Arrivabene se livre

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Arrivabene se livre

Message par Modena49 le Mer 29 Juin - 12:14:08

Exclu - Arrivabene se livre : "Un monde qui demande de l'humilité" (1/2)

 

Par: Roberto Chinchero, Journaliste
Traduit par: Basile Davoine, Responsable de la rédaction
2016-06-25

Pour la première fois, le directeur de Ferrari a accordé un entretien exclusif à un site internet. Avec Motorsport.com, il revient sur sa passion pour Ferrari, son rôle, sa relation avec les pilotes. Voici la première partie de cet entretien.

Comment votre vie a-t-elle changé depuis un an et demi ?  
"Je ne sais pas par où commencer… D’abord, après 25 ans je suis revenu travailler en Italie. Le changement qui était stressant avant, plus que la vie, concernait le type de travail." 
"C’est un monde où, chaque jour, on apprend quelque chose de nouveau, et qui demande de l’humilité. Il faut savoir comment gérer les défis techniques, ainsi que les problèmes liés aux dynamiques du groupe, car au final une équipe est faite de nombreuses personnes. Nous sommes majoritairement une équipe italienne, à laquelle s’ajoute un groupe de professionnels qui viennent de l’étranger."
Quand vous avez accepté cette mission, Ferrari n’était pas en position de gagner. Était-ce facile pour vous d’accepter ce rôle ?
"Chaque cycle, chaque saison a sa propre histoire. Il ne faut pas regarder derrière et ça ne fait pas partie de ma manière d’être. Je crois que dans ce travail, on ne doit pas isoler les compétences des gens, mais penser à la manière d’utiliser leur expérience au sein du groupe."
"Quand je parle, j’aime dire "nous", je ne dis jamais "je vais". Dans ce sport, un homme ne change rien, mais il peut apporter sa contribution au sein d’une équipe pour que l’on accomplisse des résultats ensemble."

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Est-ce que le rôle de directeur d’équipe chez Ferrari signifie qu’il faut être disponible 24h/24 sans hésitation ?
"C’est un emploi à plein temps pour tous ceux qui travaillent chez Ferrari, à tous les postes. Il y a des périodes, à Maranello, où l’on travaille avec trois équipes ou pendant 24 heures. Je confirme qu’il y a un noyau dur de professionnels qui ont Ferrari dans le sang."
"Pour ce qui est de mon rôle aujourd’hui, être en personne à l’usine n’est pas nécessaire, car la technologie permet de communiquer avec tout le monde, peu importe où l’on est. Mais il faut être disponible à tout moment. Il faut être présent sur les courses, mais ça ne signifie pas qu’il y a des problèmes à Maranello qui sont liés à mon absence."
"La semaine dernière, j’étais à l’usine et je discutais avec des gens là-bas, et j’ai ressenti la passion que ces professionnels ont pour le travail qu’ils font. Ce ne sont pas juste les employés d’une entreprise, ils encouragent Ferrari."

Et parfois on vous voit encourager sur le muret des stands pendant la course… 
"Je suis quelqu’un d’assez passionné. Je devrais probablement être plus froid. Mais j’ai le sentiment de représenter ceux qui ne sont pas présents sur les courses et qui travaillent à l'usine. Alors parfois je réagis avec joie, d’autres fois avec colère. Je crois toutefois que c’est révélateur de l’esprit qui nous a permis de gagner à nouveau en 2015, et de continuer à attaquer cette année pour ne pas abandonner."
En 2015, pensiez-vous que c’était possible de terminer le championnat avec trois victoires ?
"Si je repense à avant le début de la saison dernière, je me souviens que personne ne croyait à la possibilité que nous regagnions autant de terrain, particulièrement dans le domaine de la motorisation. Mais nos concepteurs de châssis et le département moteur ont surpris tout le monde. Croyez-moi, à Maranello ils savent comment travailler." 
Quand Maurizio Arrivabene est-il tombé amoureux du sport automobile ?
"L’histoire a commencé avec une Vespa - avec un tube placé sur le cadre pour le renforcer. Honnêtement, j’étais fondu de motocross, et mes amis avaient tous un peu d'argent pour avoir des Malaguti Roncobilaccio, ce qui était un rêve pour moi. J’avais juste une vieille Vespa, et je l’ai modifiée en espérant en faire une version motocross. Mais sur le premier saut, je l’ai cassée en deux morceaux !"
Et sur quatre roues ?
"Laissez-moi vous raconter une histoire. Quand j’étais enfant, j’aimais dessiner des Formule 1. J’y passais du temps et c’était ma passion ; qui sait, peut-être que j’aurais pu être designer. C’était une période durant laquelle les F1 avaient des jupes latérales, et j’ai dessiné la plupart des Lotus de Colin Chapman. Mais bien sûr elles étaient rouges au lieu d’être noires ! Plus tard, j’ai eu l’opportunité de participer au Paris-Dakar avec Klaus Seppi, et c’était une expérience merveilleuse."
Passons aux actuels pilotes Ferrari. Votre approche est-elle identique avec eux ou bien essayez-vous de vous adapter à deux personnalités très différentes ? 
"C’est un compromis. J’ai une relation directe et honnête avec eux, et vice versa. Nous nous faisons face très directement. Il n’y a jamais eu besoin d’imposer quoi que ce soit, nous composons simplement avec ce qui doit être fait. Les personnages sont différents."
"Kimi [Räikkönen] est plus introverti, mais ces dix-huit derniers mois il a commencé à discuter davantage, et il est très précis quand il donne une direction. Sebastian [Vettel] est ouvert, méticuleux, et il a le sens du détail."
"Tous les deux sont de grands professionnels, et on peut le voir quand les choses ne vont pas bien. Dans certaines situations, on peut être démoralisé, mais on regarde ce qui s’est passé et on va de l’avant. Pendant un dîner, ce sont des gars charmants, intelligents, et qui connaissent de nombreux sujets. Ils lisent beaucoup et leur regard va au-delà du paddock."

Quand Ferrari a un pilote en fin de contrat, il y a une spéculation inévitable quand à ce qui va se passer la saison suivante. Est-ce que Kimi Räikkönen va rester ? 
"J’ai dit plusieurs fois que nous avions deux pilotes Champions du monde. Sebastian voulait venir chez Ferrari, c’était son souhait comme ça l’est pour de nombreux autres pilotes. Il est concentré sur son travail et je crois qu’il veut rester ici un long moment."
"Kimi apporte sa contribution au championnat constructeurs, et il l’a bien fait pendant la première partie de saison 2016. Quand la voiture est là pour lui, je crois qu’il n’est inférieur à personne. Mais c’est trop tôt pour donner une réponse définitive pour l’année prochaine. Nous avons encore deux tiers de saison devant nous."
En 2015, il semble que vous avez tiré le maximum possible du package technique, en saisissant chaque opportunité. Cette année, pour de nombreuses raisons, l’impression est que vous ne l’avez pas encore fait.
"Notre voiture 2016 représente un gros pas en avant, elle résulte d’un design complètement nouveau. Mais c’est aussi une voiture très sensible, difficile à régler, qui a encore beaucoup à offrir." 
"Je suis certain qu’avec le travail que nous faisons, nous démontrerons son plein potentiel. C’est un pur-sang : difficile à apprivoiser, avec lequel il faut encore entrer en contact. Mais avec certaines petites choses, elle peut être à 100%."
L’année dernière, vous avez maintenu un groupe de travail concentré sur la voiture 2015 jusqu’à la fin de la saison. Le ferez-vous à nouveau, ou pourriez-vous décider de vous concentrer totalement sur 2017 ?
"Après huit courses, je crois que c’est un tort de penser à l’année prochaine et de laisser de côté le présent. Nous nous rapprochons de Mercedes, et nous ne devons pas manquer la chance qui nous est offerte dans ce Championnat du monde."
http://fr.motorsport.com/all/article/?id=791491



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