Course de leur vie # 50 Joakim Bonnier, Pays-Bas 1959

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Course de leur vie # 50 Joakim Bonnier, Pays-Bas 1959

Message par Modena49 le Dim 8 Fév - 11:52:36

Course de leur vie # 50 Joakim Bonnier, Pays-Bas 1959
Par [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] le 8 février 2015 à 16:18




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"La dernière fois que j'ai vu la Lola de Jo, elle volait à travers les arbres tel un hélicoptère...". Vic Elford fut l'un des premiers, en ce 11 juin 1972, à s'immobiliser sur les lieux du crash, peu avant le freinage d'Indianapolis, sur le circuit du Mans. Il n'y avait déjà plus rien à faire. La T280 jaune, après s'être accrochée avec la Ferrari d'un amateur, avait décollé et s'était fracassée sur la cîme des arbres. C'était la... treizième participation de Joakim Bonnier (né le 31 janvier 1930) aux 24 Heures, où il n'avait finit qu'une fois, deuxième en 1964 sur Ferrari 250 LM avec Graham Hill. Graham, un ami cher avec qui il partageait les bons mots et qui lui avait demandé de devenir parrain de son fils Damon.

Un phénomène, ce Bonnier, loin des têtes brûlées qu'on imagine devenir pilotes. Issu d'une riche famille suédoise d'origine allemande ayant fait fortune dans l'édition, il était le fils d'un généticien de l'université de Stockholm, et lui-même avait la tête bien pleine. Ayant étudié un temps les langues à Oxford (après avoir renoncé à une carrière militaire), il en parlait six ou sept couramment.

Destiné à une vie d'homme d'affaires, c'est pourtant vers l'automobile qu'il se dirigea, après avoir débuté sur deux roues. Devenu importateur Alfa Romeo dans son pays, il fit courir des modèles de la marque, essentiellement en rallyes et en épreuves sur glace. En 1955, il s'aligne en GT, en Angleterre.

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Premiers pas en F1 dès 1956, sur une Maserati 250F, d'abord dans l'équipe d'usine puis en tant que privé.

Le 2 septembre 1956, il effectue des débuts inattendus en F1, lors du Grand Prix d'Italie. Luigi Villoresi est malade ce week-end-là. Le dimanche, après une poignée de tours, il rentre au stand, incapable d'aller plus loin. Le directeur de course de l'équipe officielle Maserati demande à Jo – qui dispute à Monza une manche de GT – de sauter dans son baquet. Le Nordique n'a jamais mis les pieds dans une Formule 1, mais qu'à cela ne tienne  ! Quatre petits tours seulement avant que le moteur cède, qu'importe  : Bonnier a le virus.

En 1957, il s'aligne, toujours sur une 250F plus très fraîche, tantôt avec sa propre structure, tantôt au sein de la Scuderia Centro Sud. Une septième place en Argentine, puis rien que des casses mécaniques. 1958, dans les mêmes conditions, n'est pas meilleure, en dépit de deux secondes places dans des courses hors-championnat. Il frôle même le pire à Imola, où il se brise une vertèbre et plusieurs côtes dans un monstrueux accident. En fin de saison, BRM l'embauche. Il découvre la P25 à Monza en la... détruisant, mais au Maroc il est quatrième  : il a gagné un poste à temps plein pour 1959.

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Sa victoire à Zandvoort en 1959 : premier succès pour BRM et grande première pour un pilote suédois.

La P25 est symbolique de la lente agonie des monoplaces à moteur avant. En outre, elle manque de fiabilité et son freinage est aléatoire vu l'existence d'un seul disque à l'arrière. Mais elle peut rugir, la preuve  : à Zandvoort, troisième rendez-vous de l'année, Joakim est en pole position, cerné par les agiles Cooper T51 à bloc arrière. C'est celle de Masten Gregory qui est la première à porter des banderilles dimanche, l'Américain prenant la tête au deuxième tour. Il va hélas rencontrer des soucis de boîte de vitesses. Bonnier récupère la première place au 12ème tour pour la céder au 30ème passage à Jack Brabham, qui va connaître la même mésaventure.

A la 60ème boucle, la dernière Cooper officielle, celle de Stirling Moss, prend à son tour les commandes jusqu'à ce qu'elle casse sa... boîte. Après plus de deux heures de lutte, Joakim remporte ce Grand Prix des Pays-Bas. Premier succès BRM, le premier aussi d'un Suédois. L'impeccable Bonnier, reconnaissable à son bouc, l'ignore encore  : il ne montera plus jamais sur un podium en Formule 1 (sauf hors-championnat), ni ne décrochera plus la moindre pole. La suite de la campagne se limitera d'ailleurs à une cinquième position en Allemagne, avec la huitième finale au championnat.

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Pilote officiel Porsche au début des années 60 en F1 et en F2, mais dans l'ombre du grand Dan Gurney.

Resté chez Alfred Owen en 1960, Bonnier ne peut faire mieux que deux cinquièmes places. Désormais marié (à la petite fille d'Alfred Nobel, l'inventeur de la dynamite !), bientôt père de famille (deux garçons), il s'investit de plus en plus en Endurance. Recruté par Porsche, il enlève la Targa Florio avec Hans Hermann, ainsi qu'une épreuve de Formule 2 dans des conditions climatiques dantesques sur la Südschleife au Ring. Des performances qui lui valent d'intégrer l'équipe F1 quand Porsche s'y lance, en 1961.

Durant deux ans, Jo va être dominé par son équipier Dan Gurney. L'Américain est un champion du monde en puissance, qui offrira au constructeur germanique son unique victoire, au Grand Prix de France 1962 à Rouen. Très marqué par la mort de son ami von Trips l'année précédente à Monza, Bonnier va s'engager en faveur de la sécurité des pilotes, devenant le premier président du GPDA (Grand Prix Drivers Association).

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Après le drame de Monza en 1961, Bonnier devint président du GPDA afin de lutter pour la sécurité.

N'obtenant plus de volant d'usine, le natif de Djugarden se rabat chez Rob Walker, le meilleur team privé. 1963 sera décent avec une Cooper, 1964 et 1965 de plus en plus décevants avec des Brabham. Bonnier brille heureusement en Endurance  : vainqueur des 12 heures de Sebring 62 avec Lucien Bianchi sur Ferrari et de la Targa Florio (de nouveau) en 63 avec Carlo Abate sur Porsche. En 1966, c'est une Chaparral que lui et Phil Hill font triompher aux 1000 km du Nürburgring.

Désormais, c'est avec l'Ecurie Bonnier que Joakim poursuit son périple en F1. Il est un des conseillers du film Grand Prix de John Frankenheimer. Sportivement, c'est la dégringolade. Cooper, Brabham, McLaren, Lotus, il se fera même prêter un châssis de réserve Honda à Mexico en 1968, qu'il mènera au cinquième rang.

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Fin de carrière plus discrète en F1, comme ici à Monaco en 1968 sur sa McLaren M5A à moteur V12 BRM.

A partir de 1969, ses participations se font sporadiques, et il recule de plus en plus vers le fond de grille. Watkins Glen 71, sur McLaren M7C, sera son 119ème et dernier engagement en Grand Prix après quinze saisons de F1. Jo s'est aussi testé en Can-Am, a remporté le championnat Sports catégorie 2 litres. Ayant pris part à près de 600 courses, Bonnier passe petit à petit de l'autre côté de la barrière.

Au bord du Lac Léman où il s'est installé, il fait construire une usine, lui qui est devenu importateur Lola. Allez, une dernière participation au Mans pour promouvoir le produit.En 1972, il partage sa T280-Cosworth avec Gérard Larrousse et Gijs Van Lennep. Après avoir été retardés, ils sont revenus en 8ème position dimanche matin, et Bonnier est à l'attaque. On connaît la suite. Un des derniers gentlemen drivers disparaît, à 42 ans.


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Re: Course de leur vie # 50 Joakim Bonnier, Pays-Bas 1959

Message par dom465 le Dim 8 Fév - 19:24:10

Je me souviens bien de cette Lola aux couleurs "gruyère". De la sympathie émanant de ce pilote gentleman. Sa mort m'avait beaucoup frappé. Et marqué. Un vrai gentleman-driver, doué, qui a été le premier président d'une association de pilotes à oeuvrer pour la sécurité. Avant Jacquie Stewart, souvent considéré comme étant le premier à s'être préoccupé de la sécurité !



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« Sais-tu ce qu'il y a de particulièrement beau dans une voiture ? Quand elle ne marche pas bien, on peut la démonter entièrement, mettre ses organes à nu, découvrir la cause précise du mal et ôter la pièce défectueuse pour la remplacer par une neuve.
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