F1 - Ayrton Senna, 20 ans - Les années McLaren : la rivalité avec Prost

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Senna en questions 1 : Pourquoi débuter chez Toleman en 1984 ?

Message par Modena49 le Lun 28 Avr - 2:07:07

Senna en questions 1 : Pourquoi débuter chez Toleman en 1984 ?

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Tout au long de la semaine du 1er mai, nous allons commémorer le vingtième anniversaire de la mort d'Ayrton Senna en déclinant son parcours en Formule 1 sous forme d'une série de questions.

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Première question, donc : pourquoi Senna a-t-il débuté chez Toleman en 1984 ? Il y avait pourtant plusieurs écuries intéressées par ses services, dès 1982 lorsqu'il survola le championnat d'Europe de Formule Ford 2000. Lors de la course disputée en lever de rideau du Grand Prix d'Autriche, à Zeltweg, Emerson Fittipaldi l'avait présenté à la plupart des managers. L'équipe Fittipaldi venait de mettre la clé sous le paillasson et le double Champion du monde brésilien, qui avait tant inspiré le jeune Ayrton da Silva quand il débuta en karting dans les années 70, tenait son jeune compatriote en haute estime.
Curieusement, la seule fois où leurs chemins se sont croisés sur un circuit (si l'on excepte le test en Formule Indy quelques années plus tard à Phoenix), ce fut à Rio lors des essais préliminaires du Grand Prix du Brésil en 1984. Fittipaldi songeait à reprendre le volant et le fortuné pilote italien Fulvio Ballabio, qui venait de signer avec l'écurie Spirit, n'avait pas obtenu sa super-licence.
Il parvint à convaincre Emerson de prendre le volant de la Spirit-Hart sur le circuit de Jacarepagua lors des tests de février, le jour où Ayrton entamait officiellement sa collaboration avec Toleman. L'aîné eut la bonne idée de ne pas persévérer, choisissant plutôt une brillante reconversion aux Etats-Unis, en laissant le champ libre à son cadet.
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Mais pourquoi Toleman ? Dès 1982, donc, Ayrton devenu Senna (le nom de sa mère, plus original que le patronyme da Silva, très répandu au Brésil) était courtisé par de grandes équipes.
Ron Dennis lui proposa de financer sa saison 1983 de Formule 3 en échange d'une option sur ses services, sans pouvoir lui garantir un volant de titulaire l'année suivante : refus poli du jeune Brésilien. Il se glissa pourtant dans le baquet d'une McLaren en octobre 1983 à Silverstone, mais c'était un test organisé par Marlboro pour les champions de F3.
Entretemps, Senna avait été approché par Frank Williams qui lui permit d'effectuer ses premiers tours de roue en F1 sur la piste de Donington au mois d'août, au volant de la FW08C championne du monde ! Ayrton fut d'emblée très impressionnant, mais Williams ne put lui offrir une place pour 1984, étant déjà engagé avec Keke Rosberg et Jacques Laffite.
En novembre, c'est Bernie Ecclestone qui proposa à Senna un test au volant de la Brabham BT52 à moteur BMW turbo au Paul-Ricard. Expérience positive, mais veto de Nelson Piquet, qui venait de décrocher le titre, peu enclin à voir un jeune Pauliste marcher sur ses plate-bandes.
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Voilà comment Ayrton Senna a atterri chez Toleman, une structure encore modeste, avec des châssis originaux conçus par l'excellent designer sud-africain Rory Byrne et exploités par l'ingénieur Pat Symonds. Même propulsé par le petit moteur artisanal Hart turbo, la Toleman s'avéra une très bonne voiture pour débuter en F1 et apprendre les ficelles du métier.
La puissance brutale, l'aérodynamique approximative et l'adhérence inégale des différents types de gommes (Toleman passa de Pirelli à Michelin en cours de saison) ont permis au jeune prodige de faire ses classes, en réalisant quelques coups d'éclat restés dans les annales : la presque victoire sous la pluie à Monaco, bien sûr, mais aussi deux autres podiums à Brands Hatch puis à Estoril en fin de saison.
Même en ayant signé un contrat de trois ans, Senna décida qu'il avait fait le tour de la question avec Toleman et qu'il était temps d'aller voir ailleurs. Pas question, en effet, de traîner en route pour ce jeune pilote dévoré d'ambition.
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Senna en questions 2 : Comment a-t-il gagné avec Lotus ?

Message par Modena49 le Lun 28 Avr - 2:10:31

Senna en questions 2 : Comment a-t-il gagné avec Lotus ?

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C'est vers Lotus que se dirige Ayrton Senna en 1985, car Williams a fait le choix de Nigel Mansell. Le Brésilien fait équipe avec Elio de Angelis, l'élégant pilote romain, et il lui fera très vite de l'ombre. Dès le deuxième Grand Prix de la saison, disputé à Estoril sous une pluie battante, Senna réalise un authentique exploit qui le place au-dessus de la mêlée : parti en pole, il s'isole d'emblée au commandement et profite du tête-à-queue de Prost pour creuser des écarts énormes. A l'arrivée, Ayrton l'emporte avec plus d'une minute d'avance sur la Ferrari d'Alboreto et un tour complet sur le 3e Tambay (Renault), qui comparera le vainqueur à "E.T." tant sa performance avait quelque chose d'extra-terrestre !
La légende est en route. Le jeune prodige brésilien profite du moteur V6 Renault turbo qui équipe sa Lotus pour signer quelques belles poles et remporter une deuxième victoire, également sur une piste humide, sur le grand juge de paix de Spa-Francorchamps. La saison suivante, en 1986, le voit signer huit pole positions et gagner encore à deux reprises (Jerez et Détroit), mais la fiabilité de la Lotus laisse à désirer et le championnat se joue entre les pilotes Williams (Piquet et Mansell) et Prost, avec Senna en embuscade. Le Français aura le dernier mot après un final à suspense à Adélaïde.
En changeant de couleurs en 1987, les Lotus (qui adoptent le jaune de Camel), désormais propulsées par le V6 Honda, expérimentent la révolutionnaire suspension active, qui s'avère délicate à mettre au point. Malgré le professionnalisme d'Ayrton, il ne remporte que deux succès sur des circuits en ville, à Monaco et à Détroit, mais ailleurs les Williams-Honda dictent leur loi. La première victoire du Team Lotus remonte au Grand Prix des USA en 1961 (Innes Ireland), celle de Senna à Détroit sera la dernière pour la glorieuse équipe britannique qui entame un inéluctable déclin. Mais qu'à cela ne tienne, avec Honda Ayrton vient de trouver un nouveau refuge chez McLaren, où il rejoint Prost pour la saison 1988.


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Le jour où Ayrton Senna s’est révélé au monde

Message par Modena49 le Mar 29 Avr - 1:49:58

F1 - Le jour où Ayrton Senna s’est révélé au monde
C’était le 3 juin 1984, à Monaco

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]27 avril 2014 - 13h16, par D. Thys 

C’est à l’occasion du Grand Prix de Monaco en 1984 que le talent d’Ayrton Senna a éclaté aux yeux du monde. Ce jour-là, il est en effet passé très près de la victoire alors que quelques semaines plus tôt, il n’avait pas réussi à se qualifier sur le circuit d’Imola au volant de sa Toleman.

Il faut dire que ce 3 juin 1984 à Monaco, il faisait un temps à ne pas mettre une F1 dehors. Ayrton Senna s’était qualifié à la 13e place et en course, sous une pluie de plus en plus dense, il est remonté jusqu’à la deuxième position et c’est au moment où il allait prendre la première place à Alain Prost que le directeur de course (Jacky Ickx) décida à la surprise générale de mettre un terme à cette course. Ayrton Senna était donc battu, mais c’était le vainqueur moral de ce Grand Prix.

Pat Symonds était ingénieur de piste d’Ayrton Senna cette année-là au sein de l’équipe qui allait devenir Benetton deux ans plus tard. “Ce n’était pas exactement ce que nous avions prévu,” confie Symonds à l’agence de presse Reuters. “On ne se disait pas que nous allions bientôt gagner des courses, nous avons tous été très surpris, car nous avons presque remporté cette course.”

“C’était assez surréaliste et nous ne savions pas trop quoi penser après la course. Nous avions en effet signé le meilleur résultat de l’histoire de l’équipe, mais en même temps, nous étions passés à côté de la victoire. Il y a eu une euphorie générale dans l’équipe parce que nous avions conquis la deuxième place et deux heures plus tard, nous avons commencé à nous dire que nous aurions pu remporter la victoire. C’était difficile à gérer.”

Pat Symonds savait bien sûr qu’Ayrton Senna était un bon pilote, il ne l’a pas découvert le 3 juin 1984. “Je savais que c’était un bon pilote. Lorsque nous l’avons fait venir chez Toleman, je savais que nous avions fait une bonne affaire. Toutefois, je ne vais pas essayer de vous faire croire que je savais que nous avions mis la main sur un tel trésor.”

“Lorsqu’il a commencé à travailler avec nous, nous avons tout de suite oublié qu’il n’avait aucune expérience et c’est ce qui fait les grands pilotes. C’était le cas avec Ayrton. Il se sentait tellement chez lui en F1 qu’on oubliait tout de suite qu’il était un débutant,” poursuit Symonds.

Ayrton Senna aurait-il pu gagner cette course si elle n’avait pas été arrêtée au 31e tour. La monoplace du Brésilien souffrait en effet d’un problème technique…

“Il est vrai qu’il avait une suspension avant fissurée et nous pensons que cela est arrivé lorsqu’il est monté sur un vibreur à la chicane. Personne ne peut savoir si la voiture aurait pu aller jusqu’à l’arrivée. Selon moi, le problème était sérieux, mais ce n’était pas sur le point de casser. Personne n’aura jamais la réponse à cette question,” ajoute Symonds.

“Il y a de nombreux pilotes qui ont besoin de toutes leurs capacités mentales pour être très rapide, mais ce n’était pas le cas d’Ayrton. Il pouvait être plus rapide que n’importe qui tout en étant capable de souvenir des moindres détails de chaque tour qu’il faisait. La télémétrie n’existait pas à cette époque, on se fiait donc au pilote et lui, il était vraiment très bon pour décrire le comportement de sa voiture. Il avait un talent naturel. Il avait cette confiance en lui qui n’était pas de l’arrogance, mais de ce fait, il n’avait pas le respect qu’on aurait pu attendre de lui pour les pilotes qui étaient déjà en place. Il pensait qu’ils n’étaient là que pour être battus,” conclut Pat Symonds.



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Ayrton Senna, 20 ans - Les années McLaren : 1990 et 1991

Message par Modena49 le Jeu 1 Mai - 10:13:41

F1 - Ayrton Senna, 20 ans - Les années McLaren : 1990 et 1991
La carrière du Brésilien

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]1er mai 2014 - 14h05, par Olivier Ferret 

1990 : Sur un air de polémique

Prost parti chez Ferrari en 1990, la lutte reprit de plus belle entre les deux hommes et aboutit sur un nouvel accrochage, toujours à Suzuka. Senna est irrité que l’auteur de la pole position soit placé sur le côté poussiéreux de la piste (conformément au marquage au sol du circuit de Suzuka à cette époque). Refusant de laisser la pole à Prost pour être sur la partie propre de la piste, Senna joue le jeu aux essais qualificatifs et signe le meilleur temps devant le Français.

À l’époque Senna prétendra avoir rencontré les officiels du circuit de Suzuka avec Gerhard Berger et avoir reçu la confirmation que la pole serait changée de côté. Mais cela n’a jamais été confirmé. Dès lors le scénario tant redouté se produit : au départ, Senna patine et voit Prost profiter de la trajectoire remplie de gomme pour s’envoler en tête. Senna éperonne alors volontairement Prost à l’abord du premier virage, à haute vitesse, s’octroyant ainsi son deuxième titre mondial.

Simple revanche de l’accrochage de 1989 pour les uns, manœuvre folle et antisportive pour les autres, l’accrochage de 1990 acheva de faire de Senna l’un des pilotes les plus controversés de son temps. Senna reconnut lui-même publiquement l’année suivante avoir provoqué volontairement cet accident en critiquant sévèrement l’action de l’ancien président français de la FIA, Jean-Marie Balestre, qu’il accusait implicitement de jouer en faveur d’Alain Prost.

Malgré le fait qu’il admette aujourd’hui avoir compris que ce geste de Senna n’était pas vraiment tourné contre lui mais contre la fédération, Alain Prost considère que cet accrochage est la seule chose qu’il ne peut pas pardonner. Car même si l’angle de contact et le large dégagement de gravier ont fait que les deux pilotes n’ont rien eu, ils auraient pu se blesser gravement. Pour des pilotes qui ont vu plusieurs de leurs copains du paddock se tuer, comme Jackie Stewart avec Clark, Rindt et François Cevert, ce geste de Senna reste à jamais incompréhensible.

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1991 : La confirmation

La saison 1991 débute de manière parfaite pour Senna. Quatre Grand Prix, quatre pole positions, quatre victoires, et vingt-neuf points d’avance sur Prost, qui ne sera pas son principal rival cette année. Parmi ces quatre victoires, la plus marquante étant son succès au Brésil à Interlagos, le premier devant son public et alors que sa McLaren avait une boite de vitesse à l’agonie. Senna sera à la limite de la tétanie physique à l’arrivée du Grand Prix et soulèvera son trophée avec les plus grandes difficultés.

La montée en puissance des Williams-Renault va rendre le troisième titre mondial du Brésilien assez long à se dessiner. À mi-saison, Nigel Mansell est distancé de dix-huit points mais aligne plusieurs victoires. Il en rate une au Canada à cause d’une gaffe dans le dernier tour, confirmant sa réputation de pilote très rapide mais aussi trop peu calculateur.

Après deux victoires de suite en Hongrie et en Belgique, Senna est quasiment assuré du titre. C’est encore et toujours à Suzuka que Senna devient mathématiquement champion du monde lorsque Mansell sort de la piste. Senna laisse alors la victoire à son équipier et ami Gerhard Berger, malchanceux depuis son arrivée chez McLaren.

Pour clore cette saison, il remporte une huitième victoire en Australie, course qui rentrera dans l’histoire comme étant la plus courte jamais disputée, quatorze tours couverts après presque vingt-cinq minutes.

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Ayrton Senna, 20 ans - Les années McLaren : 1992 et 1993

Message par Modena49 le Jeu 1 Mai - 10:16:44

F1 - Ayrton Senna, 20 ans - Les années McLaren : 1992 et 1993
La carrière du Brésilien

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]1er mai 2014 - 15h26, par Olivier Ferret 

1992 : La domination Williams-Renault

La saison 1992 est totalement dominée par l’écurie Williams-Renault et particulièrement par le britannique Nigel Mansell. Avec une McLaren MP4/7 dotée d’une électronique TAG très performante mais peu fiable, Senna lutte à armes inégales.

Alain Prost, renvoyé de chez Ferrari, a pris une année sabbatique. Si des comparaisons peuvent être faites entre grands pilotes, on touche là à la véritable faiblesse d’Ayrton Senna : la motivation. Sa seule motivation était de battre Prost. Sans le Français, il n’était plus le même pilote.

Dans de nombreuses interviews, Alain Prost a déclaré que durant l’année 1992, Senna ne cessait de l’appeler au téléphone pour qu’il revienne au plus vite. Il n’aimait pas se battre contre Mansell, pilote capable de prises de risque encore plus osées que Senna lui-même, ou contre Schumacher, un jeune talent que Senna n’appréciait guère.

Les relations entre les deux hommes étaient d’ailleurs mauvaises en 1992 puisque l’Allemand et le Brésilien s’accrochèrent à Magny-Cours puis Senna reprocha à Schumacher de l’avoir bloqué en qualifications à Hockenheim. Le Brésilien voulut en venir aux mains dans le stand Benetton.

Senna avait compris, tout comme Prost, qu’il fallait au plus vite obtenir un volant chez Williams-Renault pour avoir une chance de redevenir Champion du Monde. Ce fut le feuilleton de l’année 1992. Prost avait des contacts avancés pour 1993 mais Senna se déclara prêt à piloter gratuitement pour Williams. Cela tombait mal pour Nigel Mansell, qui pensait profiter de ses victoires pour revaloriser son contrat. Dans ce jeu de billard à trois bandes, Mansell sera le grand perdant. Écœuré, il s’exila aux États-Unis en IndyCar. Prost ayant réussi à signer, Senna tentait de convaincre le Français d’accepter de courir de nouveau ensemble. Mais Prost mit son véto. Senna l’a alors sévèrement critiqué dans la presse et menaçait de prendre lui aussi une année sabbatique. Il fera également un test pour le compte de l’écurie Penske d’IndyCar avec son ami Emerson Fittipaldi.

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Senna ne semblait pas vouloir poursuivre avec l’écurie McLaren puisque le motoriste Honda s’était retiré de la F1 pour l’année 1993.

Côté piste, le Pauliste avait tout de même remporté trois Grands Prix dont, encore une fois, celui de Monaco. En effet Nigel Mansell avait été victime d’une crevaison lente dans les derniers tours. Senna et Mansell se livrèrent à un duel de légende dans les dix derniers tours du Grand Prix. Mais malgré une grosse prise de risque sous le tunnel à trois tours de l’arrivée, Mansell n’arriva pas à passer et Senna l’emporta de nouveau.

Lors des essais du Grand Prix de Belgique, Ayrton Senna vient au secours du pilote français Erik Comas, victime d’un terrible accident sous ses yeux dans le virage rapide de Blanchimont. Assommé par sa roue, le pilote français perd connaissance et reste le pied bloqué sur l’accélérateur. Senna l’entend et s’arrête au bord du circuit. Il traverse la piste en courant alors que les autres voitures déboulent à pleine vitesse. Il actionne le coupe-circuit de la Ligier du Français pour éviter tout risque d’incendie puis il maintient droite la tête de Comas en attendant l’arrivée des secours.

1993 : la démonstration de Donington

Pilotera ou pilotera pas ? Début 1993, les deux pilotes McLaren inscrits auprès de la FIA sont Michael Andretti et Mika Hakkinen. Mais finalement Senna revient du Brésil pour défier Prost et sa Williams. Après un roulage à Silverstone, il se rend compte que malgré son moteur Ford V8 client, le châssis McLaren MP4/8 est sain et l’électronique TAG fiable.

Au Grand Prix du Brésil, deuxième manche de la saison, Prost et sa Williams partent favoris pour l’emporter mais Senna réussit à s’imposer pour la seconde fois devant son public avec une voiture moins compétitive que par le passé tandis que son éternel rival a dû abandonner. Son tour de rentrée aux stands prend alors une tournure spectaculaire : alors qu’il s’est emparé d’un drapeau brésilien juste après son arrivée, la foule se rue sur la piste pour acclamer son héros. Senna, qui roulait alors au ralenti pour saluer le public, est contraint de s’arrêter devant cette masse qui encercle sa voiture. Devant l’impossibilité d’avancer à travers cette foule, il devra même laisser sa voiture en plein milieu de la piste et finir son tour d’honneur dans la voiture de sécurité qui peinera moins à le ramener. La fête se poursuivra ensuite sur le podium où il recevra son trophée des mains de Fangio.

Avec ce matériel, qui en 1993 n’était pas le plus compétitif du plateau, Senna va livrer quelques magnifiques démonstrations de pilotage. La plus célèbre d’entre elles ayant eu lieu sous la pluie de Donington Park, où Senna dépasse quatre voitures (dont celle de Prost) lors d’un premier tour d’anthologie. Mais tout comme Alain Prost, Senna n’aimait pas l’évolution électronique de la F1. Il considérait lui-même que sa performance de Donington était plus liée à l’excellente électronique TAG de sa McLaren qu’à son pied droit, qui lui avait fait la différence sous le déluge d’Estoril pour sa première victoire. La presse britannique le qualifie alors de « Magic » en raison de son aisance sous la pluie.

Contre toute attente, Senna se retrouve en tête du championnat après une nouvelle victoire à Monaco, la sixième au total en principauté, ce qui reste à ce jour le record. La Williams de Prost est victime d’un embrayage parfois capricieux. Mais à mi-saison, sur les circuits rapides nécessitant un bon moteur, le V10 Renault surclasse le V8 Ford et Senna ne peut pas rivaliser longtemps. Un nouvel ensemble aérodynamique et électronique arrive en fin de saison et la McLaren de Senna retrouve quelques couleurs pour les dernières confrontations avec Prost. Senna l’emporte à Suzuka où Mika Hakkinen, nouveau coéquipier du Brésilien, constate l’ambiance glaciale sur le podium entre les deux grands rivaux.

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Senna attend en réalité la toute fin de sa confrontation avec Prost pour se détendre. Après avoir fait la pole, Senna remporte également le Grand Prix d’Australie à Adélaïde. Après une poignée de main chaleureuse dans le garage du parc fermé, Senna invite Prost à monter avec lui sur la plus haute marche du podium. La réconciliation est lancée et vire à la franche rigolade lors de la conférence de presse où Senna révèle que Ron Dennis vient de lui dire que, s’il le souhaite, il peut rester chez McLaren en 1994. Prost tape alors dans le dos de Senna en lui disant ; « Tu sais, il m’a dit la même chose fin 1989 ». Tout le monde éclate de rire.

Pendant l’inter-saison, ils se retrouvent à plusieurs reprises pour discuter de la nouvelle Williams en préparation et pour piloter ensemble lors d’une course de karting de charité à Paris-Bercy à l’initiative d’Ayrton Senna. Senna et Prost passent la soirée à bavarder sous les yeux du public, ce qui semble officialiser leur entente. Conscients tous deux que l’un sans l’autre, leur carrière n’aurait pas eu le même impact, ces deux pilotes avaient développé un énorme respect mutuel. Mais leurs égos les empêchaient de se rapprocher tant qu’ils étaient en compétition.



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F1 - Ayrton Senna, 20 ans - Les années McLaren : la rivalité avec Prost

Message par Modena49 le Jeu 1 Mai - 10:19:56

F1 - Ayrton Senna, 20 ans - Les années McLaren : la rivalité avec Prost
La carrière du Brésilien
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] 1er mai 2014 - 11h53, par Olivier Ferret 

1988 : La consécration

En 1988, la carrière de Senna prend une nouvelle dimension avec son arrivée, conjointe à celle de Honda, chez Mclaren. Cette arrivée marque le début de sa rivalité avec Alain Prost, son nouvel équipier. McLaren écrase le championnat du monde grâce à la McLaren MP4-4 en remportant quinze des seize courses de la saison pour la dernière sortie des moteurs turbocompressés. Ayrton porte à treize le nombre de pole positions décrochées en une saison établissant alors un nouveau record, battant les neuf pole positions de Ronnie Peterson en 1973, de Niki Lauda en 1974 et 1975 et de Nelson Piquet en 1984.

Seuls les onze meilleurs résultats comptent pour l’attribution du titre afin d’inciter les pilotes à chercher la victoire sans pénaliser outre mesure les casses mécaniques. Senna compte huit victoires et trois secondes places contre sept victoires et quatre secondes places pour Prost, ce qui lui permet de remporter son premier titre mondial malgré un nombre de points inférieur. Le Brésilien décroche le titre à Suzuka au Japon, lors de l’avant-dernière épreuve du championnat. Après avoir manqué de caler sur la grille, il entame une remontée et gagne la course.

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1989 : La guerre psychologique

En 1989, Prost prend sa revanche sur Senna en lui ravissant le titre de champion du monde. Si 1988 était une saison d’entente cordiale et de respect mutuel entre les deux équipiers, 1989 est celle de la polémique.

Déjà, en 1988, Honda semblait favoriser le pilote brésilien au niveau de la qualité de préparation et de réglage de sa monoplace. Une manœuvre litigieuse de Senna lors du second tour du Grand Prix du Portugal, où Senna avait nettement tassé Prost contre le muret des stands, avait quelque peu entaché les rapports entre les deux hommes.

À l’issue du Grand Prix de Saint Marin, Prost accuse Senna de ne pas avoir respecté un pacte au départ : ne pas s’attaquer au premier virage afin de ne pas risquer un accrochage. Ron Dennis, le patron de McLaren, entreprend alors de réunir les deux hommes pour régler leur différend quelques jours plus tard à l’occasion d’une séance d’essais privés sur le tracé de Pembrey. Peu après, Prost confie à la presse française que, sermonné par Ron Dennis, Senna pleura lors de cette réunion. Cette révélation provoque la fureur du Brésilien qui justifie son action à Imola en considérant que le pacte de non-agression était prévu pour le premier départ du Grand Prix, et non pour le second donné suite au grave accident de Gerhard Berger au cinquième tour.

La guerre psychologique explose désormais au grand jour. Prost, depuis longtemps installé dans l’écurie, insiste sur le fait qu’il a lui-même donné son accord pour la venue de Senna et considère que la réputation du Brésilien est surfaite. Jouant de son influence, le pilote français veut montrer qu’il est le meilleur. Senna débauche alors l’homme d’affaires de Prost, Julian Jakobi, tandis que Prost se tourne alors vers la presse pour dénoncer un traitement de faveur pour son équipier et rival brésilien.

Moins rapide en qualifications, Prost préfère régler sa monoplace pour la course car il sait que Senna est prêt à tout pour décrocher la pole position. Cette vélocité du Brésilien lui attire non seulement les faveurs de Honda mais aussi celles du personnel de l’écurie McLaren. Si le débat perdure pour savoir à quel point les moteurs Honda de Senna étaient plus performants que ceux de Prost, les fiches techniques confirment que Prost a fait une bonne partie de la saison avec un châssis MP4/5 utilisé également en essais privés tandis que Senna bénéficiait d’un châssis réservé à la course.

Malgré sa rapidité, Senna connaît une saison malchanceuse, abandonnant à quatre reprises lors des huit premières courses de la saison, alors que Prost aligne les places sur le podium. À Monza, Senna bénéficie d’une évolution moteur mais celui-ci explose à quelques tours de l’arrivée et Prost remporte la course. Senna déclare alors ; « La victoire de Prost est un péché ».

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Les rapports entre les deux hommes s’enveniment et aboutissent à l’accrochage du Grand Prix du Japon, avant-dernière épreuve de la saison. Qualifié en pole position, Senna se fait pourtant déborder par Prost au départ. Au quarante-septième tour, le Français résiste à une tentative de dépassement de Senna à l’entrée d’une chicane, ce qui provoque l’accrochage. Senna repart en court-circuitant cette chicane et remporte la course mais est disqualifié pour avoir été poussé par les commissaires et avoir court-circuité la chicane. Prost, suite à la disqualification de son rival, décroche son troisième titre mondial.

Cet accrochage porte à discussion car si Senna part de trop loin pour effectuer un dépassement régulier, Prost ferme quant à lui nettement la porte. Le pilote attaquant, Senna, écope d’une amende et d’une mise à l’épreuve quant au renouvellement de sa super-licence de pilote pour avoir critiqué la décision des commissaires. Selon Senna, cette disqualification est une manœuvre fomentée par le président de la FIA, le Français Jean-Marie Balestre, dans le but de favoriser la victoire en championnat du monde de son compatriote Prost. Senna déclare en effet à Adélaïde, cadre du dernier Grand Prix de la saison ; « What we see today is the true manipulation of the World Championship » (« Ce que nous voyons aujourd’hui est une vraie manipulation du Championnat du monde »

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Re: F1 - Ayrton Senna, 20 ans - Les années McLaren : la rivalité avec Prost

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