Alain Prost : "On ne peut pas tout faire..."

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Alain Prost : "On ne peut pas tout faire..."

Message par Modena49 le Dim 14 Fév - 12:25:59

Alain Prost : "On ne peut pas tout faire..."
Par Pierre Van Vliet

D'aucuns ont été étonnés de ne pas retrouver Alain Prost sur la scène du Technocentre de Guyancourt la semaine dernière lors de la présentation en grande pompe du nouveau "Renault Sport Formula One Team". Depuis des mois, on l'annonçait dans une position comparable à celle de Niki Lauda chez Mercedes. Pourtant, le quadruple Champion du monde français manquait sur la photo de famille.
Et pour cause : il a préféré renoncer à des responsabilités exécutives pour se contenter d'un statut plus honorifique d'ambassadeur et conserver ainsi sa liberté d'action. Parallèlement, Renault a prolongé pour deux années supplémentaires son soutien à l'écurie e.dams de Formula E dont le "Professeur" est copropriétaire. Ceci explique sans doute cela...
Quel a été ton rôle dans ce retour de Renault en Formule 1 ?
En tant qu'ambassadeur et surtout conseiller du comité de direction, j'ai participé à la réflexion stratégique et noué de nombreux contacts. Après, c'est un choix politique de s'orienter dans une voie ou dans une autre et Renault a décidé de s'engager à fond sur le long terme avec sa propre équipe, ce qui est une bonne nouvelle selon moi, d'autant que cela a failli ne pas se faire... La F1 est dans l'ADN de la marque et je suis heureux de voir Renault s'impliquer résolument dans un nouveau chapitre de son histoire sportive.
La F1, c'est tout ou rien, et je n'étais pas prêt à replonger totalement en allant sur tous les Grands Prix, en dirigeant l'équipe, en passant la semaine à l'usine, etc.
Certes, mais on te voyait bien à la manœuvre, à la manière d'un Niki Lauda chez Mercedes...
Je n'ai pas souhaité faire les choses à moitié car ce n'est pas mon style et on ne peut pas tout faire. Par souci de clarté, il valait mieux que je n'apparaisse pas officiellement dans l'organigramme. La F1, c'est tout ou rien, et je n'étais pas prêt à replonger totalement en allant sur tous les Grands Prix, en dirigeant l'équipe, en passant la semaine à l'usine, etc. Il faut y être à 100 % pour réussir et je n'ai plus cette volonté sur un plan personnel. Accepter une demi-mesure aurait signifié une confusion des rôles vis-à-vis du management du team et il n'en était pas question.

Contrairement à son ami Niki Lauda, Alain Prost n'a pas voulu coiffer deux casquettes.




Alain reste très écouté chez Renault et sera sans aucun doute un précieux conseiller de l'ombre...
Tu seras tout de même de l'aventure, on te verra sur les circuits ?
Bien entendu, je viendrai sur le terrain et j'aurai un rôle de représentation pour l'image du constructeur en tant qu'ambassadeur, sans activité directement liée à l'équipe. Je peux donner des conseils ou ouvrir des portes, mais à condition qu'on me le demande. Tu n'imagines pas le nombre d'appels que j'ai reçu de la part de pilotes ou d'ingénieurs ces derniers mois... Désormais, il vaut mieux laisser opérer la structure qui est en place : je crois que les bonnes personnes occupent les bonnes fonctions, c'est à elles de jouer.
Il faut laisser opérer la structure qui est en place : je crois que les bonnes personnes occupent les bonnes fonctions, c'est à elles de jouer.
Quels objectifs peut-on raisonnablement fixer à Renault sur le plan sportif ?
Ce team est là pour longtemps, l'engagement de Renault porte sur neuf ans, ce n'est pas rien. Il va falloir être patient et laisser l'organisation monter en gamme pour pouvoir viser le podium. La communication sera très importante durant cette phase de construction, car il ne faudra pas se mentir : les résultats seront difficiles à obtenir en 2016 et l'équipe ne sera peut-être pas encore en mesure de tirer parti des changements prévus pour 2017. Renault ne doit pas obligatoirement gagner, mais il faudra être compétitif d'ici trois ans et attirer un grand pilote, un leader charismatique. C'est le plan.
Pas de frustration à l'idée de te contenter de fournir une opinion au micro de Canal + ?
C'est un exercice que j'apprécie et que j'avais déjà pratiqué avec TF1 à l'époque. Je serai toujours consultant pour Canal + et peut-être aussi sur d'autres chaînes, comme les Anglais de Channel Four qui viennent de reprendre les droits à la BBC. Je sais que Niki le faisait chez RTL en Allemagne, mais cela me semble incompatible avec un statut de dirigeant d'une écurie. En n'étant pas directement impliqué dans le Renault Sport F1 Team, je pourrai conserver une liberté de parole et cela me convient mieux.

On verra toujours Prost sur les Grands Prix au micro de Canal + et peut-être d'autres chaînes.




L'écurie Renault-e.dams occupe une bonne partie de l'emploi du temps du "Professeur".
Le fait d'être déjà associé dans la présence de Renault en Formula E a-t-il influencé ta décision ?
Absolument. Quand je disais qu'on ne peut pas tout faire, en voilà l'illustration : il y a dix courses de Formula E aujourd'hui, peut-être douze ou quinze dans un avenir proche, sur trois ou quatre continents. Il me fallait faire un choix et nous sommes au début de l'histoire avec Renault-e.dams, une équipe que j'ai contribué à créer en sensibilisant Renault à ce projet. Etre au four et au moulin tous les week-ends, en F1 et en Formula E, ce n'est pas réaliste.
Comment se développe le championnat de Formula E ?
Plutôt bien, le concept a pris et la compétition électrique se justifie pleinement. Maintenant il faut stabiliser le calendrier et assurer le modèle économique, mais dans l'ensemble c'est bien parti. Ce championnat n'est pas encore mûr, nous n'en sommes qu'à la deuxième saison, mais le principe des circuits urbains est sympa même si la logistique est compliquée et onéreuse. La question de l'autonomie des batteries va se résoudre à force de développement et cela aura immanquablement des retombées pour la voiture électrique de série, ce qui a pour effet d'attirer les constructeurs. C'est la clé du succès.
La question de l'autonomie des batteries va se résoudre à force de développement et cela aura immanquablement des retombées pour la voiture électrique de série, ce qui a pour effet d'attirer les constructeurs. C'est la clé du succès.
La Formula E symbolise-t-elle l'avenir de la course automobile ?
Il faut se méfier des prédictions. Je vais sur beaucoup de salons automobiles pour Renault et je me souviens qu'il y a une dizaine d'années déjà certains observateurs affirmaient qu'on passerait tous à la voiture électrique à court terme. Or on n'y est pas encore... Il y a une évolution dans ce sens, bien entendu, et tous les constructeurs s'y mettent, mais cela prendra du temps. Comparer la Formula E et la Formule 1, c'est absurde car le positionnement n'est pas le même, sportivement ou techniquement. La F1 est déjà hybride et repose sur un rendement énergétique efficient. A plus long terme, on verra l'évolution des deux championnats, mais on ne peut en aucun cas comparer des pommes avec des poires.

La Formula E a un bel avenir devant elle, mais il ne faut surtout pas la comparer à la Formule 1.

http://www.f1i.com/magazine/magazine-features/alain-prost-on-ne-peut-pas-tout-faire/3/



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