Course de leur vie Sébastien Bourdais, Belgique 2008

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Course de leur vie Sébastien Bourdais, Belgique 2008

Message par Modena49 le Ven 26 Déc - 0:48:05

Course de leur vie Sébastien Bourdais, Belgique 2008

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Par [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] le 22 décembre 2014 à 11:12

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Le Manceau a eu sa chance en Formule 1. Mais eu égard à son palmarès dans d'autres catégories, il ne l'a pas pleinement exploitée. Trois raisons à cela : un équipier nommé Vettel, une certaine malchance et le fait de ne pas appartenir à la filière Red Bull. Déjà que les membres de celles-ci furent parfois remerciés sans ménagement, alors un externe, vous pensez...

Fils de Patrick, lui-même pilote, né un 28 février 1979 à un jet de pierre du Tertre Rouge, Seb' avait peu de chances de devenir footballeur ou tennisman. Après avoir fait ses premières armes en karting, il se rode en  Formule Campus en 1995 avant deux saisons de Formule Renault française, devenant vice-champion en 97. Il enchaîne avec deux campagnes en F3, titre national 99 à la clé, puis avec trois ans en F3000. Un pour apprendre, un pour commencer à gagner avec DAMS, le dernier pour être sacré chez Super Nova. Une couronne 2002 obtenue il est vrai sur tapis vert, après disqualification du champion Tomas Enge, le Tchèque ayant été détecté positif à un contrôle anti-dopage. La même année, Sébastien enlève les 24 Heures de Spa Francorchamps sur une Viper Larbre, après avoir fini second en 2001. Henri Pescarolo a aussi pris sous son aile le garçon, qui brille en Endurance sur les Courage du team Pesca.

La F1 s'intéresse à lui. Après un essai concluant, Tom Walkinshaw est prêt à lui donner sa chance en 2003 mais Arrows tombe en faillite. Ensuite Renault lui préfère Montagny comme test-driver (parce que lui ne voulait pas de Briatore comme manager ?). N'ayant que son talent à monnayer, Bourdais traverse une première fois l'Atlantique et prend part à un test avec la glorieuse écurie Newman/Haas, en ChampCar, obtenu grâce à l'introduction de Bernard Cahier. Il séduit notamment Paul Newman, co-propriétaire. Entre l'acteur-pilote américain et l'espoir français naît une réelle amitié basée sur un profond respect mutuel. "Old blue eyes" ne s'est pas trompé : première course, et première pole, à Saint-Petersburg. Sébastien va remporter trois succès en 2003, le premier à Brands Hatch, devenant rookie of the year. S'ensuivent quatre années durant lesquelles le Frenchie va outrageusement dominer le championnat, du jamais vu  : 31 poles et autant de victoires (soit 42 %), 44 podiums (60 %), à 68 reprises dans les points (93 %). Des statistiques à donner le vertige. Lors de l'ultime saison, en 2007, qui le voit gagner huit fois (le record tient toujours), il est également intégré à l'armada Peugeot au Mans. Enfin il peut disputer "ses" 24 Heures avec une chance réelle de l'emporter. Las, en quatre ans, il hissera trois fois la 908 sur la deuxième marche du podium, la plus frustrante, en dépit d'un meilleur temps aux essais en 2010 et d'un grand nombre de tours en tête l'année d'avant. Pas prophète en son pays.

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Courant 2007, son nouveau manager Nicolas Todt convainc Gerhard Berger, alors à la tête de Toro Rosso, de lui faire faire un essai. Après deux batteries de tests, la nouvelle tombe : Bourdais débutera en F1 en 2008, aux côtés d'un autre quasi novice déjà précédé d'une flatteuse réputation : Sebastian Vettel. Comme en ChampCar, ses premiers pas ne passent pas inaperçu. A Melbourne, bien que qualifié modestement (17e), il passe au travers de toutes les embûches pour, à dix boucles du terme, pointer à un fantastique quatrième rang. Au 55e des 58 tours, sa transmission refuse tout service. Il est quand même classé septième, et prend donc ses deux premiers points. La suite est moins réjouissante, avec quatre accidents éliminatoires en cinq Grands Prix. Au moins n'a-t-il pas à rougir de la comparaison chronométrique avec l'Allemand. A partir de Magny-Cours, celui-ci va prendre un net ascendant, le samedi comme le dimanche. Vettel empile les points, Bourdais bouffe du kilomètre mais loin.

A Spa, pour la première fois depuis Montréal, le Seb français devance le Seb teuton sur la grille – après un meilleur chrono en Q1 –, où ils partagent une probante cinquième ligne. Malgré un contact avec Trulli (Toyota) au départ, Bourdais grimpe d'emblée au cinquième rang sur une piste encore détrempée. Il sera même deuxième au 14e passage par le jeu des pitstops. Après le sien, le Manceau se maintient en permanence dans le top cinq, et devant Vettel. Dans les tous derniers tours, la pluie réapparaît. Seb tente le pari de rester en slicks, et se retrouve un instant sur le podium en vue de l'arrivée. Mais sur une patinoire, il ne peut rien dans les derniers hectomètres contre Vettel et les BMW de Heidfeld et Kubica, mieux chaussés, qui le déposent. Classé septième, il est plus amer que fier. C'est qu'il a un caractère bien trempé sous ses dehors de gendre idéal  !

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Monza aurait pu être plus belle encore  : alors que le futur quadruple Champion du monde offre à Toro Rosso une pole position inédite, le Français est à l'extérieur de la deuxième ligne. Trois fois hélas, le système anti-calage de la STR tombe en carafe avant même l'extinction des feux ; il perd un tour et tout espoir de bien figurer alors que Vettel remporte son premier Grand Prix. Plus aucun point ne sera marqué en fin d'année, suite à une pénalité à Suzuka où il avait coupé la ligne sixième après avoir mené trois boucles durant, par le jeu des arrêts aux stands. Le bilan est mitigé, et l'hiver sera long avant que Bourdais soit confirmé pour 2009, aux côtés d'un espoir suisse au même prénom : Buemi. En dépit d'une unité inscrite en Australie et d'une autre en Principauté, il est dominé par son jeune partenaire. La rumeur enfle au fil de l'été  : il ne finirait pas la saison. A l'issue d'un terne Grand Prix d'Allemagne, le couperet tombe  : Seb est remercié au profit du teenager espagnol Alguersuari, protégé comme Buemi – pas indéfiniment... – de l'école des jeunes du Taureau Rouge.

Bourdais se rabat sur son programme avec Peugeot (trois victoires en Intercontinental Le Mans Cup en 2011) jusqu'à l'arrêt de celui-ci, il rebondit aussi dans l'éphémère Superleague Formula, ces monoplaces aux couleurs d'équipes de football. En 2009 il défend les couleurs de Séville, en 2010 celles de l'Olympique lyonnais, trois succès en tout. Il reprend du service aux USA, en endurance chez Starworks puis Action Express Racing avec qui il gagne les 24 Heures de Daytona 2014, mais aussi en IndyCar. D'abord à temps partiel chez Dale Coyne sur les circuits routiers en 2011, puis full time chez Dragon (2012-2013) et enfin KV à partir de 2014, grâce à qui il renoue avec la victoire à Toronto, signant également deux pole positions et une belle septième place aux 500 Miles. Eclectique, Bourdais s'est offert deux Gold Coast 600 lors de virées en V8 Supercars australiennes (2011-2012). Un vrai talent, que la Formule 1 n'a pas su reconnaître.

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Re: Course de leur vie Sébastien Bourdais, Belgique 2008

Message par Invité le Ven 26 Déc - 7:18:15

Mon dieu ! Shocked 

Je m'en souviens comme si c'était hier, mon frère et moi étions écœurés pour lui. Il l'avait ce (foutu) podium mais il s'est mit à pleuvoir sur une partie du circuit. A cause de ca, il a perdu 4 places ! Bourdais était même en larmes !

Surtout que lors des qualifs, il avait fait le meilleur temps de la Q1 !

De toutes façons, la F1 ne lui a jamais donné de vraies chances. Elle l'a surtout dégouté. Quand on voit ce qu'il fait en endurance et aux USA, on voit que c'est un très grand pilote. Bourdais méritait mieux qu'une saison et demi étriquée en F1, qui plus est dans un top team.

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