La Red Bull RB12 à la loupe

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La Red Bull RB12 à la loupe

Message par Modena49 le Jeu 25 Fév - 3:58:52

La Red Bull RB12 à la loupe
Par Nicolas Carpentiers
F1i examine au microscope la RB12, née sous le signe du taureau ailé. Là encore, c’est dans les détails que se cachent les nouveautés, dont un grand nombre sont inspirées de la concurrence.

UN AILERON EN SUSPENSION
Plus le règlement technique est stable (celui en vigueur actuellement entre dans sa troisième année), moins il est aisé d’innover et de créer un avantage concurrentiel. C’est spécialement vrai en Formule 1, où stabilité ne signifie pas immobilisme. Ainsi, alors que les courbes de la RB12 s’inspirent en ligne directe de celles de sa devancière, les suspensions avant s’en démarquent manifestement, elles qui ont bénéficié de toute l’attention des cerveaux de Milton Keynes (tendance également observée chez McLaren).
“Notre philosophie a été d’essayer de dessiner l’ensemble de la voiture en partant de l’avant jusqu’à l’arrière, explique l’aérodynamicien en chef Dan Fallows, et je peux voir des signes de cette approche partout sur la voiture.”
Abandonnant sa forme classique en “V, le triangle inférieur de la suspension prend, sur la RB12, l’aspect d’un diapason (ou d’un “Y”, si vous préférez) : les deux bras sont fusionnés du côté de la roue et ne se divisent que lorsqu’ils atteignent le châssis. Certes, le concept n’est pas nouveau (Mercedes l’avait imaginé en 2014 sur la W05, avant qu’on ne le retrouve chez Ferrari pius Force India), mais il est ici poussé à l’extrême. Déjà très élancé, le bras est encore allongé au moyen d’une extension en carbone, et opère comme un véritable aileron. Sa fonction est moins de générer de la charge aérodynamique que d’agir sur le vortex Y250, en interaction avec les “turning vanes”.



INSPIRATION MERCEDES… AVEC UNE TOUCHE D’ORIGINALITÉ
Les esprits moqueurs diront que la Red Bull est décidément née sous une bonne Étoile. Le nouveau positionnement des biellettes de direction est en effet, lui aussi, inspiré de ce qui se fait à Brackley : au lieu d’être montées à hauteur des triangles de suspension supérieurs, elles sont désormais situées juste au-dessus du bras inférieur profilé que nous venons d’évoquer (comparez les flèches bleues ci-dessus). La zone des wishbones supérieurs est ainsi dégagée, et le centre de gravité abaissé (puisque la crémaillère est logée plus bas). Au passage, on peut épingler les moyeux soufflés, utilisés sporadiquement la saison dernière.
L’inspiration Mercedes est manifeste, mais la Red Bull, conçue en hâte pour les tests hivernaux, évoluera sensiblement
Un troisième élément rappelle une solution vue sur les Flèches d’argent depuis deux saisons : le “batwing”. Évoquant la silhouette d’une chauve-souris, cet étrange aileron situé sous le cockpit entre les déflecteurs latéraux oriente le flux d’air vers la base des pontons, tout en contribuant au bon fonctionnement du vortex Y250. Sur la Mercedes et la Ferrari (qui l’a adopté l’an passé), l’aile est fixée à la monocoque par le dessus. Sur la RB12, au contraire, l’aileron s’appuie sur un pilier dressé sur le séparateur (ou “splitter”). Ce dispositif remplace les ailettes qui reliaient, sur la RB11, les “turning vanes” au capteur de hauteur de caisse.
Faut-il en conclure que l’écurie, souffrant du retrait d’Adrian Newey et du départ de Peter Prodromou, n’impulse plus les tendances aérodynamiques mais se contente de les suivre ? Ce serait aller un peu vite en besogne, et oublier la nature “transitoire” de la RB12 actuellement en piste, au développement de laquelle travaille d’arrache-pied toute l’usine.



PEU DE SINGULARITÉS
À l’arrière, hormis les écopes de freins au dessin raffiné, l’originalité est rare – en tout cas au premier coup d’œil. Ainsi les encoches pratiquées dans le fond plat trouvent-elles leur origine chez Ferrari, alors que les bras de suspension inférieurs en forme de diapason s’inspirent de la Toro Rosso 2015. Curieusement, l’arête du diffuseur est plate, alors qu’elle s’incurvait en son centre sur la RB11, autour de la structure déformable.
Le bolide à la robe bleu mat est équipé d’une triple sortie d’échappement, comme la plupart des autres monoplaces… à l’exception de la Renault RS16, dont elle partage pourtant le V6, ici badgé “TAG Heuer”. En théorie, deux conduits distincts permettent à la wastegate de mieux contrôler la surpression, alors qu’un tuyau unique – plus compact ­– offre un gain aéro marginal. Petite touche d’originalité : une pièce métallique maintient ensemble les trois pots lorsqu’ils débouchent du capot.
Sans surprise, le bolide ailé penche allègrement vers l’avant, à l’instar de ses prédécesseurs (et de la McLaren, conçue par un ancien de la maison). Une assiette plongeante, manifeste sur l’image ci-dessous, entend faire transiter le maximum d’air sous le fond plat, qui agit comme un maxi diffuseur.




VERSION DE TRAVAIL ?
La motorisation de la RB12 ayant été confirmée très tardivement, le packaging des différents composants n’a pas été aussi soigné que d’habitude, de l’aveu même des responsables techniques. Logiquement, la décision de poursuivre avec le V6 Renault, quoiqu’à contrecœur, a facilité l’intégration du groupe propulseur dans un châssis déjà largement dessiné, et permis de rattraper une partie du retard. Implanter un autre moteur aurait été compliqué :
“Les moteurs sont très différents les uns des autres, même s’ils sont dessinés selon le même règlement, explique le responsable de l’ingénierie Rob Marshall. Les points d’attache sur le châssis et la boîte de vitesses sont différents, tout comme les besoins en refroidissement : certains demandent de grands échangeurs air/air, d’autres de grands radiateurs air/eau. Certains moteurs ont de grandes batteries, d’autres de plus petites. Certains sont dotés de gros turbos, d’autres pas, etc. Un changement de moteur de dernière minute aurait été un bouleversement majeur.”
Grâce à la prolongation du partenariat, le retard a pu être résorbé en vue prendre part aux essais hivernaux, mais au prix d’un certain nombre de compromis. Il faut donc attendre une Red Bull assez différente à Melbourne, y compris sous la carrosserie. Selon le maintien ou non des gros intercoolers air/air, on saura si le V6 Renault, réputé exigeant en matière de refroidissement, a effectué des progrès en la matière.
Alors qu’il aurait refusé un statut de simple client à Ferrari, Christian Horner se retrouve avec le même statut auprès de Renault. Logiquement, les motoristes de Viry développeront leur V6 hybride en dialogue avec leurs collègues d’Enstone, et non pas en fonction des requêtes de Milton Keynes. Certes, les groupes propulseurs seront identiques (le règlement l’impose), mais le carburant et le logiciel d’exploitation ne le sont pas forcément. De là à penser que le Taureau rouge a du plomb dans l’aile, il y a un pas, sachant que le châssis Renault est une adaptation de la E23. Maigre consolation, car Christian Horner et ses hommes visent plus haut plus que ce duel.

http://www.f1i.com/z-flux-rss/la-red-bull-rb12-a-la-loupe/4/



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