Course de leur vie Piers Courage, Italie 1969

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Course de leur vie Piers Courage, Italie 1969

Message par Modena49 le Dim 4 Jan - 2:29:03

Course de leur vie Piers Courage, Italie 1969

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Par [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] le 3 janvier 2015 à 18:01





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Piers Courage et Frank Williams étaient bons amis. Une de ces amitiés franches, née dans les paddocks de F3 à une époque où les pilotes se parlaient encore, où la rivalité en piste n'empêchait pas l'entraide dans les garages. Le second ramena le premier en Formule 1, lui permit de restaurer sa réputation, avant le drame. Frank fut marqué à jamais par le fait que Piers perde la vie à bord d'une de ses autos.
Alors que Williams était un pilote moyen, de condition modeste (orphelin de père), self made man, son compatriote, né comme lui en 1942, éduqué au célèbre collège d'Eton, était à l'abri du besoin, héritier de six générations de brasseurs à Colchester, dans le Comté d'Essex. C'est son père Richard qui lui permet de débuter en monoplace en acquérant une Lotus Seven – mais par la suite, il devra se débrouiller – avant que Piers passe en F3. Il s'y distingue déjà par une belle pointe de vitesse mais aussi une propension à visiter les bas-côtés.
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Piers Courage a d'abord couru pour son ami Frank Williams en F3, puis en F2 sur Brabham, avant la F1.
Il fait la connaissance de Frank en 1965, lorsqu'ils sont équipiers chez Charles Lucas qui aligne des Brabham. Rapidement, ils vont partager un appartement avec un homonyme de Frank, Jonathan Williams, également pilote. Piers remporte quatre succès. Impressionné, Colin Chapman le recrute en 1966. La Lotus 41 est inférieure aux Brabham, Courage compense par un style généreux. Engagé au Grand Prix d'Allemagne en F2, il s'y crashe. Reg Parnell se laisse néanmoins tenter et lui offre un baquet F1 la saison suivante, sur Lotus puis BRM. Mais après deux tentatives et une multitude de figures, il s'en sépare.
Le Britannique se rabat sur la F2, et se classe quatrième avec une McLaren. Une remarquable Série Tasmane hivernale (sept fois dans le top cinq en autant de manches, dont une victoire devant les ténors de la Formule 1) achève de convaincre Tim Parnell de lui donner une seconde chance dans la structure fondée par son défunt père. Courage va disputer onze épreuves de F1 sur BRM P126, avec un minimum d'erreurs. Il finit sixième en France et quatrième en Italie – ce qui restera le meilleur résultat de l'histoire du team – et aurait aussi pu prétendre aux points en Belgique avec une meilleure fiabilité. Il roule également en F2 pour l'équipe de Frank Williams. Quand celui-ci décide d'attaquer la F1 en 1969, son pilote ne fait pas de doute, d'autant que Piers le charmeur – il aurait refusé une offre de Lotus – est doué pour dégoter des soutiens financiers.
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La Brabham BT26 de l'équipe Williams en 1969 : châssis client et pilote indépendant, mais dans le coup !
Peinte en bleu nuit, la Brabham BT26 est magnifique, et son jockey a mûri. Si le Grand Prix inaugural, en Espagne, est quelconque, le suivant à Monaco résonne déjà comme une victoire. Neuvième chrono des essais à deux secondes de la Matra de Stewart, Courage avale Brabham, Surtees et Siffert en quatre tours. Les retraits de Beltoise, Amon et de Jackie le mènent sur le podium, derrière Graham Hill (Lotus) et Jacky Ickx (Brabham d'usine) qu'il va un temps déborder. De toute façon, le Belge renoncera au 48ème tour. Piers termine second, premier représentant Brabham, avec le deuxième meilleur tour en course. Anonyme aux Pays-Bas et en France, il se démène à domicile où il coupe la ligne cinquième après une belle passe d'armes avec Jochen Rindt.
Rindt : son pote. Ils voyageaient ensemble, mangeaient ensemble, logeaient dans les mêmes hôtels, leurs épouses ne se quittaient pas. C'est blotti derrière l'Autrichien qu'il décrochera à nouveau le premier accessit à Watkins Glen. Mais c'est sans doute à Monza qu'il est le plus convaincant. Non content d'accrocher la plus belle qualification de sa carrière (4e), il se bat comme un beau diable avec les ténors Stewart et Beltoise (Matra), Rindt, Hill et Siffert (Lotus), McLaren et Hulme (McLaren) dont le matériel est pourtant mieux préparé, moins sollicité. Sans complexe, il pointe même en tête aux 18ème et 32ème tours. Une consommation flirtant dangereusement avec la limite l'obligera toutefois à se contenter du cinquième rang.
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A Monza, où les deux copains Courage et Rindt se battent à la loyale, Piers a prêté un casque à Jochen.
Courage est huitième du classement final du championnat, il est un nom qui compte dans le microcosme. Williams se voit alors proposer un deal par l'industriel argentin Alessandro de Tomaso : aligner pour la campagne 1970 une monoplace baptisée 505 et créée par Gian Paolo Dallara, à charge pour Frank de lui greffer un Cosworth et de trouver des sponsors. Sur le papier, c'est une chance ; sur la piste, ce sera l'exact opposé.
Dès Kyalami, Courage est en fond de grille, le lendemain il sort tandis qu'il bataillait pour une obscure quinzième place.Léger mieux à Jarama... jusqu'à un gros carton au warm-up qui l'oblige à déclarer forfait. C'est presque Byzance en Principauté où l'Anglais se qualifie neuvième et grimpe jusqu'en septième place avant qu'un changement de crémaillère de direction anéantisse tous ses espoirs. A Spa, c'est la pression d'huile qui lâche après quatre petits tours. La 505 est mal née, lourde, fragile, vicieuse, et l'écurie n'a guère les moyens de la développer.
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La De Tomaso file dans les dunes de Zandvoort vers son tragique destin et la mort de son populaire pilote...
A Zandvoort, pourtant, elle est en cinquième ligne avec un nouveau châssis comportant désormais du magnésium, plus léger (mais inflammable). Dimanche, comme toujours, "Porridge" (le surnom de Piers) donne tout. Il est à la porte des points quand, dans le 23ème tour, il sort à pleine vitesse. La de Tomaso percute les grillages, effectue plusieurs tonneaux, puis s'embrase. Il faudra près d'une demi-heure aux pompiers pour éteindre un feu si intense que certains arbres aux alentours ont grillé. Pas de miracle : son infortuné occupant est mort. Il semble qu'une des roues l'ait touché à la tête et tué instantanément avant l'incendie. Piers Raymond Courage venait d'avoir 28 ans et disputait son 27ème Grand Prix (20 points).
Il laisse une veuve, Sally, et deux jeunes fils, Jason et Amos. Lors de ses obsèques, Enzo Ferrari, les parents de Bruce McLaren (décédé quelques semaines plus tôt), la Reine Elisabeth elle-même enverront des messages de condoléances. Dévasté, Frank Williams ne se liera plus jamais à un de ses pilotes. Jackie Stewart salue "un champion de grand talent, avec un gros cœur, qui serait devenu un pion majeur de la F1, et un homme avec un énorme sens de l'humour, d'excellentes manières, un aristocrate anglais typique et un bon copain". Ce funeste 21 juin 1970, dans les dunes de Zandvoort, Jochen Rindt s'impose. Ce n'est qu'une fois descendu de voiture qu'il apprend la nouvelle. Choqué, il promet à son épouse Nina de raccrocher en fin de saison. La faucheuse ne lui en laissera pas le temps...
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Avec son nouveau châssis en magnésium, la monoplace s'embrasa, en ne laissant aucune chance à Piers.
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