La Haas VF-16 à la loupe

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La Haas VF-16 à la loupe

Message par Modena49 le Sam 27 Fév - 4:53:48

F1i ausculte la première Haas de Formule 1. Visuellement très différente de la Ferrari, la monoplace de Romain Grosjean partage néanmoins de nombreuses pièces avec elle. Sans être un clone pour autant.

Qu’attend-on d’une Formule 1 ? De tourner en rond le plus vite possible, quel que soit son pedigree. C’est donc bien à l’aune de sa rapidité que devrait être jugée la Haas. Sauf que c’est sa généalogie qui attire d’abord l’attention.
Pourquoi ? Parce que la VF-16 est la première monoplace de Grand Prix depuis six ans à partager autant de pièces avec une autre voiture. En 2010, la FIA avait décidé que deux écuries ne pouvaient utiliser le même châssis, jumelage qu’observaient jusque-là Red Bull et Toro Rosso – depuis 2006 – par à travers l’entité Red Bull Technologies (sans parler de la filiation entre Honda et Super Aguri en 2007 et 2008). Depuis lors, les coopérations étaient circonscrites à l’ensemble moteur-transmission.
En 2015, la FIA a réduit la liste des pièces qu’une écurie de Formule 1 doit impérativement fabriquer elle-même pour bénéficier du statut de constructeur et participer au Championnat du monde. Selon l’annexe 6 du règlement sportif, une équipe doit construire la monocoque, la cellule de survie, les structures déformables (le nez), les arceaux, les ailerons, le fond plat, le diffuseur et la “carrosserie” (c’est-à-dire toutes les surfaces sur lesquelles passe le flux d’air). Dans le cas de Haas, c’est Dallara qui produit ces éléments, dans son usine de Parme, en Italie.
Sculptée dans la soufflerie de Maranello, composée de pièces Ferrari et Dallara, la monoplace américaine est donc “made in Italy”
Tout le reste (soit les “pièces non listées”), la formation américaine l’achète à la Scuderia : le groupe propulseur, la boîte de vitesses, la structure déformable arrière, les suspensions, les écopes de frein, etc. On notera que Manor pratique aussi cette politique de sous-traitance, puisqu’elle utilise un train arrière Williams complet (boîte, suspensions et moteur Mercedes).
Compte tenu du fait que la monoplace US est “made in Italy” (sculptée dans la soufflerie de Maranello, assemblée avec des pièces Ferrari et des composants Dallara) et que sa carrosserie est faite maison, les ressemblances ne sont pas aussi frappantes qu’on aurait pu l’attendre. Elles sont toutefois nombreuses, y compris pour les “pièces listées” (censées être originales), comme nous allons le constater en jouant au jeu des sept erreurs – ou plus…




FERRARI LUI DONNE DES AILES
Ne ressemblant à aucun autre, le nez de la VF-16 est une sorte d’intermédiaire entre le nez court de type Mercedes et le museau avec protubérance initié par Williams. L’aileron avant, en revanche, se rapproche de celui utilisé par la Scuderia la saison dernière (et encore monté sur la SF16-H). Il est probable que les deux dessins divergeront assez vite, non seulement parce que la Scuderia doit encore inaugurer son aileron 2016 mais aussi parce que Haas développera peu à peu – mais dans une certaine mesure seulement – ses propres idées.



COPIE CONFORME
Les pièces de suspension ne figurant pas dans la liste de la FIA, Ferrari a envoyé tous les éléments à Dallara pour assemblage. Ressorts, amortisseurs, triangles, géométrie, biellettes et crémaillère de direction sont identiques, tout comme les écopes de frein – pièces de petites dimensions mais dans la conception desquelles les écuries déploient énormément d’efforts de recherche et développement. Dans les détails, toutefois, les deux voitures ne possèdent pas le même degré de finition : le carénage qui habille la biellette de direction et le bras de suspension supérieur s’arrête brusquement sur la Haas, alors qu’il est prolongé par une autre pièce sur la Ferrari (flèche orange).
Logiquement, à l’avant, le triangle inférieur présente lui aussi une forme de diapason, dont la finalité n’est pas structurelle mais aérodynamique. Quant aux “turning vanes”, elles sont très similaires, sinon semblables, alors que les roues aussi sont équipées de moyeux soufflés.



JUMELLES…
On retrouve le même air de famille dans les suspensions arrière, dont tous les éléments sont analogues. Leur point d’attache est identique sur les deux monocoques, par conséquent assez proches (on notera que l’extrémité du capot moteur de la VF-16 offre une découpe voisine).



… CHACUNE AVEC LEUR CARACTÈRE

Sans surprise, les pontons sont plus volumineux que ceux de sa rivale rouge. Sans expérience du refroidissement des V6 hybrides, Rob Taylor et ses hommes ont préféré ne prendre aucun risque. Cette approche prudente se retrouve dans les formes généreuses du capot moteur, assez enflé sur cette première version. Car il est certain que les lignes de la voiture s’affineront au fil des courses, l’essentiel étant pour l’instant d’accumuler les kilomètres pour apprendre la machine et constituer un esprit d’équipe.
La prise d’air, elle aussi spécifique, est divisée en deux conduits : l’un pour le compresseur, l’autre pour l’ERS ou la boîte de vitesses. À son sommet se trouvent deux ailettes, comme sur la SF16-H et la Williams FW38.



ENCORE DU PAIN SUR LA PLANCHE
Bien que dessiné par Dallara, l’aileron arrière s’inspire manifestement du modèle 2015 de Ferrari, en tout cas pour les panneaux latéraux (sauf à leur base) et le plan principal (le volet supérieur semble, pour sa part, plus court). Ici aussi, il est certain que les dessins différeront dans un avenir proche, lorsque Ferrari étrennera son aileron 2016.
La structure déformable arrière est identique, alors que les diffuseurs partagent des traits communs (ailettes sous la structure déformable) mais aussi des différences (l’arrête est droite sur la Ferrari et courbée sur la Haas, les appendices aérodynamiques aux extrémités sont différents, etc.).
Malgré la rupture d’un aileron le premier jour, la monoplace américaine a accumulé les kilomètres sans rencontrer de problème majeur. Reste qu’il faudrait plus que huit journées d’essais pour peaufiner la mise au point du mustang argenté. Hauteur de caisse, barre antiroulis, ressorts, équilibre aérodynamique, réglages des différentiels : tous ces paramètres devront être maîtrisés pour que la VF-16 fasse vite de Romain Grosjean l’as de Haas.

http://www.f1i.com/z-flux-rss/la-haas-vf-16-a-la-loupe/6/



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