À quoi sert un ingénieur de piste ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

À quoi sert un ingénieur de piste ?

Message par Modena49 le Mer 12 Aoû - 15:04:03

À quoi sert un ingénieur de piste ?
Par [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Sous les feux des projecteurs, le pilote est l’acteur le plus médiatisé au sein d’une équipe. Quoi de plus normal ? Mais pour que pilotage et performances riment avec résultats, l’intervention de l’ingénieur d’exploitation est primordiale. Tim Wright, l’ingénieur de piste Sergio Pérez chez Force India, nous explique son métier.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]© XPB Images
Dans l’arithmétique des Grands Prix, pilote et ingénieur additionnent leurs compétences pour produire une performance minutieusement construite. Car une F1 ne se pilote pas seul. En tout cas, plus aujourd’hui. Par un étrange paradoxe, la sophistication croissante des machines impose une relation humaine toujours plus forte entre celui qui tient le volant et celui qui est chargé de l’exploitation du châssis.
Véritable trait d’union entre le pilote et sa machine, l’ingénieur de piste met au point châssis et moteur “sur mesure”, communique avec son poulain par radio et le guide dans la prise de décision pendant la course :
“J’agis comme intermédiaire entre le pilote et le reste de l’équipe, précise Wright, qui occupait ce poste en F3000, GP2 et A1 GP avant de débuter en Grand Prix comme ingénieur performance chez Toyota en 2008. Mon travail consiste à identifier les points sur lesquels Sergio est satisfait et ceux sur lequel il l’est moins. J’interprète ensuite les données et les communique à mes collègues. Par rapport à l’ingé performance, qui décortique le comportement du châssis, je suis davantage un coordinateur qui gère le pilote, la voiture, les mécaniciens et les autres ingénieurs.”
UNE COLLABORATION QUI PEUT FAIRE LA DIFFÉRENCE
Homme de l’ombre, l’ingénieur d’exploitation joue un rôle crucial dans les performances de son pilote. Quand Tim Wright, alors chez Caterham, a remplacé Gianluca Pisanello en tant qu’ingénieur de course de Vitaly Petrov, les performances du pilote russe ont sensiblement progressé.
L’ingénieur anglais est arrivé chez Force India cet hiver, à la suite de la disparition de sa précédente écurie et du départ de Gianpiero Lambiase, ex-ingénieur de piste de Pérez, pour Red Bull. Il arrive même qu’un pilote veuille travailler avec une personne précise : Nico Rosberg a fait venir chez Mercedes son ingénieur de piste Tony Ross, qu’il avait rencontré et apprécié chez Williams. Kimi Räikkönen avait fait de même avec Mark Slade, qu’il avait emmené avec lui chez Lotus pour son retour en Grand Prix.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


À quoi sert un ingénieur de piste ?





[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]© XPB Images et DR
Lors d’un week-end de Grand Prix, où les décisions s’enchaînent à toute vitesse, ingénieur et pilote prennent des risques et peuvent se tromper. Mais ils doivent avoir une confiance mutuelle totale.
“C’est une collaboration qui ne se bâtit pas du jour au lendemain, confirme l’ingénieur anglais marié à une Belge (rencontrée à l’époque où il évoluait en F3000 chez Astromega). D’abord parce qu’il faut s’accorder sur les mots utilisés. Ensuite, parce que le pilote doit être intimement convaincu que son ingénieur travaille pour lui, dans son intérêt. On le dit peu, mais ce n’est pas toujours évident… Et de la même manière, l’ingénieur doit apprendre à sentir quand son pilote travaille vraiment dur, et quand ce n’est pas le cas.”
“Chaque pilote est différent, cela peut donc prendre un certain temps pour comprendre les réglages qu’il souhaite. Certains sont meilleurs que d’autres pour expliquer ou comprendre leurs propres préférences et l’impact qu’elles peuvent avoir sur le comportement de la voiture. Dans ma carrière, j’ai travaillé avec pas mal de pilotes [Jarno Trulli, Vitaly Petrov, Charles Pic, Marcus Ericsson], et observer leur méthode de travail est toujours intéressant.”
CONFIANCE MUTUELLE
C’est notamment lors des échanges radio que cette interdépendance est la plus intense. Le dimanche, la mission de Wright est d’optimiser la course de son pilote en suivant, depuis les stands, les données de télémétrie : température des pneus, performance du V6 Mercedes, pression d’huile, usure des freins. Bien occupé à se battre sur le circuit, Pérez ne peut être tenu au courant de tous les paramètres.
C’est donc à son ingénieur de faire le tri, selon le degré d’urgence ou en fonction de la stratégie, et de l’en informer par radio, au moment le plus opportun afin d’obtenir l’information pertinente. À Bahreïn, Tim a dû un peu insister pour savoir s’il pouvait basculer sur le plan B : “Checo, si tu peux conserver cette vitesse encore cinq ou six tour, alors la stratégie B s’impose”, demande-t-il au dixième tour. Sans réponse, il revient à la charge deux boucles plus tard : “Checo, tu peux rouler à cette vitesse encore quatre ou cinq tour ? On doit savoir.” Cette fois, le Mexicain réagit (“Oui, je peux”) et finira la course dans les points.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


À quoi sert un ingénieur de piste ?





[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]© XPB Images
Afin de tirer la quintessence de la VJM-08, Wright entame son travail bien avant le Grand Prix.
“Pendant la semaine qui précède le Grand Prix, je passe quelques jours à l’usine pour dégrossir la mise au point en analysant des tonnes de données et discuter des nouvelles pièces avec les ingénieurs, explique ce diplômé de l’université de Loughborough (comme Rob Smedley, responsable de la perfomance du véhicule chez Williams, et Ayao Komatsu, ingénieur en chef chez Lotus). Le jeudi, j’ai tout une série de réunions. C’est le vendredi que le week-end de course commence réellement. Au fil des séances, on affine peu à peu la mise au point en demandant au pilote de remplir un questionnaire relatif à la performance et au comportement de la voiture… et on fait au mieux ! Quand tout se passe bien, il suffit de faire des ajustements mineurs. Mais parfois, c’est un vrai cauchemar. Tout va de travers, la voiture ne se comporte pas comme prévu, un problème inattendu surgit… Ce genre d’incidents anéantit votre programme, vous devez l’adapter aussitôt. Mais ça me plaît de voir tout de suite le résultat de mon travail.”
PAS ENVIE DE DEVENIR PILOTE
Si le partage des responsabilités entre pilote et ingénieur est clair, il a cependant évolué au fil du temps :
“Sergio me paraît assez représentatif de la génération actuelle, estime Wright, qui n’aucun lien de parenté avec le Tim Wright qui fut l’ingénieur d’exploitation d’Alain Prost chez McLaren puis Ferrari il y a vingt ans. Les jeunes pilotes cherchent à comprendre comment fonctionne leur voiture du point de vue technique, ce qui n’intéressait pas la majorité de leurs aînés Jarno Trulli, par exemple, dont j’ai été l’ingénieur performance, ne voulait pas entendre parler du set-up. Il me donnait ses impressions et voulait que les réglages soient bons, point à la ligne ! Les jeunes compensent leur bagage plus léger par une implication plus forte, plus analytique aussi. Ce qui change certaines choses…”
Les jeunes compensent leur bagage plus léger par une implication plus forte, plus analytique aussi. Ce qui change certaines choses…
“Je n’ai jamais dû motiver un pilote, surtout pas Sergio qui est très motivé ! Les pilotes de Grand Prix possèdent une énorme confiance en eux, comme tous les sportifs de haut niveau. Cela dit, en général, plus les pilotes s’impliquent dans la mise au point, plus ils peuvent être anxieux : ‘Ai-je bien fait ? Avons-nous pris la bonne décision ?’ Là, l’ingénieur peut apporter un soutien, sur la validité de la procédure ou la pertinence d’un choix. Mais ce sont de grands garçons !”
C’est quand il était petit garçon que Tim Wright a attrapé le virus de la mécanique :
“Le garage de mon père était rempli de vieilles voitures, que je retapais avec lui. Ma mère, elle, était une vraie mordue de Formule 1. On ne manquait jamais un Grand Prix à la télé le dimanche. Comme j’aimais les maths, je regardais surtout les gars sur le muret des stands. Je voulais être à leur place. Mais je n’ai jamais eu envie de devenir pilote. Peut-être avais-je déjà compris qu’il y a seulement vingt pilotes en F1, mais dix fois plus d’ingénieurs !”
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



**********************
Je n'ai jamais été un grand constructeur .
Je n'ai jamais rêvé de l'être.
Je reste un artisan provincial.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
Modena49
ADMINISTRATEUR ÉMÉRITE
ADMINISTRATEUR ÉMÉRITE

Messages : 24967
Date d'inscription : 11/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum