Les Poulidor de la Formule 1 : Gilles Villeneuve

Aller en bas

Les Poulidor de la Formule 1 : Gilles Villeneuve

Message par Modena49 le Ven 1 Mai - 5:05:42

Les Poulidor de la Formule 1 : Gilles Villeneuve
 par Matthieu Mastalerz
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Gilles Villeneuve. Ce nom continue aujourd’hui de susciter les émotions les plus vives, de raviver les souvenirs d’une Ferrari défiant les lois de la physique, avec à son volant l’un des pilotes les plus populaires auprès du grand public. La Formule 1 commençait en effet à trouver son public en cette période charnière où les turbos commençaient à s’imposer et le plateau se remplir de pilotes de plus en plus talentueux.

Avant les luttes impliquant les Mansell, Piquet, Prost et Senna, Villeneuve fut l’un des artisans de la montée en puissance de la Formule 1. Frank Williams lâcha lui-même cette phrase fin 1979 : "Gilles a fait davantage pour la gloire de la F1 que tous les autres pilotes réunis". Encore aujourd’hui, son duel de Dijon avec Rene Arnoux représente la quintessence de la bataille roue contre roue en Formule 1.

Flamboyance contre intelligence

Comme Peterson, Villeneuve n’était pas le plus complet des pilotes : il misait tout sur l’instant présent et ne calculait rien, ce qu’il assumait totalement : il préférait se battre à fond pour gagner quitte à y laisser des plumes plutôt que d’assurer une deuxième place. Une attitude qui ne pouvait qu’être populaire aux yeux du public mais pas nécessairement d’une grande aide au moment de jouer un championnat du Monde.

Le débat fait encore rage entre ceux qui louent la combativité d’un Canadien qui gaspillait des points mais assurait le spectacle et ceux qui considèrent qu’à cause de cela, Villeneuve ne méritait pas nécessairement un titre mondial... Ce qui est vrai, c’est que cela l’a pénalisé au cours de l’année qui aurait dû le voir Champion. C’était en 1979.

La Ferrari 312T4 n’était certes pas la plus esthétique mais elle permettait de combiner efficacement le V12 "boxer" et l’effet de sol imposé par Lotus l’année précédente. De plus, elle était d’une fiabilité tout à fait convenable. Du moins pour un pilote sachant économiser la mécanique... C’était le cas de Jody Scheckter, chien fou à ses débuts mais s’étant assagi avec l’expérience. N’ignorant pas que son nouvel équipier n’en était pas encore là, le Sud-Africain compta d’autant plus sur sa régularité, et remporta le championnat.

"Mener ou crever"

Là encore, beaucoup se demandent si Villeneuve méritait tant que cela le titre. D’un côté, il prouva qu’il dépassait Scheckter en vitesse pure en couvrant plus de tours en tête et en signant davantage de records du tour. De l’autre, il usa sa mécanique jusqu’à l’abandon à plus d’une reprise. Avec quatre points de retard au baisser du rideau sur son équipier, cela eut son importance.

La réponse se trouve sans doute dans l’un des moments les plus célèbres de sa carrière : Zandvoort 1979 et ce fameux tour sur trois roues où Villeneuve s’époumona à ramener sa Ferrari blessée aux stands tout en semant sa roue et sa suspension dans l’aventure. Pour les uns, c’était la preuve par neuf que le Canadien n’avait pas l’intelligence de course nécessaire pour l’emporter : il fonça sans coup férir alors qu’il sentait que ses pneus étaient en fin de vie. Pour les autres, il s’agissait de l’ultime démonstration du jusqu’au boutisme du ’Petit Prince" qui méritait bien la récompense suprême.

Pourquoi ce moment de bravoure ou d’inconscience alors ? Le Québécois l’expliqua en ces termes : "Si j’avais reculé en deuxième position [derrière Alan Jones qui le menaçait], on m’aurait probablement ordonné de laisser ma place à Jody [Scheckter]. Ils ne l’auraient jamais fait si j’étais resté en tête. Je n’avais donc pas le choix, c’était mener ou crever".

"Notre ami Villeneuve"

En effet, grâce à son expérience et ses nombreuses victoires, Scheckter était le premier pilote par contrat et menait le championnat devant Villeneuve et la Ligier de Jacques Laffite. Après Zandvoort, il suffisait à Scheckter de gagner devant les Tifosi à Monza pour s’assurer le titre mondial. Ce qu’il fit avec l’adoubement de Villeneuve qui se tint à carreau derrière lui, comme Peterson douze mois plus tôt. En retour, Scheckter promit à son équipier, qui était également devenu son ami, de lui renvoyer l’ascenseur en 1980.

L’Histoire voulut que l’ascenseur reste toujours au même étage : la Ferrari fut dépassée en 1980 et dompta assez mal le V6 turbo en 1981. A l’image de Peterson avec Lotus en 1974, la Scuderia pouvait remercier Villeneuve pour ses succès de Monaco et Jarama : seul Villeneuve était capable d’imposer sa monoplace désarçonnée par la brutalité du turbo. A côté, Didier Pironi, pilote brillant mais moins instinctif et donc plus vulnérable, fit de la figuration.

Ce ne fut pas le cas l’année suivante où il l’emporta à Imola malgré les consignes. La suite est connue... Alain Prost, qui eut le temps de fréquenter le Québécois, lui rendit hommage en ces termes

"Notre ami Villeneuve s’était tué [...] . Gilles avait suscité l’enthousiasme par son adresse exceptionnelle, sa générosité de tous les instants, et sa sincérité. C’était un très grand bonhomme, déjà presqu’une légende de son vivant, et que tout le milieu de la Formule 1 respectait unanimement".



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



**********************
Je n'ai jamais été un grand constructeur .
Je n'ai jamais rêvé de l'être.
Je reste un artisan provincial.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
Modena49
ADMINISTRATEUR ÉMÉRITE
ADMINISTRATEUR ÉMÉRITE

Messages : 24968
Date d'inscription : 11/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Les Poulidor de la Formule 1 : Ronnie Peterson

Message par Modena49 le Ven 1 Mai - 8:52:03

Les Poulidor de la Formule 1 : Ronnie Peterson

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Avant que Keke Rosberg, Mika Häkkinen et Kimi Räikkönen ne s’imposent en tant que Finlandais Volants, la Scandinavie avait déjà offert à la Formule 1 l’un de ses ressortissants dont le style fit école : Ronnie Peterson.

Le Suédois est un de ces pilotes reconnaissables davantage à leur style sur la piste qu’à leur carrière en elle-même. Là où le survirage apparaît plutôt comme une conséquence d’un mauvais réglage aujourd’hui, Peterson l’imposait naturellement et s’en servait à merveille. Il est également l’un des tous premiers pilotes à être passé par le karting à une époque où cette discipline n’était pas encore l’école de pilotage incontournable que l’on connaît, d’où ce style si caractéristique.

Comme Moss avant lui et comme Ickx au même moment, Peterson fut rarement au bon endroit au bon moment mais il eut cependant l’opportunité de l’emporter à un moment précis

Le talent ne suffit pas

Ses débuts en 1970 sur une March privée furent discrets, avant d’exploser par surprise en 1971, puisqu’il termina vice-champion d’un Stewart dominateur. Le temps de se libérer d’un contrat gênant et Lotus put le signer pour 1973 aux côtés d’Emerson Fittipaldi, alors plus jeune Champion du Monde de l’histoire et autre pionnier en matière de karting. La Lotus 72 était encore en mesure de jouer les premiers rôles, et les sept victoires en quatorze courses des Lotus ainsi qu’un titre constructeur en sont une belle illustration.

Peterson remporta quatre victoires, soit plus que son équipier, mais démontra également qu’il avait surtout son grand talent à revendre. Là où Stewart incarnait l’archétype du pilote de course moderne et où Fittipaldi disposait d’une excellente sensibilité technique, Peterson n’était pas aussi complet. Si d’autres pilotes du même moule que lui ont malgré tout remporté la timbale, cela l’a pénalisé au plus mauvais moment. D’où des sorties de piste ou des soucis techniques dus à un pilotage trop agressif qui l’éloignèrent du titre mondial.

Descente aux enfers

Ainsi, au moment où Lotus chuta dans la hiérarchie, Peterson ne brilla que par intermittences. Ses efforts furent loués en 1974 lorsqu’il triompha à trois reprises car il était clair que le mérite revenait davantage au Suédois qu’à sa monoplace. Cet état de fait fut confirmé par les difficultés rencontrées par son équipier Jacky Ickx, autre grand Champion sans couronne, plus cartésien donc moins apte à palier les défauts d’une monoplace.

Hélas ce ne fut qu’un feu de paille : 1975 fut un enfer, 1976 à peine mieux sur une March perfectible et 1977 décevant sur une Tyrrell à six roues qui ne correspondait pas à son style de pilotage. Si bien que lorsque Lotus le récupéra en 1978, c’était à la condition de servir Mario Andretti. N’étant pas en mesure de marchander, Peterson signa son contrat de deuxième pilote sans ciller

Le Suédois fut d’une correction exemplaire avec son équipier : bien qu’il rivalisa en vitesse pure, il ne chercha jamais à le dépasser, y compris en Hollande où Andretti était en difficulté technique. Une rumeur circula selon quoi Lotus le désavantageait en qualifications mais Peterson réfuta cela. Il signa un dernier exploit en Autriche en faisant le Hat Trick (pole, meilleur tour et victoire) sous la pluie, avant le drame de Monza.

Drame à l’italienne

Trois fois vainqueur en terre italienne, Peterson pensait pouvoir briller mais le départ lui fut fatal : le directeur de course lança la course alors que seule la première ligne, composée du futur champion Andretti et d’un certain Gilles Villeneuve, était immobilisée ! Non seulement les deux pilotes placés furent pénalisés après coup pour départ anticipé (un comble) mais cela eut pour conséquence de former un peloton trop compact à l’abord de la première chicane

Une touchette survint alors entre le jeune Ricardo Patrese et James Hunt, provoquant un carambolage qui impliqua Peterson. Affreusement touché aux jambes, le Suédois décéda le lendemain d’une embolie. Selon toute vraisemblance, l’opération fut précipitée pour lui permettre de piloter à nouveau, comme il en fit la demande le soir de l’accident.

Le traumatisme de la mort de Peterson fut tel que l’on chercha un responsable à l’accident de Monza. Patrese, déjà coupable d’excès d’optimisme plus tôt dans la saison et impliqué dans l’incident en question fut tout simplement exclu du Grand Prix suivant par ses camarades. Il s’avéra plus tard après une étude plus poussée de l’accrochage que l’Italien n’était pas le principal fautif mais Hunt, qui était ironiquement le plus virulent face à Patrese...

Cela dit, cette chasse aux sorcières ne ramena pas le Suédois, certes pas le plus complet, mais l’un des pilotes les plus enthousiasmants de son époque.



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



**********************
Je n'ai jamais été un grand constructeur .
Je n'ai jamais rêvé de l'être.
Je reste un artisan provincial.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
Modena49
ADMINISTRATEUR ÉMÉRITE
ADMINISTRATEUR ÉMÉRITE

Messages : 24968
Date d'inscription : 11/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poulidor de la Formule 1 : Gilles Villeneuve

Message par Guylaine le Ven 1 Mai - 13:15:37

Je ne suis pas du tout d'Accord . Gilles Vileneuve n'eut été des consignes d'équipes aurait été Champion en 1979 . Alors ne me parlez pas de Gilles comme étant un poulidor je ne l'Accepte pas . Matthieu Mastalerz n'A qu'à aller se nettoyer la bouche avec du savon le saligaud



**********************
BONJOUR Invité PLAISIR DE TE VOIR !!!
Apprendre ce qu'était hier pour savoir aujourd'hui et faire demain... : HISTORIQUE F1.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
MICHAEL SCHUMACHER est le Roi de la F1, jusqu'à preuve du contraire...Il est le plus grand de tous .Il est maintenant = LÉGENDE VIVANTE ...mais dans quelle conditon... ♥♥♥ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
Guylaine
Administratrice fondatrice
Administratrice  fondatrice

Messages : 20538
Date d'inscription : 08/03/2008

http://histo.annuaire-forums.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poulidor de la Formule 1 : Gilles Villeneuve

Message par Invité le Ven 1 Mai - 17:52:33

C'est quand même un pilote sans couronne, il fait partie de ceux qui ont été fauché par la mort en GP.

Gilles Villeneuve, c'était comme Ronnie Peterson ou Patrick Depailler.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poulidor de la Formule 1 : Gilles Villeneuve

Message par Guylaine le Ven 1 Mai - 22:48:18

Il fut à son époque comme un Massa où un Barrichello mais avec beaucoup plus de classe...



**********************
BONJOUR Invité PLAISIR DE TE VOIR !!!
Apprendre ce qu'était hier pour savoir aujourd'hui et faire demain... : HISTORIQUE F1.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
MICHAEL SCHUMACHER est le Roi de la F1, jusqu'à preuve du contraire...Il est le plus grand de tous .Il est maintenant = LÉGENDE VIVANTE ...mais dans quelle conditon... ♥♥♥ [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
Guylaine
Administratrice fondatrice
Administratrice  fondatrice

Messages : 20538
Date d'inscription : 08/03/2008

http://histo.annuaire-forums.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poulidor de la Formule 1 : Gilles Villeneuve

Message par Invité le Sam 2 Mai - 10:16:32

Il allait devenir champion du monde mais le destin en a décidé autrement.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Les Poulidor de la Formule 1 : Les pilotes français

Message par Modena49 le Sam 2 Mai - 12:51:47

Les Poulidor de la Formule 1 : Les pilotes français
 Matthieu Mastalerz
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

La France ne compte qu’un seul Champion du Monde dans l’Histoire mais non des moindres : Alain Prost. Le Professeur reste l’un des plus grands pilotes de sa discipline et détenait la majorité des records que Michael Schumacher s’est par la suite approprié : victoires, meilleurs tours en course, points marqués...C’était à une époque où les pilotes français pullulaient, où les talents étaient extrêmement nombreux et la route vers l’élite plus dégagée qu’aujourd’hui avec le soutien de la fameuse Filière Elf.

Ainsi, si Prost est le seul à avoir décroché le Graal, bon nombre de ses compatriotes auraient mérité de faire de même. Le premier à s’en être rapproché comptait parmi ses amis : Jacques Laffite. Ayant débuté sur le tard, le Français s’est surtout fait connaître pour avoir disputé l’essentiel de sa carrière avec Ligier. On lui doit la première victoire franco-française (pilote-châssis-moteur) en Suède en 1977 et a terminé trois fois d’affilée quatrième au championnat de 1979 à 1981.

La première année avait commencé en fanfare avec deux victoires de rang d’emblée mais le développement ne suivit pas et Ferrari remporta la mise. Deux ans après, il n’était que mathématiquement en lice pour la finale à Las Vegas et une mauvaise stratégie l’exclut définitivement de la lutte. Son accident de Brands Hatch en 1986 mit fin à sa carrière longue de 176 Grands Prix, ce qui était alors le record.

Fauchés en pleine gloire

Au départ pilote unique pour la firme de Vichy, il connut à partir de 1979 la concurrence interne avec l’arrivée de Patrick Depailler. Pilote discret quoique casse-cou (il se blessa en moto en 1973 alors qu’il devait piloter la troisième Tyrrell en fin de saison), sa pointe de vitesse était réelle. Elle mit cependant du temps à exploser aux yeux de tous, sa Tyrrell n’étant au choix pas assez compétitive ou manquant de fiabilité au pire moment. Sa victoire à Monaco en 1978 fut unanimement applaudie et nul doute que son accident de deltaplane courant 1979 contribua à la chute de Ligier. Remis sur pied l’année suivante en plaçant sa lourde Alfa Romeo sur les premières lignes, il se tua en essais privés à Hockenheim.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Le second équipier de Laffite fut Didier Pironi, également ex-équipier de Depailler. Avec l’ex-commentateur, Pironi fut celui qui s’approcha le plus du couronnement. Sa saison 1980 pour les Bleus impressionna Enzo Ferrari qui l’engagea aux côtés de l’enfant chéri Gilles Villeneuve. Plus cartésien que le Petit Prince, le Français resta dans l’ombre en 1981 avec une Ferrari indomptable mais se révéla une fois celle-ci au point. Hélas la controverse entourant le Grand Prix de Saint-Marin 1982 scella la rupture entre les deux équipiers. On intima aux pilotes de ralentir, Villeneuve comprit que les positions étaient gelées, Pironi l’interpréta autrement et déborda son ami...

Le Canadien ne lui pardonna jamais et se tua à Zolder en essayant désespéramment de battre le tour chrono de son nouvel ennemi. Si Pironi réussit à se maintenir en tête du championnat grâce à une belle régularité, son moral restait atteint. D’un naturel plus réfléchi que le défunt Quebecois, il se laissa pourtant piéger à son tour en essais à Hockenheim sous la pluie battante : aveuglé par les projections d’eau, il ne leva pas le pied et décolla sur la Renault de Prost. Manquant d’être amputé sur place, il ne récupéra jamais un usage optimal de ses jambes. Il mourut cinq ans plus tard lors d’une course d’off-shore, où il s’était reconverti après quelques essais infructueux en F1.

French Connection chez la Scuderia

La saison 1982 fut si mouvementée que Pironi finit malgré tout deuxième du championnat à neuf points de Keke Rosberg ! Mieux encore, Patrick Tambay était en mesure d’y parvenir bien qu’il prit la saison en cours ! Grand ami de Villeneuve, il eut l’honneur de le remplacer après sa disparition. Après des années de galère dans des équipes en difficulté (y compris McLaren), il remporta deux victoires émouvantes en Allemagne 1982 et à Imola en 1983. Soit respectivement au lendemain de l’accident de Pironi et un an après la dernière course de Villeneuve...

Tambay ne put se mêler à la lutte en 1982 à cause d’un souci de dos qui lui fit manquer deux courses, tandis qu’il fut exclut de la lutte finale à une course de la fin en 1983. Il finit sa carrière chez Renault puis Beatrice Haas et laissa Rene Arnoux maintenir un mince espoir de sacre. Le Grenoblois épaula Jean-Pierre Jabouille dans la montée en puissance de Renault pour mieux s’embrouiller avec Alain Prost après n’avoir pas respecté la consigne - encore - au Grand Prix de France 1982...

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Le public prit parti pour Arnoux - déjà reconnu depuis son duel légendaire de Dijon 1979 avec Villeneuve - dans l’histoire mais la fiabilité trop aléatoire de la Renault puis une Ferrari manquant de souffle privèrent ce dernier de rejoindre Prost. Son renvoi en début de saison 1985 par la Scuderia après une seule course reste encore trente ans après un grand mystère. Sa carrière s’acheva chez Ligier, bien loin des espoirs de 1979.

Les années suivantes virent d’autres jeunes pousses tricolores remplir les grilles mais sans jamais disposer de la monoplace optimale. On attend encore un successeur à Olivier Panis, dernier vainqueur français en 1996 et parfait outsider en 1997 avant son accident de Montréal. Quant à Jean Alesi, il a toujours été au mauvais endroit au mauvais moment...



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



**********************
Je n'ai jamais été un grand constructeur .
Je n'ai jamais rêvé de l'être.
Je reste un artisan provincial.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
Modena49
ADMINISTRATEUR ÉMÉRITE
ADMINISTRATEUR ÉMÉRITE

Messages : 24968
Date d'inscription : 11/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Les Poulidor de la Formule 1 - David Coulthard

Message par Modena49 le Lun 4 Mai - 11:17:41

Les Poulidor de la Formule 1 - David Coulthard

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Au jeu de "quelle nation a remporté le plus de titres en Formule 1 ?", c’est la Grande-Bretagne qui l’emporte : dix de ses représentants ont décroché le Saint Graal. De Mike Hawthorn à Jenson Button, de James Hunt à Lewis Hamilton en passant par Nigel Mansell ou John Surtees, sans oublier les Hill père et fils, il n’y a guère que la décennie des années 80 pour ne trouver aucune trace d’un titre acquis par un Britannique.

Cependant, on parle ici de Grande-Bretagne et non d’Angleterre. Si les huit noms cités ici sont bien issus de la Perfide Albion, ce serait oublier que les grands Jim Clark et Jackie Stewart tiennent leurs racines de l’Écosse voisine. Les "Scots" n’ont donc pas à rougir en comparaison. Hélas pour eux, aucun n’a succédé depuis à Stewart. Ce n’était pourtant pas faute d’essayer pour David Coulthard.

Aujourd’hui brillant commentateur-consultant pour la télévision anglaise, "DC" a connu une longue carrière qui, titre mondial manquant ou non, est totalement estimable : 13 victoires, 12 pole positions, 18 meilleurs tours, 62 podiums et 535 points, ce qui était un temps le record pour un Britannique avant que le barème actuel ne permette à Lewis Hamilton et Jenson Button de prendre les devants.

Comme ses prédécesseurs, Coulthard n’a pas toujours été au bon endroit au bon moment mais il a surtout été rejeté dans l’ombre d’un gros calibre, presque malgré lui.

Numéro 2 par défaut

Bien qu’il ait toujours manqué le titre, que ce soit en F3 Britannique ou en F3000, le talent de Coulthard avait déjà été repéré par Williams qui en avait fait son pilote d’essais, comme Damon Hill avant lui. Pourtant, ceux-ci n’étaient pas encore totalement convaincu par l’Ecossais. En effet, lors de l’accident mortel d’Ayrton Senna à Imola en 1994, il n’était pas le premier choix de l’équipe... ni le deuxième... ni même le troisième ! Frank Williams envisageait plutôt de sortir Alain Prost et Ricardo Patrese de leur retraite, sans succès. Heinz-Harald Frentzen préféra rester fidèle à Sauber, alors que Nigel Mansell était retenu par ses contrats aux Etats-Unis... du moins dans un premier temps.

Résultat, Coulthard débuta à Barcelone, tandis que son patron fit preuve d’humour anglais au moment de justifier l’engagement de son protégé par défaut : "Il a une superbe petite amie !". Le rookie ne se laissa pas démonter puisqu’il tint la dragée haute à Hill en Belgique, manqua la seconde place à Monza avant une panne d’essence et céda la victoire à son équipier au Portugal. Mansell aura beau remporter le bouquet final à Adélaïde, Williams en a assez vu : Coulthard sera conservé pour 1995.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

S’il finit derrière Hill au championnat, c’est davantage à cause d’erreurs de jeunesse évitables, comme son accident dans l’entrée des stands d’Adélaïde, ou son tête-à-queue dans... le tour de formation de Monza ! Mais en vitesse pure, DC répondait présent en enchaînant les poles et en remportant sa première victoire à la régulière à Estoril, devant Michael Schumacher et son équipier, ce qui n’était pas rien. L’avenir semblait donc doré pour Coulthard, surtout avec une Williams et un moteur Renault au sommet et le départ de Schumacher chez Ferrari, alors encore en reconstruction.

Trop gentil pour gagner ?

Sauf que Coulthard quitta Williams pour McLaren, autre grande équipe qui cherchait à regagner les sommets. Un choix purement financier, influencé par son manager de l’époque. Ainsi, là où Damon Hill et Jacques Villeneuve s’ajoutèrent au palmarès mondial, Coulthard rongea son frein le temps que Mercedes ne trouve la formule magique et que l’équipe n’attire Adrian Newey dans ses rangs. Deux saisons et deux victoires plus tard, le team McLaren était prêt.

C’était sans compter sur un handicap de poids : Mika Häkkinen. Le Finlandais avait frôlé la mort fin 1995 et en était ressorti grandi mentalement parlant. Ayant manqué à plus d’une reprise la victoire à cause d’un bloc Mercedes encore fragile, il toucha enfin au but à Jerez, en 1997, après que Villeneuve lui ait ouvert la porte, étant assuré du titre... et après que l’équipe ait ordonné à Coulthard de laisser passer son équipier.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Un geste que l’Ecossais n’a jamais réellement compris, et d’autant plus frustrant que pour l’ouverture en 1998, on lui intima à nouveau l’ordre de laisser passer Häkkinen ! Certes, il s’agissait cette fois de corriger une erreur (le Finlandais était passé une fois de trop aux stands suite à une mauvaise compréhension radiophonique), mais l’Ecossais se sentit floué, d’autant que l’équipe semblait davantage concentrée sur son équipier. McLaren jura tout le long que l’équipe traitait ses pilotes de manière égale mais le mal était fait. Si elle n’empêcha pas son pilote de gagner devant son équipier, comme à Spa en 1999, il n’empêche que Coulthard se retrouva malgré lui dans la peau d’un N°2.

Résultat, alors qu’il disposait de la meilleure machine, le titre lui échappa là où Häkkinen fit main basse sur la couronne deux années de suite. Il pensait toucher au but en 2000 en tenant tête à Schumacher autant sur la piste que dans les médias, à une époque où l’Allemand multipliait les départs "en diagonale" pour rattraper des envols manqués. Le tout, non sans [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

Hélas, le retour en force de Hakkinen à partir de la mi-saison rejeta à nouveau Coulthard dans l’ombre. Il était alors trop tard car en 2001 : Ferrari avait définitivement pris la direction des opérations et n’allait plus la lâcher de sitôt.

"Gentleman DC"

Ce n’est pourtant pas le talent qui manquait à Coulthard. Häkkinen lui rendit hommage à plus d’une reprise, de même que l’équipe. Il est vrai que l’écart entre les deux était moins flagrant que celui séparant Eddie Irvine puis Rubens Barrichello de Schumacher au même moment. Le Finlandais semblait cependant plus en phase avec la monoplace et l’équipe, et il fallut attendre son départ pour que l’équipe ne se concentre davantage sur l’Ecossais, enfin N°1.

C’était hélas trop tard : Ferrari écrasa tout sur son passage tandis que Kimi Räikkönen, nouveau venu chez McLaren, mena la vie dure à son équipier. Le système de qualifications sur un tour imposé en 2003 acheva Coulthard pour de bon : échaudé par une erreur à Imola, il pêcha par excès de conservatisme par la suite et s’élança souvent de trop loin pour espérer briller. Un dernier succès acquis par opportunisme à Melbourne en 2003 n’y changea rien : sa chance était passée.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Néanmoins, Coulthard sut se refaire une santé chez Red Bull, repreneur d’une équipe Jaguar moribonde et alors partisan d’une F1 plus fun. Son contrat ne stipulait qu’une chose : ne pas dire de mal de la boisson ! Ce n’était pas un problème pour DC, qui en consommait depuis longtemps et qui porta un temps l’équipe à bout de bras grâce à son expérience et une pointe de vitesse encore parfaitement valable. Red Bull lui doit son premier podium à Monaco en 2006 (avec la cape de Superman pour promouvoir le dernier film de la franchise), l’arrivée d’Adrian Newey dans leurs rangs, et quelques performances de valeur comme au Japon 2007 sous une pluie intense, ou au Canada en 2008 sur une piste en lambeaux.

Après des années de spéculation, DC annonça lui-même sa retraite courant 2008, sentant qu’il était temps de passer le flambeau. Ironie du sort : alors qu’un certain Sebastian Vettel lui succéda, Red Bull trouva enfin la clé du succès l’année suivante. S’il ne put profiter de ce nouvel élan, nul doute que Coulthard y a contribué de près. Le tout, avec un esprit sportif sans faille qui le vit publiquement s’excuser pour ses critiques sur Schumacher en 2000 ou encore ramasser de son propre chef des débris sur la piste en 2005 à Budapest. A défaut de titre mondial, DC acquit le respect de tous, ce qui est déjà une victoire en soi.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



**********************
Je n'ai jamais été un grand constructeur .
Je n'ai jamais rêvé de l'être.
Je reste un artisan provincial.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
Modena49
ADMINISTRATEUR ÉMÉRITE
ADMINISTRATEUR ÉMÉRITE

Messages : 24968
Date d'inscription : 11/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poulidor de la Formule 1 : Gilles Villeneuve

Message par Invité le Lun 4 Mai - 12:53:31

Tout le monde adore Coulthard, un vrai gentleman ! Very Happy 

L'ayant croisé au Paul Ricard, il est sympa mais aussi inaccessible que Sébastien Loeb, dommage.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Les Poulidor de la Formule 1 : Gilles Villeneuve

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum