloué en fauteuil roulant, Pironi en sang et la jambe en bouillie. J’assiste à la mort de Patrick, de Gilles, de Paletti, d’Elio... Plus tard, je commenterai en direct à la radio l’accident d’Ayrton, dont on comprit vite qu’il serait fatal. Je ne le cache pas : adolescent, ça faisait partie de la fascination qu’exerçait la F1 sur moi. Le danger, le risque d’y rester. Mais j’aimais surtout les bagarres au couteau, la folie d’un Villeneuve, l’imprévisibilité d’un “De Crasharis”. Et puis surtout le charisme de tous ces garçons, quasi sans exception. Coups de gueule, parfois coups de poing, manœuvres pas toujours réglo-réglo en piste, avec de basses vengeances parfois. Ça faisait alors partie du show, et les pénalités ne s’abattaient pas au moindre frôlement comme la vérole sur le bas-clergé.



PRÉCIEUSE BIODIVERSITÉ
J’appréciais surtout la diversité alors de mise : plusieurs manufacturiers de pneus, des châssis immédiatement identifiables même si on les avait tous peints en blanc, la possibilité d’aligner une, deux, trois voitures, parfois d’être absent, d’avoir des décos différentes au sein d’un même team, d’aligner en privé une Lotus comme Rebaque ou des Williams comme John McDonald avec RAM. Plus que tout, d’un point de vue réglementaire, je trouvais génial d’avoir en piste des 4, 6, 8, 10, 12 cylindres, en V ou à plat (boxer).
J’ai connu l’époque des préqualifs à cause de 35, 36 engagés (!), où certains finissaient leur week-end à 9 heures du matin vendredi. C’était too much, n’importe quel artisan comme Henri Julien (AGS) ou Enzo Coloni mettait un Cosworth dans une monoplace bricolée et allait jouer sur la même piste – pas dans la même cours – que Ferrari, Williams, Renault, McLaren, Lotus. J’ai toujours préféré les petits aux gros, les vainqueurs rares aux super champions. Donc Laffite à Prost, Patrese à Mansell chez Williams, plus tard Webber à Vettel chez Red Bull. Je n’ai ainsi adulé Senna, même si j’étais estomaqué par son pilotage, qu’une fois qu’il s’est envolé.
TROP INACCESSIBLE, TROP CADENASSÉE
Je m’étends sur le passé, à tel point que vous devez vous dire : OK, mais la F1 moderne ? Je la trouve trop cadenassée, verrouillée : une marque de pneus, des V6 seulement, deux autos aux mêmes sponsors par écurie, etc. Trop inaccessible pour le public. Trop dépendante de cette technologie dont je comprends que les constructeurs aient besoin, tant elle est pour eux une vitrine.
Pourtant, je ne peux m’empêcher de continuer à considérer la F1 comme le pinacle du sport auto, à en admirer les pilotes même s’ils ne sont plus libres ni de tout donner (sauf en qualification), ni de s’exprimer. Je peste quand un de mes chouchous – je reste avant tout un homme – traverse dans une mauvaise passe ou carrément éjecté du grand cirque, et j’exulte quand il brille. Je ne me lève plus aux aurores pour suivre l’Australie ou le Japon, les enregistreurs sont faits pour ça, mais les rares fois où il m’arrive de louper un Grand Prix, je me rattrape sur YouTube. Je ne les raterais pour rien au monde. Vivement, tout de même, un plateau plus équilibré en termes de matériel, même si chaque époque a connu ses dominations (Ferrari, Red Bull, Mercedes pour ne prendre que les années 2000).
Cette trêve m’est déjà insupportable.
http://www.f1i.com/magazine/magazine-features/aimons-formule-1-1/2/



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Je n'ai jamais été un grand constructeur .
Je n'ai jamais rêvé de l'être.
Je reste un artisan provincial.

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