ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

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ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Guylaine le Mar 11 Mar - 20:36:31

Alain Prost:

Hors-F1
1972 : Champion d’Europe juniors de karting
1974 : Champion de France de karting
1976 : Vainqueur du Volant Elf
1977 : Champion de France de Formule Renault
1977 : Champion d'Europe de Formule Renault
1978 à 1979 : Champion de France de Formule 3
1979 : Champion d'Europe de Formule 3
2006 à 2007 : Vainqueur du Trophée Andros

En Formule 1

Grands Prix disputés : 199
Victoires : 51 (soit 25,63 %) (2e derrière M.Schumacher)
Points marqués : 798,5 (soit 4,01 pt par course) (2e derrière M.Schumacher)
Pole Positions : 33 (soit 16,58 %) (3e ex æquo avec Jim Clark derrière Michael Schumacher et Ayrton Senna)
Podiums : 106 (soit 53,27 %)
Meilleurs Tours: 41 (soit 20,60 %) 2e derrière Michael Schumacher)
Hat tricks : 8 (soit 4,02 %) (4e derrière M.Schumacher, Jim Clark et Juan Manuel Fangio)
Débuts en F1 : 1980 — Grand Prix d'Argentine 1980 (Résultat : 6e)
Première victoire : 1981 — Grand Prix de France
Première pole position : 1981 — Grand Prix d'Allemagne, sur le Circuit d'Hockenheim
Dernière course : 1993 — Grand Prix d'Australie, sur le Circuit urbain d'Adélaïde (Résultat : 2e)

Débuts fulgurants

La Renault de 1981 est un peu irrégulière pour jouer le titre, mais suffisamment performante pour permettre à Prost de remporter son premier GP, à Dijon. 50 autres suivront.

Même scénario en 1982. Mais cette fois, c'est aussi un conflit interne qui mine en partie la saison des hommes de la Régie Renault. Au GP de France, René Arnoux refuse de se plier à la stratégie d'équipe préétablie et visant à favoriser Prost, mieux placé dans la course au titre. Larousse, le directeur sportif de Renault ne défend pas Prost. Ce dernier rue dans les brancards et ne parvient qu'à s'attirer les foudres d'une partie de l'opinion publique toute acquise a la cause du populaire "Néné" Arnoux. Prost et la France, ou l'histoire d'un amour impossible.

Pour Prost, 1982, ce sera aussi le début d'une vraie psychose. Sous la pluie d'Hockenheim, Prost a ressenti un violent choc à l'arrière et assiste abasourdi au décollage d'un bolide rouge au dessus de sa tète. Aveuglé par les projections d'eau, Pironi l'a heurté et ne peut que hurler de douleur dans les restes de son cockpit déchiqueté. A partir de cet instant, Prost détestera toujours la pluie...

En 83, débarrassé d'Arnoux, Prostsemble enfin avoir les coudées franches au sein de l'écurie française, et le turbo enfin arrivé à maturité pour conquérir le titre. Las, en fin de saison, Prost ne résiste pas au retour fulgurant de Piquet et de sa Brabham au BMW curieusement survitaminé. Dans la défaite, l'écurie française se désagrège et Larousse vire Prost ! Un comble quand on sait que Prost est l'un des pilotes les mieux coté du plateau. Mais Prost n'en a que faire. Déjà, Ron Dennis, le boss de Mclaren qui vient de restructurer l'équipe avec l'appui du groupe Tag, lui fait un pont d'or pour rejoindre Lauda. Renault a tout perdu. Prost va tout gagner.

Bien que plus rapide que Lauda, Prost voit à nouveau le titre lui échapper. Pour un demi point seulement. Mais sur le podium d'Estoril, à coté de son triple champion du monde de coéquipier, Prost rayonne. L'avenir lui appartient. Et il le sait. 1985 ne sera qu'une formalité pour Prost. Au volant de la meilleure machine du plateau, Prost prend rapidement le dessus sur ses adversaires et file vers le titre. Rebelotte en 1986, malgré l'opposition féroce des Williams Honda de Mansell et Piquet. Prost remporte un second titre dans les rues d'Adelaide, au prix d'un final époustouflant. Sans doute le plus grand souvenir de sa carrière. L'association de McLaren avec Porsche s'essouffle et la saison 1987 n'offre guère de satisfaction à Prost, si ce n'est une 28e victoire en Grand Prix à Estoril. Le record historique de Stewart vient de tomber. Mais qu'importe la perte de titre mondial, aux yeux de tous, Prost apparaît comme le meilleur pilote de sa génération. Son style économique, son approche minutieuse des Grand Prix régalent ses ingénieurs. On lui donne le surnom de Professeur. Un surnom à double tranchant. Derrière la marque de respect pour cet homme qui maîtrise son sujet à la perfection, on sent poindre le manque d'enthousiasme d'un public avide de sensations fortes et qui lui préfère la fougue d'un Mansell ou d'un Senna. Senna, justement, le prochain défi du Professeur...


Antipathie mutuelle mais respect total

En 1988, McLaren s'associe avec Honda et accueille Senna aux cotés de Prost. Une formidable rivalité va alors naître. Un choc de titans dont la F1 ne s'est toujours pas remise. Les 2 meilleurs pilotes du monde cote à cote.

D'un coté, le calculateur Prost, de l'autre, le mystique Senna. mais en commun, un même génie du pilotage, une même approche clinique de la F1. En 88, Senna décroche le titre. Prost prend sa revanche en 89, dans une ambiance de souffre. La rivalité entre les deux hommes a dépassé le cadre sportif suite au GP de Saint Marin 1989 dans lequel Senna n'aura pas respecté un pacte de non agression. A la bagarre sur la piste, somptueuse le Dimanche, se succèdent règlements de compte et phrases assassines tout au long de la semaine par médias interposés. La rivalité fratricide trouve un épilogue dans la chicane de Suzuka, ou un accrochage entre les deux hommes donne le titre au Français. Parmi les succès marquants de Prost cette année la, une victoire a Monza, devant des tifosi en liesse. Prost vient d'annoncer qu'il quitte McLaren pour rejoindre la Scuderia. Ce sera avec le numéro 1.

La rivalité avec Senna se poursuit de plus belle. Une vraie fausse réconciliation orchestrée par Elf à Monza n'aura qu'un temps. A Suzuka, des le départ, au prix d'une attaque kamikaze, Senna accroche volontairement Prost et récupère le titre mondial. Amertume de Prost vis à vis de son ancien équipier, vis à vis de la FIA qui laissera impuni la manœuvre suicidaire de Senna, et vis à vis de sa propre équipe, qui en ne donnant pas de consignes à son bouillant coéquipier Mansell, a privé Prost de points précieux à Estoril quelques semaines auparavant. La belle entente avec Cesare Fiorio, son directeur sportif, se fissure.

Une intersaison prometteuse semble effacer les blessures, mais le catastrophique début de saison 91 rouvre les cicatrices. L'ambiance est à la guerre interne chez Ferrari. Un classique au sein de la Scuderia. Prost obtient le limogeage de Fiorio. Mais lui même sera débarqué en fin de saison. Prost et Renault, Prost et Ferrari, deux histoires inachevées. Prost passe sa saison 92 sur le bord des pistes, à préparer son retour. Ce sera au volant d'une Williams Renault, la meilleure voiture du plateau, avec un 4eme titre mondial à la clé.


Un titre au parfum amer. Prost se présente comme l'éternel mal aimé. A Monaco, pénalisé pour départ anticipé, Prost effectue une spectaculaire remontée dans le peloton. "Ce Prost, quel grand pilote" s'exclame un observateur. "il faudrait qu'il le prouve" répond laconiquement Franck Williams, l'énigmatique directeur de l'écurie éponyme, et patron d'Alain Prost. Prost a signé un contrat de 2 ans, mais la volonté non dissimulé de son employeur d'attirer Senna à ses cotés le blesse. Tout comme le blesse le conflit larvé qui l'oppose à la FIA, ou le peu d'entrain que manifestent les médias à son égard. Déçu, Prost préfère s'arrêter. Sur un 4eme titre acquis à Estoril ou il cède la victoire au jeune Michael Schumacher. 51 victoire pour l'un, deuxième pour l'autre. Un passage de témoin en somme... Prost monte sur le podium une dernière fois à Adélaïde, pour son ultime course. A ses cotés, le vainqueur du jour, Senna, lui offre une chaleureuse accolade. C'est la fin de l'une des plus palpitantes confrontations de l'histoire du sport. A ce moment, Prost ignore que quelques mois plus tard, il commentera en direct la mort tragique de cet ennemi en qui il avait découvert un ami. La carrière de Prost "pilote" s'achève là. Après une brève parenthèse en tant qu'essayeur de luxe pour le compte de McLaren, Prost prend la tête de l'écurie Ligier qu'il rebaptise en son nom. Une aventure porteuse d'espoirs mais qui se termine par un cuisant échec et ne fait que creuser un peu plus le gouffre d'incompréhension entre Prost et son public.

A l'issue de sa carrière de pilote de Formule 1, Prost ne déserte pas les paddocks. Consultant pour le compte de la chaîne de télévision TF1 (fonction qu'il avait déjà occupée en 1992), Prost effectue en 1995 son retour chez McLaren, dans un rôle de conseiller technique et de pilote essayeur. Il hésite plusieurs fois (dès janvier 1994, notamment, lors de ses tests pour McLaren-Peugeot) à revenir à la compétition, sans toutefois concrétiser par un retour officiel en Grand Prix.

L'écurie Prost GrandPrix


En février 1997, il rachète l'écurie Ligier à Flavio Briatore, et la rebaptise Prost Grand Prix. Pour Prost, c'est la concrétisation d'un vieux rêve. À plusieurs reprises déjà, il avait envisagé de monter sa propre équipe. Un premier projet avait été envisagé courant 1989 (Prost avait finalement décidé de poursuivre sa carrière de pilote et de s'engager avec Ferrari), et de manière plus concrète, il avait été proche de s'investir chez Ligier (à l'époque encore détenue par Guy Ligier) début 1992. Malgré quelques séances d'essais très médiatisées, les négociations n'avaient pas abouti et Prost s'était accordé une année sabbatique.


Mais, à l'issue de cinq saisons globalement décevantes (deux deuxièmes places aux Grand Prix automobile d'Espagne 1997 et au Grand Prix automobile d'Europe 1999 comme meilleurs résultats), l'écurie Prost Grand Prix est contrainte de fermer ses portes, faute de soutiens financiers par manque de résultats,début 2002.



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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Guylaine le Mar 11 Mar - 20:40:16

ALAIN PROST ET NICOLAS PROST
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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Guylaine le Mer 12 Mar - 10:36:54

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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Invité le Mer 12 Mar - 12:39:57

Que rajouter de plus sur le plus grand champion auto Français.
La situation avec Prost a toujours été spéciale car il avait le don de se mettre tout le monde à dos. Pourtant personne ne peut nier ses talents de metteur au point et ses qualités de pilotes. Prost était un très grand pilote de F1. Peu sont arrivés a son niveau.

Depuis la France cherche une relève. Et elle met du temps a arriver.

L'histoire Prost GP est loin d'être un comte de fée. Prost y a pris la plus grosse claque de sa vie et s'il ne savait pas jusque là qu'on ne pouvait compter que sur soit même, il en est surement convaincu aujourd'hui.
Personne n'a rien fait pour l'aider, ni les sponsors, ni l'état. Bref un beau gachis.

Reste le coup de volant. Toujours là, intact. Il y a 2 ans Alain a fait quelques courses en championnat de France GT sur une Viper.
Le talent était toujours là et s'il avait pu faire une saison complète je suis sur qu'il aurait pu jouer le titre.

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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Invité le Jeu 20 Mar - 17:29:41

Prost a également remporté 2 fois le titre de trophée andros, un championnat sur glace.

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Alain Prost : "Little Big Man"

Message par Modena49 le Jeu 26 Juin - 23:43:33

Maurice Trintignant, Jean Behra, Jean-Pierre Beltoise, François Cevert et bien d'autres firent la gloire du sport automobile français. Et puis, Alain Prost arriva. Il fut le premier champion du monde de F1 et termina sa carrière dans le sillage immédiat de Juan-Manuel Fangio, le plus grand pilote de tous les temps. Alain Prost, ce petit homme de 167 cm, lui aussi est grand. Incroyablement déterminé, calculateur et sûr de son talent, il n'a jamais douté. Son parcours initiatique fut aussi sans faille.




Installé sous un parasol, le loueur de karting regarde d'un oeil amusé cet adolescent qui s'installe maladroitement dans le baquet du mini bolide. Il est à la fois sceptique et intrigué. Le "gamin" s'obstine à vouloir faire un essai malgré son bras dans le plâtre, mais enfin du moment où lui et sa bande de copains ont payé... Assis enfin dans le kart fatigué, Alain Prost constate alors qu'il peut actionner le petit volant d'une seule main et dès les premiers tours de roue, il n'est soudain plus là pour jouer. En 1970, le karting de loisir est encore assimilé à une attraction tenant plus de la fête forraine que de la compétition automobile. Pourtant, pour le néophyte tout devient rapidement très sérieux. Il soigne sa conduite, double, domine son engin, se montre plus adroit que les autres et il remporte cette mini course improvisée, un après midi de vacances sur la Côte d'Azur. Quelques jours plus tard, il reviendra, seul cette fois, en quète de confirmation. Il ne lui faudra pas longtemps pour que l'évidence s'impose: il est fait pour ça.

De retour à Saint-Chamond, sa ville natale, Alain se renseigne aussitôt sur l'existence d'un club de karting situé dans la région. Il le trouve à Rive-de-Gier, à quelques kilomètres de son domicile et s'y inscrit sans hésitation. Il lui faudra un an de patience pour assouvir sa nouvelle passion. Le temps de réunir la somme indispensable à l'achat d'un kart. Un an de privations et de petits boulots dans l'entreprise familiale de mbilier pour boucler enfin son premier budget de "pilote". Le kart de ses rêves est vétuste, le moteur poussif et il passe plus temps à bricoler qu'à rouler sur la piste. Mais qu'importe. Tous ces avatars ne font que renforcer sa détermination. Il abandonne alors le football, sa première passion, renonce à ses études de "prof de gym" et se lance dans un plan de financement plus ambitieux. Il travaille désormais presque à plein temps avec son père et se fait de l'argent de poche en assurant la préparation des moteurs des autres membres du club de karting. En 1972, il dispose maintenant d'une machine performante, multiplie les victoires dans les épreuves régionales et termine second du championnat de France junior.

Tout va alors très vite. Champion d'Europe junior, l'année suivante, il accède à un statut de pilote semi-officiel et rejoint l'équipe de France. Il est déjà plus qu'une révélation. Son talent est reconnu même si son agressivité dans les pelotons lui vaut de sérieuses inimitiés et parfois, des "troisièmes mi-temps" plus que houleuses. Ainsi, lors du Challenge Alazard, une épreuve qui attire les meilleurs spécialistes européens, il mène largement la finale quand un équipier belge du champion du monde François Goldstein le pousse dans l'herbe. Goldstein second lui ravit le commandement et gagne. C'en est trop ! Prost projette son adversaire hors de la piste, se rue sur lui et lui envoie un direct du droit en pleine face ! Le duel se termine en bagarre générale et une fois le calme revenu, Prost écope d'une suspension de six mois. Il va pourtant bénéficier d'un "permis blanc" pour disputer les championnats d'Europe. Vainqueur mais déclassé pour un dépassement un peu trop viril, Prost n'est pas loin d'être totalement dégouté du karting. Il disputera encore les championnats du monde, mais le coeur n'y est plus. Il a la tête ailleurs, l'esprit monopolisé par la finale du Volant Elf.

Condamné à réussir

La course automobile, il y songe depuis l'été 1974. Son titre de champion de France sénior, lui a valut une bourse de la Fédération Française. Plutôt que de l'engloutir dans le karting, il a décidé de l'investir dans une école de pilotage.

Il prévoit tout avec une lucidité et une matûrité remarquables. Il devance ainsi l'appel pour se débarrasser de son service militaire mais se retrouve en Allemagne. En dépit de l'éloignement, il choisit pourtant de s'inscrire à l'école la plus éloignée de son domicile: celle du Paul Ricard. "Je voulais gagner. il fallait éliminer les paramètres annexes, notamment les caprices de la météo. La pluie est moins fréquente au Castellet qu'à Magny-Cours." Un colonel compréhensif et quelques "fausses perms" feront le reste... Alain Prost est un élève lamentable sur le plan technique, d'après ses instructeurs. Il freine très tard et même en courbe, ignore le double débrayage mais contrôle toujours la situation. Pourtant, il n'a rien d'un fanfaron. Au contraire, il est presque effacé et affiche une grande humilité. En fin stratège, il se fait oublier, assure le minimum pour se qualifier pour la finale. Une seule fois, il se trahira, lors de l'une des rares journées de pluie, en freinant aussi tard que sur le sec. Il ne conduit pas bien, mais il va vite. Le jour de la finale, Alain Prost est venu seul et se tient ostenciblement à l'écart de l'agitation. Tendu, mais incroyablement concentré et déterminé. Il n'a pas le choix. Il est condamné à réussir. Rien ne l'attend après l'armée, ni métier, ni diplome et encore moins de petites économies...

Il est le dernier des six finalistes à s'élancer. A peine sur la piste, il bat le record du circuit pendant ses tours de chauffe et continue sur le même rythme pendant les cinq tours chronos. Il gagne haut la main. Il montre enfin une certaine émotion lorsque Ken Tyrrell, le président du jury, lui remet une coupe, mais a-t-il réellement douté de son succès.

Trois semaines plus tard, libéré de l'armée, il entâme une nouvelle vie. Lauréat du Volant Elf, il dispose d'une monoplace de Formule Renault et d'un budget pour la saison suivante. Il rejoint alors Magny Cours, pour prendre livraison de sa Martini et suivant une tradition bien établie, s'installe dans le modeste hôtel de Saint-Parize. Il ne connait rien à l'automobile et encore moins la mise au point d'une monoplace. Alors, il passe méthodiquement en revue toute la palette des réglages, essaie toutes les solutions possibles pendant de longues séances d'essai hivernales.

Un prédateur affamé de victoires

Cette préparation ingrate mais minitieuse va se révéler immédiatement payante. Sur le circuit pour la première course de la saison, Alain Prost s'envole dès le départ, s'impose avec autorité au premier freinage et enlève son premier succès sans autre soucis. C'est le début d'une longue série.A chaque sortie, le scénario va être imuable pole, fuite en tête, record du tour et victoire ! Ceux qui ont le malheur de cotoyer la Martini bleur s'en souviennent comme d'un cauchemar. Certains inventeront une boutade - "Prosternons nous" - pour rire de leur désarroi, d'autres carrément irrités par cette insolente réussite ne trouvent que de mauvaises excuses. Ses rivaux semblent disputer un autre championnat, à tel point que Patrice Lavergne, tout heureux de finir second à Rouen, passera la ligne en levant les bras en signe de victoire! Après sept succès consécutifs, Prost est champion dès le mois de juillet. Ses adversaires respirent, mais ils se trompent lourdement.

Prost veut le grand chelem. Il le manquera d'un fil à Imola, où il sera contraint l'abandon à cause d'un allumeur déréglé. Il est fou rage et parle même de sabotage. Il crie à l'injustice et cherche un coupable. Son refus d'être battu obscurcit son jugement et comme le souligne l'un de ses rivaux "il est nettement moins talentueux dans la défaite." L'enfant prodige se mue soudain en sale gosse, comme au bon vieux temps du karting. Il a trop gagné et trop vite pour avoir eu le temps d'apprendre à perdre. Il croyait naïvement que le talent était aussitôt récompensé et découvrait avec irritation un univers plus complexe. De l'inexpérience à l'impopularité, il n'y a qu'un pas. Il le franchira souvent avec un bel entêtement dans la maladresse. Et si avec le temps, il apprendra à polir son caractère et soignera son image, le naturel reviendra au galop dans les périodes de "crise". Ce comportement de mauvais perdant, de raleur et de rancunier le poursuivra et sa carrière sera jalonnée de conflits et de divorces.

Il pourrait pourtant être totalement serein en cette fin 1976. Cette première saison a suffit à lui forger une extraordinaire renommée. En plus de sa chevauchée solitaire en Formule Renault, il a également effectué des débuts impressionnants en Formule Renault Europe. A Dijon avec une Lola qu'il découvre et sur un circuit inconnu, seul un ennui mécanique l'a empéché de battre Didier Pironi, le leader du championnat. Il en repartira tout de même avec le record du tour et plus que jamais couvé par Elf, qui le sent déjà prêt pour des combats plus difficiles. Sa voie, qui ne pouvait être que triomphale était tracée, mais après sa démonstration de 1976, on ne lui pardonnerait pas aisément un échec. Pourtant, en 1977, il ne lui suffit plus de paraître pour vaincre. L'opposition en Formule Renault Europe s'est durcie et il doit compter parfois sur les caprices de la mécanique. "L'homme à battre" n'est plus invincible, il rentre dans le rang et constate avec irritation que la popularité est inversement proportionnelle au succés... Prodigieusement agacé, plus incompris que jamais, mais toujoura aussi déterminé, il enlève le titre à l'issue de la dernière course. Une saison difficile qui a cependant confirmé l'une des facettes de son personnage entrevue lors de son passage à l'école de pilotage: celle d'un fin calculateur capable d'éviter les joutes stériles afin de ne jamais perdre de vue l'objectif final.

Fiançailles avec Renault

Au soir de sa victoire en Formule Renault Europe, Alain Prost évoque pour la première fois la Formule 1. Elf modère son enthousiasme. C'est trop tôt pour la F1 et trop tard pour la F2. Le pétrolier s'en retire pour mieux se concentrer sur l'aventure Renault F1. En revanche, Elf lui propose un programme en Formule 3 où Renault revient après une absence de cinq ans. Peu enthousiaste mais réaliste, Alain accepte de sacrifier une saison pour participer au développement du moteur Renault F3, greffé dans un châssis Martini. Après une demi saison catastrophique, il se demande vraiment dans quelle galère il s'est embarqué. Il lui faut non seulement accepter l'effacement et les échecs, mais aussi les luttes sans gloire et parfois périlleuses au milieu de peloton.

Résigné, parfois amer il découvre néanmoins des aspects positifs dans cette aventure: le métier et la complicité de Hugues de Chaunac, le team manager, la découverte des circuits européens et un formidable enrichissement sur le plan technique. Et puis, à force de travail, la Martini Renault progresse. Il retrouve peu à peu le chemin des podiums et finit par s'imposer à Jarama devant tout le gratin de la spécialité. Il était temps, surtout pour lui qui s'est toujours mal accomodé de la défaite.

Il sent prêt pour la F1, mais reste encore une fois très lucide. Etre un héros des formules de promotion, n'est plus une recette infaillible pour accéder en F1. L'exemple de René Arnoux contraint au surplace pendant près de cinq ans avant de trouver le salut est des plus dissuasifs. Prost sait qu'il faut désormais appartenir à une grande équipe et il garde sa confiance à Elf. Il n'en réprime pas moins un profond soupir quand Elf, lui propose une nouvelle saison de F3 en 1979. Il sait que le temps presse mais il sait aussi que le cocktail Martini-Renault est désormais explosif. Le moteur Renault surclasse désormais les blocs Toyota et Alfa Romeo et la nouvelle Martini chaussée de pneus Michelin s'impose comme la meilleure monoplace du moment. Il survole le championnat d'Europe et accroche la plus belle victoire de l'année: le GP de Monaco en raflant comme à la belle époque de la Formule Renault, la pole et le record du tour. Cette fois, on parle lui pour la F1. Elf évoque son nom à Guy Ligier pour remplacer Patrick Depailler blessé dans un accident de deltaplane. Ligier joue l'expérience et engage finalement Jacky Ickx... Alain décide alors d'assister aux deux derniers Grands Prix nord-américains pour nouer des contacts avec les managers de la F1.

Premiers pas en F1

Arrivé à Montréal, il croise Fred Opert, le team manager américain pour qui il a piloté en F2 à Pau l'année précédente. Celui-ci lui fait rencontrer Teddy Mayer, le "patron" de McLaren qui se dit prêt à aligner une troisième F1 pour le prochain GP des Etats Unis. Alain brûle d'impatience mais il ne veut pas débuter en F1 à la sauvette. Il donne l'image d'un garçon réfléchi qui veut éviter le piège d'une contre-performance publique. Un sacré coup de poker qui réussi. Teddy Mayer interloqué par le refus accepte le principe d'une séance d'essais privés.Il rentre en France et attend fébrilement le coup de téléphone magique. Mayer appelle une semaine plus tard et rendez-vous est pris au début du mois de novembre sur le circuit Paul Ricard. Une fois de plus, Alain joue son destin sur le circuit varois. Il est à la fois ravagé par l'anxiété et tellement sûr de lui. Effrayé et épuisé, Prost enchaîne les tours et signe des chronos satisfaisants, proches de ceux de John Watson présent pour étalonner les performances. Il lamine véritablement, Kevin Cogan, un jeune américain prometteur, testé également par McLaren. A la fin des essais, Alain Prost n'est pas encore pilote McLaren mais il possède une sérieuse option. Le non renouvellement du contrat de Patrick Tambay débloque la situation et dix jours plus tard, il signe son contrat. Le rêve devient réalité, même si à cette époque, McLaren n'est plus qu'une équipe de milieu de pelotons vivant d'expédients.

A Buenos Aires, dans la chaleur torride de l'été austral, il se prépare à ses débuts officiels en F1. John Watson n'est pas avare de conseils et lui fait même découvrir le circuit en le prenant dans son sillage. Qualifié en sixième ligne, Prost sait qu'il est inutile d'espérer un bon résultat avec sa monoplace médiocre et opte pour une course sage. Sa clairvoyance sera une nouvelle fois payante. Il termine à la sixième place s'octroyant ainsi son premier point au championnat du monde. Il vient de marquer de son empreinte son entrée dans le monde des Grands Prix.

"Prost-scriptum"

Né le 24 février 1955 à Saint-Chamond (Haute-Loire)
1973 : champion de France et d'Europe Junior Karting
1974 : champion de France senior karting
1975 : lauréat Pilote Elf Paul Ricard
1976 : champion de France F.Renault (Martini MK 17) : 12 victoires
1977 : champion de Formule Renault Europe (Martini MK 20) : 6 victoires
1978 : champion de France F3 (Martini MK 21B-Renault)
1979 : champion d'Europe et de France F3 (Martini MK 27-Renault) : 9 victoires dont le GP de Monaco
1980 : débuts en Formule 1au GP d'Argentine et premier point au championnat du monde (McLaren M29)

Bilan Formule 1

199 GP disputés ; 51 victoires ; 33 pole positions ; 41 meilleurs tours en course ;
Champion du Monde 1985/86 (McLaren TAG-Porsche) ; 1989 (McLaren -Honda) ; 1993 (Williams-Renault)
2e championnat du monde 1983/84/88/90/)



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Il voulait être footballeur

Message par Modena49 le Jeu 10 Juil - 14:33:17

Il voulait être footballeur, lui, le natif de Saint-Chamond, qui vibrait aux exploits des "Verts" de Saint Étienne. Son frère lui a transmis la passion du sport automobile. Il restera l'un des plus grands pilotes de l'histoire du sport automobile, l'une des plus grandes figures du sport français.

Alain Marie Pascal Prost est né le 24 Février 1955 à Lorette (France).

Une révélation
Alain Prost s'installe pour la première fois au volant d'un kart de location à l'âge de 14 ans. La scène se passe à Antibes, alors qu'Alain y est en vacances avec ses parents. Il gagne la première course à laquelle il participe... d'une main : l'autre est en effet dans un plâtre ! Tout comme le Grand Prix de Monaco 1970 auquel il assista, cet évènement est un déclic pour le jeune garçon, mais le karting coûte cher, et, de toute façon, ses parents ne souhaitent pas qu'il s'y consacre. Cependant Alain persiste, et à 16 ans, toujours contre l'avis de ses parents, s'achète un kart d'occasion grâce à ses économies. Pendant une année, les résultats ne viennent pas comme il le souhaiterait, alors Alain s'achète un nouveau kart, neuf celui-ci. La réussite sera au rendez-vous.

La naissance d'un champion
A 17 ans, Prost abandonne le football et se met à penser à 100% au sport automobile. Il devient champion de France et d´Europe junior de karting. Son ascension est météorique : il écrase tout sur son passage. Champion de France de karting en 1974, il gagne sa place pour le Volant Elf qu'il remporte en 1976. Ce succès le conduit en Formule Renault, avant qu'il n'accède à la Formule 3 et 3 titres à la clé (deux français et un européen). Fin 1979, il est convié par McLaren à un premier essai en Formule 1. D'emblée, le ton est donné : Prost fait tomber les chronos et apporte un retour technique extrêmement complet à ses ingénieurs. Teddy Mayer, séduit, lui propose de débuter dès la fin de la saison. Fin stratège, Prost refuse, préférant reporter ses débuts à 1980, avec tout l'hiver pour peaufiner sa préparation. 1er Grand Prix en Argentine, et premier point, avec une sixième place à la clé. Mais la saison sera globalement frustrante pour Prost, au sein d'une écurie en bout de course. Il sera même victime de deux violents accidents dûs à des casses mécaniques : les seules blessures physiques de toute sa carrière. Qu'importe le peu de compétitivité de sa machine, l'important pour cette première saison dans le grand cirque de la F1 aura été de séduire les observateurs. Mission réussie : encore sous contrat pour 1981 avec McLaren, Prost profite des remous au sein du team et de la prise de pouvoir de Ron Dennis, pour dénoncer son contrat et partir chez Renault. Prost et Dennis, un premier rendez-vous manqué, mais l'histoire reste à écrire.

L'aventure Renault, entre espoirs et frustration
La Renault de 1981 est un peu tendre pour jouer le titre. Il faut attendre la mi-saison pour voir Prost enfin briller. Il remporte son premier GP à Dijon, grâce à l'interruption due à la pluie qui lui permet de chausser des gommes Michelin très tendres ; 50 autres victoires suivront dont deux en fin de saison.

Même scénario en 1982. Après un début de saison tonitruant, et notamment une victoire de toute beauté en Afrique du Sud, le Français est accablé par la malchance et les pannes en tout genre. Le pilote n'est pas non plus exempt de tous reproches, comme à Monaco, sous la pluie, où il se met dans le rail à quelques encablures de l'arrivée alors qu'il avait course gagné. Sa saison est aussi perturbée par ses rapports difficiles avec son équipier Arnoux. Au GP de France, sur le Circuit Paul Ricard, René Arnoux refuse de se plier à la stratégie d'équipe préétablie visant à favoriser Prost, mieux placé dans la course au titre. Gérard Larrousse, le directeur sportif de Renault, pourtant initiateur de cette stratégie ne défend pas Prost, lequel rue dans les brancards et ne parvient qu'à s'attirer les foudres d'une partie de l'opinion publique toute acquise à la cause du populaire "Néné" Arnoux. Prost et la France, ou l'histoire d'un amour impossible. Pour Prost, 1982 sera aussi le début d'une vraie psychose. Sous la pluie à Hockenheim, Prost ressent un violent choc à l'arrière et assiste abasourdi au décollage d'un bolide rouge au dessus de sa tète. Aveuglé par les projections d'eau, son compatriote, le pilote Ferrari Didier Pironi l'a heurté à haute vitesse, a littéralement décollé et ne peut que hurler de douleur dans les restes de son cockpit, les jambes broyées. A partir de ce jour, choqué par l'effroyable accident de son camarade, Prost détestera toujours la pluie.

En 1983, débarrassé d'Arnoux, Prost semble enfin avoir les coudées franches au sein de l'écurie française, et le turbo est enfin arrivé à maturité pour conquérir le titre. Las, en fin de saison, Prost ne résiste pas au retour fulgurant de Nelson Piquet et de sa Brabham au moteur BMW curieusement survitaminé. Alors que le titre lui semblait promis, Prost avait pourtant été le premier à pressentir la dangereuse torpeur dans laquelle se complaisait son équipe au moment d'aborder le sprint final. Il s'était notamment élevé contre une compagne publicitaire prématurée de la Régie, basée sur le thème "Une Entreprise derrière son Champion". Dans la défaite, l'écurie française se désagrège et Gérard Larrousse ne trouve rien de mieux à faire que de virer son pilote ! Un comble quand on sait que Prost est l'un des pilotes les mieux cotés du plateau. Mais Alain n'en a que faire : déjà, Ron Dennis, le directeur de McLaren qui vient de restructurer l'équipe avec l'appui du groupe Tag-Heuer, lui fait un pont d'or pour rejoindre Niki Lauda. Renault a tout perdu, Prost va tout gagner.

Les années McLaren
Bien que plus rapide que Lauda, Prost voit à nouveau le titre lui échapper... pour un demi-point seulement! Mais sur le podium d'Estoril, à coté de son triple champion du monde de coéquipier, Prost rayonne : l'avenir lui appartient, et il le sait. 1985 ne sera qu'une formalité pour Prost. Au volant de la McLaren-Tag-Porsche, meilleure machine du plateau, Prost prend rapidement le dessus sur ses adversaires, écrase son équipier Keke Rosberg et file vers son premier titre mondial. Rebelote en 1986, malgré l'opposition féroce des Williams-Honda de Nigel Mansell et de Nelson Piquet. Prost remporte un second titre dans les rues d'Adelaïde, au prix d'un final à suspense. Arrivé en Australie avec de maigres espoirs de titre, il croit tout perdre en début de course lorsqu'une crevaison l'oblige à un passage imprévu par les stands. Au prix d'une superbe remontée, il parvient à effectuer la jonction sur les Williams, ce qui ne lui permet néanmoins pas d'inquiéter Nigel Mansell, à qui il suffit de jouer placé pour s'assurer la couronne mondiale. Mais le destin va se charger de donner un petit coup de pouce à Prost. Mansell déchappe à pleine vitesse et doit abandonner, tandis que Piquet doit observer lui aussi un changement de pneus par mesure de sécurité. Prost en tête, il est virtuellement champion du monde, mais tremblera jusqu'au bout, sa jauge lui indiquant à tort que son réservoir d'essence est vide ! Sans doute le plus grand souvenir de sa carrière.

L'association de McLaren avec Porsche s'essouffle progressivement et la saison 1987 n'offre guère de satisfaction à Prost, si ce n'est une 28ème victoire en Grand Prix au Portugal sur le tracé d'Estoril. Le record historique (1973) de Jackie Stewart vient de tomber. Mais qu'importe la perte de titre mondial, aux yeux de tous, Prost apparaît comme le meilleur pilote de sa génération. Son style économe, son approche minutieuse des Grand Prix régalent ses ingénieurs. On lui donne le surnom de Professeur ; un surnom à double tranchant : derrière la marque de respect pour cet homme qui maîtrise son sujet à la perfection, on sent poindre le manque d'enthousiasme d'un public avide de sensations fortes et qui lui préfère la fougue d'un Mansell ou d'un Senna. Ayrton Senna, justement, le prochain défi du Professeur...

Prost-Senna, le choc des Titans
En 1988, McLaren s'associe avec Honda et accueille Senna aux côtés de Prost. Une formidable rivalité, dont le retentissement médiatique dépassera le strict cadre de la F1, va alors naître. Les deux meilleurs pilotes du monde côte à côte. D'un côté, Prost le froid calculateur ; de l'autre, Senna le mystique. Mais en commun, un même génie du pilotage, une même approche clinique de la F1. En 1988, Senna décroche le titre (... en marquant néanmoins moins de points que son équipier). Prost prend sa revanche en 1989, dans une ambiance de souffre. La rivalité entre les deux hommes a dépassé le cadre sportif suite au Grand Prix de Saint-Marin 1989 à Imola, au cours duquel Senna n'aurait pas respecté un pacte de non agression. A la bagarre sur la piste, somptueuse, le dimanche, se succèdent règlements de comptes et phrases assassines tout au long de la semaine par médias interposés. La rivalité fratricide trouve son épilogue dans la chicane de Suzuka pour l'avant-dernier GP de la saison au Japon, lorsqu'un accrochage entre les deux hommes donne le titre au Français. Parmi les succès marquants de Prost cette année-là, une victoire à Monza, devant des tifosi en liesse. Prost vient en effet d'annoncer qu'il quitte McLaren pour rejoindre la Scuderia Ferrari. Ce sera avec le numéro 1 sur son capot.

En 1990, la rivalité avec Senna se poursuit de plus belle. Une vraie fausse réconciliation orchestrée par Elf à Monza ne durera qu'un temps. A Suzuka, dès le départ, au prix d'une attaque kamikaze, Senna accroche volontairement Prost et récupère le titre mondial. Amertume de Prost vis à vis de son ancien équipier, vis à vis de la FIA qui laissera impunie la manœuvre suicidaire du Brésilien, et vis à vis de sa propre équipe, qui en ne donnant pas de consigne à son bouillant coéquipier Nigel Mansell, a privé Prost de points précieux à Estoril quelques semaines auparavant : la belle entente avec Cesare Fiorio, son directeur sportif, se fissure.

Une intersaison prometteuse semble effacer les blessures, mais le catastrophique début d'année 1991 réouvre les cicatrices. L'ambiance est à la guerre interne chez Ferrari : un classique au sein de la Scuderia. Prost obtient le limogeage de Fiorio, mais lui-même sera débarqué en fin de saison. Prost et Renault, Prost et Ferrari, deux histoires inachevées. Prost passe sa saison 1992 sur le bord des pistes, à préparer son retour. Ce sera au volant d'une Williams-Renault, la meilleure voiture du plateau, avec un 4ème titre mondial à la clé. Un titre au parfum amer : Prost se présente comme l'éternel mal-aimé. A Monaco, pénalisé pour départ anticipé, Prost effectue une spectaculaire remontée dans le peloton. "Ce Prost, quel grand pilote!" s'exclame un observateur ; "Il faudrait qu'il le prouve" répond laconiquement Frank Williams, l'énigmatique directeur de l'écurie éponyme, et patron d'Alain. Prost a signé un contrat de 2 ans, mais la volonté non dissimulée de son employeur d'attirer Senna à ses côtés, ce qu'il perçoit comme une forme de désaveu, le blesse. Tout comme le blesse le conflit larvé qui l'oppose à la FIA, ou le peu d'entrain que manifestent les médias à son égard. "Vous vous rendez compte que cette saison, quand je suis rentré en salle de presse après une victoire, pas une seule fois je n'ai été applaudi". Déçu, Prost préfère s'arrêter. Sur un 4ème titre acquis à Estoril où il cède la victoire au jeune Michael Schumacher. 51 victoires pour l'un, deuxième pour l'autre. Un passage de témoin en somme... Prost monte sur le podium une dernière fois à Adelaïde, pour son ultime course. A ses côtés, le vainqueur du jour, Senna, lui offre une chaleureuse accolade. C'est la fin de l'une des plus palpitantes confrontations de l'histoire du sport (ils combattront une dernière fois à Bercy au volant de kart grâce à Philippe Streiff). A ce moment, Prost ignore que quelques mois plus tard, il commentera en direct la mort tragique de cet adversaire en qui il avait découvert un ami.



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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Modena49 le Jeu 10 Juil - 14:33:38

Prost Grand Prix, l'échec
Après une brève parenthèse en tant qu'essayeur de luxe pour le compte de McLaren, Prost rachète l'écurie Ligier qu'il rebaptise de son nom : une aventure porteuse d'espoirs, mais qui se termine par un cuisant échec et ne fait que creuser un peu plus le gouffre d'incompréhension entre Prost et son public. A la prometteuse saison 1997, qui a vu Olivier Panis pointer à la troisième place du championnat du monde des pilotes, succèdent trois saisons d'un partenariat houleux avec Peugeot, et sportivement très décevantes. La saison 2001 sera la dernière pour l'équipe française. Début 2002, Prost Grand Prix est contraint au dépôt de bilan faute d'avoir su fédérer de solides partenaires financiers autour de lui.

L'échec digéré, Alain Prost a de nouveau enfilé casque et combinaison. En compagnie de son vieil ami Hugues de Chaunac, Prost s'est lancé dans un défi aux antipodes de la F1, à savoir le Trophée Andros, compétition hivernale de courses sur glace à laquelle il participe depuis 2003.

Fiche Signalétique
Français
né le 24 Février 1955 à Lorette (France)
Début en GP : Argentine 1980
Dernier GP : Australie 1993
Nombre de GP disputés : 199(3 non-participations)
Meilleur résultat en course : victoire (51 fois)
Meilleur résultat en qualifications : pole position (33 fois)
Nombre de points marqués : 798,5
Nombre de podiums : 106
Nombre de meilleurs tours : 41
marié, 2 fils (Nicolas et Sasha)
1979 tests pour McLaren/Ford
1980 McLaren/Ford
1981 Renault
1982 Renault
1983 Renault
1984 McLaren/TAG Porsche
1985 McLaren/TAG Porsche
1986 McLaren/TAG Porsche
1987 McLaren/TAG Porsche
1988 McLaren/Honda
1989 McLaren/Honda
1990 Ferrari
1991 Ferrari
1992 tests pour Ligier/Renault
1993 Williams/Renault
1995 pilote-essayeur McLaren/Mercedes
1996 pilote-essayeur McLaren/Mercedes
1997 président de Prost
1998 président de Prost
1999 président de Prost
2000 président de Prost
2001 président de Prost



[modifier]Sport Automobile
1973 CKarting Europe Junior (Champion), Karting France Junior (Champion)
1974 Karting France Formule A (Champion)
1975 ?
1976 Formule Renault France (Champion, 12 victoires), Volant Elf (Champion)
1977 Formule Renault Europe (Champion)
1978 Formule 3 France (Champion)
1979 Formule 3 Europe (Champion), Formule 3 France (Champion), Formule 1 (tests)
1980 Formule 1 (15ème)
1981 Formule 1 (5ème, 3 victoires)
1982 Formule 1 (4ème, 2 victoires)
1983 Formule 1 (2ème, 4 victoires)
1984 Formule 1 (2ème, 7 victoires)
1985 Formule 1 (Champion, 5 victoires)
1986 Formule 1 (Champion, 4 victoires)
1987 Formule 1 (4ème, 3 victoires)
1988 Formule 1 (2ème, 7 victoires)
1989 Formule 1 (Champion, 4 victoires)
1990 Formule 1 (2ème, 5 victoires)
1991 Formule 1 (5ème)
1992 Formule 1 (tests)
1993 Formule 1 (Champion, 7 victoires)
1994 année sabbatique
1995 Formule 1 (pilote d'essai)
1996 Formule 1 (pilote d'essai)
1997 à 2001 Formule 1 (patron)
2002 année sabbatique
2003 Trophée Andros
2004 Trophée Andros (2ème)
2005 Trophée Andros (3ème)
2006 Trophée Andros (2ème)
2007 Trophée Andros (1er)
[modifier]Palmarès
1973 Champion de France et d'Europe Junior de Karting
1974 Champion de France de Karting Formule A
1976 Champion de France de Formule Renault avec 12 victoires, vainqueur du Volant Elf
1977 Champion d'Europe de Formule Renault
1978 Champion de France de F3
1979 Champion d'Europe et de France de F3, vainqueur du Grand Prix de Monaco de F3
1982 vainqueur du Grand Prix d'Australie
1983 vice-champion du Monde de F1 des pilotes
1984 vice-champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
1985 Champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
1986 Champion du Monde de F1 des pilotes
1988 vice-champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
1989 Champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
1990 vice-champion du Monde de F1 des pilotes
1993 Champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec Williams
2004 vice-champion du Trophée Andros
2006 vice-champion du Trophée Andros
2007 Champion du Trophée Andros



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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Guylaine le Mar 6 Jan - 4:56:40

World Championships 4
Grand Prix Starts 200
Grand Prix Wins 51
Pole Positions 33
Nationality French
History
His place in Formula One history as one of the sport's greatest drivers is secure, though a career full of conflict and controversy detracted somewhat from his considerable achievements. He won four championships but also left teams acrimoniously on four occasions. He made winning races - 51 times - look easy but was less successful at the politics in which he was invariably embroiled. His bitter feud with Ayrton Senna brought out the best and worst in them both. And yet among the champions only Michael Schumacher and Juan Manuel Fangio won more than Alain Prost.

Alain Prost was born on February 24, 1955, near Saint Chamond in the Loire region of central France, where his father Andre manufactured kitchen furnishings. Alain was a busy little boy with a boundless energy that more than made up for any shortcomings he might have in terms of physical height. He threw himself into wrestling, roller skating and playing football with such vigour that his prominent nose was broken several times. Athletically inclined, he thought about becoming a gym instructor or parlaying his proficiency at soccer into a professional career. Instead, his passion turned to kart racing which he discovered at 14 while on a family holiday in the south of France. What began as fun quickly became an obsession and he won several karting championships. In 1974 he left school to become a full-time racer, supporting himself by tuning engines and a becoming a kart distributor. His prize for winning the 1975 French senior karting championship was a season in Formula Renault, a category in which he went on to win two driving titles before moving to Formula Three. In 1978 and 1979 he won both the French and European F3 championships, by which time he was on the shopping lists of several Formula One teams. After carefully considering his options he chose to sign with McLaren for 1980.

In his first Formula One season he finished in the points four times but also had several accidents, breaking his wrist in one of them and suffering a concussion in another. Some of his crashes were caused by worrying mechanical failures and Alain also had misgivings about the way the McLaren team was run. Amidst some acrimony he chose to break his two-year contract and signed with Renault.

His first Formula One victory came at home: a French driver in a French car in the 1981 French Grand Prix at Dijon. For Alain the momentous occasion that marked the beginning of his winning ways was memorable mostly for the change it made in his mindset. "Before, you thought you could do it," he said. "Now you know you can." The victories kept coming - he had nine during his three seasons with Renault - but the winner found himself increasingly at odds with the home team's management, who made him the scapegoat for failing to win a championship, and with the French fans, who much preferred the homely appeal of his ragtag team mate Rene Arnoux, with whom Prost had a running feud. Fed up with it all, Alain moved his wife Anne-Marie and their son Nicolas to Switzerland and went racing again with the British-based McLaren team in 1984.

In his six seasons with McLaren Alain Prost won 30 races and three driving titles and was runner-up twice. In 1985 he became the first French World Champion. In 1986 he became the first back-to-back champion since Jack Brabham ten years earlier. In 1987, his 28th Grand Prix victory beat Jackie Stewart's 14-year-old record. In 1988, Prost contributed seven wins to his McLaren-Honda team's one-sided season total of 15 victories from 16 races. However, his brilliant new team mate Ayrton Senna won eight races and the driving title. Thus began the sensational rivalry that conspired to push two of the sport's greatest drivers to unprecedented heights of success and controversy.

Alain Prost, nicknamed 'The Professor' for his cerebral approach to racing, needed all his brainpower and driving skill to take on the formidable Senna. Unable to match him in pure speed, The Professor (like his heroes Stewart and Lauda) managed to hold his own by perfecting an economical style: starting a race conservatively, taking it easy on the brakes and tyres and then making a late race challenge. Meanwhile, the Brazilian's tendency to go flat out all the time (even in the rain, which Prost hated) left his French team mate behind in terms of public appeal, which was another contributing factor in what became the most bitter feud in Formula One history.

McLaren's domination continued throughout 1989 and the Prost-Senna struggle for supremacy put them on a collision course. Mutual admiration turned to all-out hatred, with the Frenchman accusing his Brazilian team mate of dangerous driving and of receiving more than a fair share of attention from both McLaren and Honda. Their embittered season ended in a controversial clash in the chicane at Suzuka, where Prost deliberately shut the door on Senna and clinched his third driving title, whereupon he promptly stalked off to join his new employers: Ferrari.

In his first year with Ferrari Prost won five races and again came to the 1990 season finale in Japan with only his McLaren adversary capable of depriving him of the championship. Senna did just that, taking his second driving title by deliberately driving into the Ferrari at Suzuka. "What he did was disgusting," Prost said. "He is a man without value."

In 1991 Ferrari fell off the pace and for the first time in ten years Alain Prost failed to win a race. He blamed the Italian team for losing the plot, went public with his criticism and was fired before the end of the season. With no time to find another ride he took a sabbatical from driving and spent 1992 as TV commentator, before returning in 1993 with Williams-Renault to win seven more races - bringing his total to a then record 51 - and take his fourth driving title. Faced with the prospect of having the hated Senna becoming his Williams team mate The Professor announced his retirement, saying: "The sport has given me a lot but I decided the game wasn't worth it any more."

But he wasn't yet finished playing the game. He went back to TV commentating and worked as an adviser and test driver for McLaren, before buying the Ligier team in 1997 and renaming it Prost Grand Prix. Beset by political and financial problems the team was an embarrassment for the four-time champion, who closed up shop at the end of 2001.

Text - Gerald Donaldson
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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Modena49 le Jeu 8 Jan - 1:44:23

Premiers pas en F1

Arrivé à Montréal, il croise Fred Opert, le team manager américain pour qui il a piloté en F2 à Pau l'année précédente. Celui-ci lui fait rencontrer Teddy Mayer, le "patron" de McLaren qui se dit prêt à aligner une troisième F1 pour le prochain GP des Etats Unis. Alain brûle d'impatience mais il ne veut pas débuter en F1 à la sauvette. Il donne l'image d'un garçon réfléchi qui veut éviter le piège d'une contre-performance publique. Un sacré coup de poker qui réussi. Teddy Mayer interloqué par le refus accepte le principe d'une séance d'essais privés.Il rentre en France et attend fébrilement le coup de téléphone magique. Mayer appelle une semaine plus tard et rendez-vous est pris au début du mois de novembre sur le circuit Paul Ricard. Une fois de plus, Alain joue son destin sur le circuit varois. Il est à la fois ravagé par l'anxiété et tellement sûr de lui. Effrayé et épuisé, Prost enchaîne les tours et signe des chronos satisfaisants, proches de ceux de John Watson présent pour étalonner les performances. Il lamine véritablement, Kevin Cogan, un jeune américain prometteur, testé également par McLaren. A la fin des essais, Alain Prost n'est pas encore pilote McLaren mais il possède une sérieuse option. Le non renouvellement du contrat de Patrick Tambay débloque la situation et dix jours plus tard, il signe son contrat. Le rêve devient réalité, même si à cette époque, McLaren n'est plus qu'une équipe de milieu de pelotons vivant d'expédients.

A Buenos Aires, dans la chaleur torride de l'été austral, il se prépare à ses débuts officiels en F1. John Watson n'est pas avare de conseils et lui fait même découvrir le circuit en le prenant dans son sillage. Qualifié en sixième ligne, Prost sait qu'il est inutile d'espérer un bon résultat avec sa monoplace médiocre et opte pour une course sage. Sa clairvoyance sera une nouvelle fois payante. Il termine à la sixième place s'octroyant ainsi son premier point au championnat du monde. Il vient de marquer de son empreinte son entrée dans le monde des Grands Prix.

"Prost-scriptum"

Né le 24 février 1955 à Saint-Chamond (Haute-Loire)
1973 : champion de France et d'Europe Junior Karting
1974 : champion de France senior karting
1975 : lauréat Pilote Elf Paul Ricard
1976 : champion de France F.Renault (Martini MK 17) : 12 victoires
1977 : champion de Formule Renault Europe (Martini MK 20) : 6 victoires
1978 : champion de France F3 (Martini MK 21B-Renault)
1979 : champion d'Europe et de France F3 (Martini MK 27-Renault) : 9 victoires dont le GP de Monaco
1980 : débuts en Formule 1au GP d'Argentine et premier point au championnat du monde (McLaren M29)

Bilan Formule 1

199 GP disputés ; 51 victoires ; 33 pole positions ; 41 meilleurs tours en course ;
Champion du Monde 1985/86 (McLaren TAG-Porsche) ; 1989 (McLaren -Honda) ; 1993 (Williams-Renault)
2e championnat du monde 1983/84/88/90/)

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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Guylaine le Jeu 8 Jan - 3:07:04

Au risque de me répéter infiniment Modena pour l'ajoût fait consernant les champions du monde!!! Very Happy



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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Guylaine le Lun 9 Fév - 9:38:34

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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Modena49 le Sam 15 Aoû - 17:08:54

Retours de champions : Prost : L'art de partir pour mieux revenir

Bien que Michael Schumacher ait renoncé - à court terme du moins - à effectuer son retour en Formule 1, F1Central vous propose de revenir sur ces retours ou tentatives de retours de champions du monde de Formule 1 après s'être absentés des circuits ou retirés de la F1.


Si Niki Lauda et Nigel Mansell représentent deux exemples très contrastés de retours de pilotes ayant renoncé aux Grand Prix, Alain Prost est l'exemple d'un retour programmé, le pilote sacrifiant sa saison 1992 pour mieux revenir l'année suivante.

En effet, après 3 titres de champion du monde conquis avec McLaren, en 1985, 1986 et 1989, le « Professeur » fait désormais partie des plus grands noms de l'histoire de la F1, mais sa soif de victoire n'est pas étanchée. Usé par le duel fratricide avec Ayrton Senna, qui lui coûte le titre en 1990, le français rejoint la Scuderia Ferrari après avoir refusé l'invitation du Commandatore en 1987. Le français est attendu à Maranello comme l'homme providentiel qui replacerait la Rossa sur le droit chemin. Sportivement, avec 5 succès dès sa première saison au sein de l'écurie italienne et le titre de vice-champion du monde, l'arrivée de Prost semble annoncer des lendemains qui chantent mais la relation entre Prost et son coéquipier, Nigel Mansell, ainsi que la maladresse de Ferrari vont ternir le tableau.



Tout d'abord, la domination interne d'Alain Prost est très mal vécue par Nigel Mansell qui se sent abandonné par son équipe, complètement dévouée au français, pense-t-il. A Estoril, alors que les deux voitures trustent la première ligne, Mansell joue sa propre carte, gênant Prost, alors contraint de ralentir. L'anglais l'emporte devant Senna et Prost, empêchant ce dernier de profiter de l'opportunité de grappiller des points sur le brésilien, alors large leader du championnat. Mais si le français ne digérait pas cette « trahison » du pilote anglais, il ne digérait surtout pas celle de l'équipe qui avait commis le crime de lèse majesté suprême en contactant Ayrton Senna pour 1991, ce à quoi le brésilien avait donné son accord de principe, provoquant la colère du français qui dû se laisser convaincre de rester la saison suivante.

Ainsi, avant même que ne débute la saison 1991, les relations entre Prost et la Scuderia sont tendues et les choses vont se déliter au fur et à mesure que la Ferrari aligne les contreperformances. En effet, alors qu'une nouvelle réglementation aérodynamique entre en vigueur, la Scuderia a privilégié la fiabilité en alignant des évolutions de la voiture de 1990 là où McLaren et Williams sont repartis d'une quasi page blanche. Lassé de voir la direction de Maranello et la presse italienne chercher des têtes à faire tomber, le français ne cache plus ses critiques. Ainsi, dans Course Auto Magazine, en avril 1991, il déclare que ce qu'il manque à Ferrari, c'est un Ron Dennis : « Avoir quelqu'un comme lui dans l'équipe, compte tenu de notre potentiel, ce serait presque se donner l'assurance d'être champions du monde chaque année »

Force est de constater, au regard de l'histoire, que le français avait raison et que l'arrivée de Luca di Montezemollo à la direction de Ferrari et celle de Jean Todt en 1993 était la réponse attendue par le français aux critiques qu'il émettait, mais dans une écurie désoeuvrée après la disparition du Commandatore et à la recherche d'une nouvelle direction, ces critiques bienveillantes sont mal perçues par le management de la Scuderia et l'alchimie Prost-Ferrari se dissout au point de mener au divorce au lendemain du Grand prix du Japon, quand le français fut remercié, et privé du départ en Australie, pour avoir qualifié de camion, sa monoplace dépourvue de direction assistée.



Ses opportunités pour 1992 sont limitées. Williams est en pleine progression, mais la présence de Nigel Mansell n'encourage pas le français. McLaren, malgré l'amitié du pilote pour Ron Dennis, est inenvisageable pour le « Professeur », tant qu'Ayrton Senna y sera. D'ailleurs, en 1993, Prost exigera de Williams des garanties selon lesquelles le brésilien ne rejoindrait pas l'équipe tant qu'il y serait sous contrat. Benetton aurait pu être une piste sérieuse, mais l'écurie, intéressée en 1991, est aujourd'hui vouée au jeune espoir allemand, Michael Schumacher. Enfin, malgré des essais et des négociations avec Ligier - qui ne lui aurait pas permis de se battre pour le titre -, le champion du monde français préfère s'accorder une année sabbatique.

Bien qu'éloigné d'un baquet de F1, le « Professeur » n'en est pas moins présent sur chaque Grand Prix, aussi bien en cabine de commentateur que dans le paddock. Il confirme ainsi par sa présence que son absence des circuits n'est en rien définitive. A l'été 1992, alors que les rumeurs le propulsent chez Williams pour la saison suivante, le français justifie sa décision de prendre du recul : « J'ai toujours dit que faute d'une voiture capable de faire disputer le titre mondial, d'une équipe « top« , je préférerais prendre une année sabbatique. Je me suis fait une raison et ce fut finalement la meilleure solution. Gagner une course occasionnellement est une chose, disputer le championnat en est une autre. » En 1992, une seule écurie est en mesure de lui garantir ces conditions tant elle domine la saison, et en septembre, Williams officialise l'engagement du français.



Le français remporte la course dès son premier Grand Prix, confortant son statut de grandissime favori. Lors des dix premières courses de la saison, il montera à 7 reprises sur la plus haute marche du podium. Comptant alors 27 points de plus qu'Ayrton Senna, le français géra la fin de saison, laissant Senna, Hill et Schumacher se disputer la victoire. Auteur d'un 4ème sacre, Prost s'interroge cependant sur sa deuxième année de contrat avec Williams qu'il ne reconduira finalement pas. Bien qu'une réussite sportive, sa saison est aussi marquée par d'importantes tensions avec la FIA, cette dernière lui faisant payer le prix de ses déclarations pas toujours clémentes envers elle pendant son année sabbatique. Aujourd'hui, le quadruple champion du monde argue que sa décision de prendre sa retraite était aussi en partie motivée par des inquiétudes qu'il éprouvait à l'égard de la sécurité de la future FW16 qui serait fatale à Ayrton Senna.

A l'image d'un Mansell, Alain Prost était animé par l'envie de partir en beauté, mais à la différence du britannique, le français su saisir l'occasion. Le Professeur su surtout résister à l'envie de revenir. Ainsi, quand on lui demanda en 1996, alors qu'il effectuait des essais pour McLaren, s'il avait l'intention de revenir, voici ce qu'il répondait : « J'adore conduire les meilleures voitures du monde, mais désormais c'est comme d'aller au restaurant avec une jolie femme et de ne rien faire de plus. C'est toujours mieux que de perdre son temps avec une femme laide »

Bien qu'il se défende de ne jamais avoir quitté la F1, déclarant, fin 1992, que dans sa tête, il n'avait jamais cessé d'être un pilote de F1, le français n'en fut pas moins l'auteur d'un retour de champion des plus spectaculaires.


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Le jour de gloire de Prost : Les débuts d’un futur champion

Message par Modena49 le Lun 21 Jan - 12:08:59

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ToileF1.com vous propose de découvrir ou redécouvrir de long en large la carrière du quadruple champion du monde Alain Prost, de ses premiers pas dans le monde sportif jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, ToileF1.com vous propose le premier volet de ce dossier spécial sur le meilleur pilote français intitulé : Les débuts d’un futur champion.

Retrouvez dès demain le deuxième volet de ce dossier !

C’est un beau jour de février 1955 qu’Alain Prost naît dans le petit village de Lorette dans la Loire en France. Dans les quinze premières années de sa vie, Prost ne s’intéresse pas au sport automobile. Mais le pilote Français aime déjà beaucoup le sport. Après avoir joué au football, il aurait pu faire carrière en qualité de professeur de gymnastique mais, alors qu’il est âgé de 14 ans, Alain Prost découvre le karting pendant les vacances familiales. Laissant tomber les autres sports, il se consacre à sa nouvelle passion, le sport automobile.

Le jeune Français profite de ses temps libres pour travailler dans la petite entreprise de son père afin d’économiser de l’argent et de pouvoir s’acheter un châssis de karting. Ses parents, André et Marie-Rose Prost, sont plutôt réticents face au projet de leur fils mais, en voyant l’acharnement dont le jeune Alain fait preuve, ils décident de l’aider dans ses premiers pas dans le sport mécanique. Le talent ne se fait pas attendre. Dès ses premières courses, Alain Prost est souvent en tête et parvient bien mieux que quiconque à gérer la mécanique de son kart. Cherchant des défis de plus en plus grands à relever, il délaisse l’amateurisme pour se lancer dans la compétition à haut niveau.

En 1973, alors qu’il est âgé de 18 ans, Alain Prost décroche le titre de champion de France junior de karting avant de remporter le championnat d’Europe et, l’année suivante, il devient champion de France senior dans la même catégorie. Mais le jeune Français échoue par deux fois aux championnats du monde de karting. En 1975, il remporte le volant Elf qui va lui permettre de participer au championnat de France de Formule Renault - un championnat qu’il remporte dès sa première participation en le survolant complètement : 12 victoires en 13 courses.

L’année suivante, Alain Prost va prendre part au championnat d’Europe de Formule Renault et, une fois encore, il s’impose au terme de sa première saison. Il devient alors un des espoirs les plus sûrs du sport automobile mondial. Deux ans plus tard, le prodige français remporte le championnat d’Europe de Formule 3. C’est lors de cette saison qu’il est repéré par le monde de la Formule 1 à Monaco où il signe une victoire retentissante. Après cette course, Jean-Marie Balestre, le président de la FISA [Fédération Internationale du Sport Automobile] - future FIA [Fédération Internationale de l’Automobile] - propose à Alain Prost de l’aider à obtenir un volant en Formule 2 mais Prost lui répond : "La Formule 2 ne m’intéresse pas, je veux une F1 !"

Malgré cette déclaration, Alain Prost ne veut pas précipiter les événements et compromettre le futur de sa carrière. C’est pourquoi il refuse les propositions - de McLaren et Ligier notamment - qui lui ont été faites pour prendre part à un Grand Prix à la fin de la saison 1979. Mais il accepte volontiers des essais que McLaren lui propose peu de temps après.

Lors de ces tests, Alain Prost est mis en concurrence avec un jeune espoir américain, Kevin Cogan. Un jeune talent que le Français devance avec une aisance remarquée dans le clan McLaren. Il impressionne Teddy Mayer, le patron de McLaren de l’époque. Durant ces essais sur le circuit français du Paul Ricard, Alain Prost n’a pas seulement devancé Kevin Cogan, mais aussi un des pilotes titulaires de l’époque John Watson. Teddy Mayer est subjugué et décide de l’embaucher sur le champ pour la saison 1980 du championnat de Formule 1.
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Ecrit le lundi 12 juillet 2010 à 13:11, par Julien Delfosse



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Le jour de gloire de Prost : Les années McLaren-TAG

Message par Modena49 le Lun 21 Jan - 12:11:41

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ToileF1.com vous propose de découvrir ou redécouvrir de long en large la carrière du quadruple champion du monde Alain Prost, de ses premiers pas dans le monde sportif jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, ToileF1.com vous propose le troisième volet de ce dossier spécial sur le meilleur pilote français intitulé : Les années McLaren-TAG.

Pour sa cinquième saison en Formule 1, en 1984, Alain Prost retourne dans l’écurie de ses débuts : McLaren. Depuis son passage lors de la saison 1980, l’écurie McLaren a beaucoup changé. En effet, le team principal de l’équipe n’est plus Teddy Mayer mais Ron Dennis et les monoplaces ne sont plus équipées d’un moteur Ford mais d’un moteur TAG. Pour le premier Grand Prix de leur nouvelle collaboration, Alain Prost offre la victoire à McLaren au Brésil en profitant des abandons de Niki Lauda et de Derek Warwick. Pour la deuxième course du championnat, le Français est contraint de partir de la voie des stands suite à un problème survenu sur sa voiture sur la grille de départ. Parti avec le mulet et derrière le peloton, il parvient à remonter et à s’emparer de la seconde place derrière son équipier Niki Lauda. Alain Prost s’impose ensuite à Saint-Marin et Monaco, une course où il ne marquera que la moitié des points étant donné que l’épreuve a été stoppée sur décision du directeur de course Jacky Ickx, pour cause de recrudescence de la pluie.

A la mi-saison, Alain Prost est leader du championnat avec 35,5 points. Il devance De Angelis et Lauda. Pour le neuvième Grand Prix, il semble en mesure d’augmenter son avance au championnat mais, suite à un bris de boîte de vitesse, le pilote français doit abandonner et laisser la victoire à Niki Lauda. Deux semaines plus tard, Alain Prost prend sa revanche et s’impose en Allemagne. En Autriche, il abandonne une nouvelle fois, suite à une sortie de piste due cette fois-ci à l’huile qu’a répandue la Ligier de Andrea de Cesaris. La suite de la saison est plus à l’avantage de Niki Lauda qui s’empare de la tête du championnat en possédant 9,5 points d’avance sur Alain Prost à deux Grands Prix du terme de la saison. Bien que le jeune prodige français parvienne à remporter les deux dernières manches du championnat au Nürburgring et à Estoril, la régularité de Niki Lauda tout au long de la saison permet au pilote autrichien de glaner son troisième championnat avec seulement 0,5 point d’avance sur son équipier.

Comme à son habitude, Alain Prost débute la saison 1985 de Formule 1 par une victoire, sur le circuit brésilien de Jacarepaguà devant Michele Alboreto, pilote Ferrari. Lors du deuxième Grand Prix de la saison et sous une pluie diluvienne, il part en tête-à-queue alors qu’il tentait de dépasser Elio De Angelis. Sur le circuit d’Imola à Saint-Marin, le Français démontre que le surnom du « Professeur » lui va à merveille. En début de course, il laisse Ayrton Senna et Stefan Johansson s’échapper. Les deux pilotes souffriront d’une panne d’essence à quelques tours de l’arrivée et Alain Prost remporte sa deuxième victoire de la saison. Mais après les différents contrôles techniques de la FISA, le pilote McLaren est déclassé car le poids de sa monoplace est en dessous de la masse réglementaire.

Alain Prost se remet rapidement de cette déception et s’impose dans les rues de Monaco, malgré la pression constante de Michele Alboreto. Après un début de saison dominé par le pilote Ferrari, il revient progressivement sur l’Italien. Ce retour intervient dès le Grand Prix de Grande-Bretagne où, lors d’une fantastique lutte avec Ayrton Senna, Alain Prost remporte la course à Silverstone alors que le Brésilien abandonne sur problème moteur de sa Lotus-Renault. Après un succès de Michele Alboreto sur le Nürburgring, le pilote McLaren s’impose en Autriche en profitant de l’abandon de son équipier Niki Lauda. Peu à peu, l’avance qu’a Michele Alboreto sur Alain Prost au championnat se réduit. Dès le Grand Prix suivant aux Pays-Bas, le Français s’empare de la tête du championnat en terminant second de la course derrière Niki Lauda. Il s’impose cette fois-ci à Monza avant de remporter, à la fin du Grand Prix d’Europe à Brands Hatch, son premier titre de champion du monde de Formule 1 à deux manches du terme de la saison. Ce premier titre, acquis en ayant marqué 73 points au championnat soit 20 de plus que Michele Alboreto, lui vaut d’être récompensé par la Légion d’honneur pour être devenu le premier français à être sacré dans le championnat de Formule 1.

L’année suivante, en 1986, comme depuis de nombreuses années, c’est le Grand Prix de Brésil à Jacarepaguà qui ouvre la saison. Après des qualifications ratées avec le neuvième temps, Alain Prost manque son départ et perd quatre positions. Mais le pilote français remonte rapidement jusqu’à la première place après l’arrêt aux stands de Nelson Piquet. Il ne parvient cependant pas à, comme les années précédentes, s’imposer lors de la manche inaugurale de la saison. Au 30ème tour, le « Professeur » doit abandonner après que son moteur ait rendu l’âme. Il rattrape cet abandon par un podium sur le nouveau circuit de Jerez en Espagne. La troisième course de la saison a lieu à Imola, il s’empare de la tête de la course pour ne plus la quitter mais il faillit ne jamais voir la ligne d’arrivée quand, à un tour de la fin, il a dû ralentir afin de ne pas tomber en panne d’essence. Il parvient à rallier le drapeau à damier et s’impose pour la première fois de la saison.

A Monaco, Alain Prost triomphe pour la troisième fois consécutive en réalisant un magnifique hat trick. Après une sixième place acquise sur le circuit de Spa Francorchamps, il signe une série de quatre podiums consécutifs lors des Grand Prix du Canada, de Detroit, de France et de Grande-Bretagne. En Allemagne, alors qu’il occupe la première place, le Français doit ralentir afin de pouvoir finir l’épreuve sans tomber en panne sèche. Il se retrouve en quatrième position mais, à 100 mètres de l’arrivée, il n’y a plus d’essence dans sa McLaren. Alain Prost descend de sa voiture et la pousse pour pouvoir marquer le point de la sixième place. En Hongrie, il doit renoncer à la victoire suite à un problème électrique, avant de s’imposer dès le Grand Prix suivant en Autriche à Zeltweg. Pour l’épreuve italienne, à Monza, sa McLaren ne parvient pas à s’élancer. Il court donc dans les stands pour monter dans le mulet, ce qui est interdit. Le « Professeur » se voit présenter le drapeau noir, mais il reste cependant en course pendant plusieurs tours avant que son moteur ne tombe en panne.

Après une seconde place acquise au Portugal derrière Nigel Mansell, Alain Prost estime qu’il n’a plus de chance de remporter son second sacre cette année : "Vous savez, finir second ici est un bon résultat, mais je crois que maintenant ça va être dur pour le championnat... Mais je suis heureux pour Nigel, il l’a vraiment méritée cette année. Je me battrais jusqu’a la fin, évidemment, mais je crois qu’il faut être réaliste, Mansell vient sans doute de gagner le titre... mais ce n’est pas encore fini."

Au Mexique, Alain Prost devance cependant ses deux rivaux pour le titre et se retrouve à seulement six points du leader, Nigel Mansell. Dans un final haletant lors du dernier Grand Prix de la saison à Adélaïde, en Australie, il remporte la course tandis que Nigel Mansell est contraint à l’abandon et Nelson Piquet prend la deuxième place. Le « Professeur » parvient à remporter son deuxième titre de champion du monde de Formule 1 avec deux points d’avance sur Nigel Mansell et trois sur Nelson Piquet. Après son deuxième sacre, Alain Prost est revenu sur ce moment magique et sur le triste sort de Nigel Mansell, qui était pourtant bien parti pour l’emporter cette saison : "Je ne peux pas y croire, vous savez, c’est fantastique, je savais que c’était possible évidemment, j’étais confiant, confiant par rapport à ma voiture, mon équipe... Mais il me fallait impérativement ce brin de chance pour être titré... Et j’ai eu cette chance. C’est vraiment merveilleux. Je dois aussi dire que bon, je suis vraiment désolé pour Keke, car il a fait une course géniale, pour sa dernière, il a tout donné, et cela m’a grandement aidé. Et puis aussi, évidemment pour Nigel, je sais ce que c’est de perdre un championnat à la dernière course, c’est très dur pour lui."

La saison 1987 débute sous de mauvais auspices. Les McLaren-TAG d’Alain Prost et de Stefan Johansson sont en effet loin d’être les plus performantes. Le moteur Porsche est maintenant dépassé par le moteur Honda des Williams et des Lotus. Après les éditions 1982, 1984 et 1985, Alain Prost s’impose cependant de nouveau sur le circuit brésilien de Jacarepaguà devant Nelson Piquet et Stefan Johansson. A Saint-Marin, il subit une panne électrique dans le premier tour. Mais le 17 mai 1987, Alain Prost entre un peu plus dans la légende du sport automobile en égalant le nombre de 27 victoires en Grand Prix de Sir Jackie Stewart en s’imposant sur le mythique tracé de Spa-Francorchamps devant son équipier Johansson. Lors de l’épreuve suivante, sur le circuit monégasque, la malchance frappe de nouveau Alain Prost qui subit une casse moteur à quatre tours de l’arrivée alors qu’il était dans les points. Il s’en suit une série de deux podiums lors des Grands Prix de Detroit et de France. Puis le pilote français doit une nouvelle fois abandonner à cause de son moteur sur le circuit de Silverstone en Grande-Bretagne. Deux semaines plus tard, alors qu’il est dans les points, Alain Prost subit encore la défaillance de sa MP4/3 qui rencontre un problème électrique, à cinq tours de l’arrivée, alors qu’il occupait la tête de la course depuis le 23ème tour.

Les ennuis de fiabilité mis de côté, Alain Prost profite du Grand Prix de Hongrie 1987 pour remonter sur le podium. Puis, il finit à la sixième place lors de la course à Zeltweg en Autriche, concède quatre tours à l’arrivée sur le leader à Monza, avant de s’emparer du record de victoire en Grand Prix grâce à son triomphe sur le circuit portugais d’Estoril. Le Français bat ainsi le record de Jackie Stewart qui datait du 5 août 1973. Il signe un nouveau podium avec une seconde place, acquise derrière Nigel Mansell, lors du Grand Prix d’Espagne à Jerez. Les trois dernières manches de sa saison 1987 sont cependant un calvaire. Il ne parvient pas à entrer dans les points avec deux abandons au Mexique et en Australie entrecoupés par une septième place au Japon. Alain Prost finit la saison au quatrième rang du championnat derrière Nelson Piquet, Nigel Mansell et Ayrton Senna.
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Ecrit le mercredi 14 juillet 2010 à 10:26, par Julien Delfosse



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Alain Prost devient ambassadeur Renault

Message par Modena49 le Lun 21 Jan - 12:15:00

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Plus de 30 ans après les débuts de la belle histoire liant le quadruple Champion du Monde de Formule 1 à Renault, Alain Prost s’engage dans une nouvelle collaboration avec la marque Française. En acceptant le rôle d’ambassadeur, Alain Prost mettra toute son expertise technique, son professionnalisme et sa notoriété au service de Renault et de ses produits.

Tout au long de l’année, il pourra intervenir en tant que pilote Renault dans le cadre de démonstrations sportives, mais également en tant qu’intervenant et expert automobile lors d’événements organisés ou auxquels participe la marque au Losange.

“L’histoire de Renault est très étroitement liée à celle du sport automobile et je suis très attaché à cette marque avec laquelle j’ai écrit quelques unes des plus belles pages de ma carrière sportive”, a déclaré Alain Prost. “C’est donc tout naturellement et avec grand plaisir que j’ai accepté la mission de devenir ambassadeur de la marque Renault”.

Le Professeur a remporté quatre Championnats du Monde de Formule 1, dont un sur Williams Renault, en 1993.
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Ecrit le jeudi 23 février 2012 à 18:00, par Guillaume Navarro



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Le jour de gloire de Prost : La rivalité Prost-Senna

Message par Modena49 le Lun 21 Jan - 12:19:20

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ToileF1.com vous propose de découvrir ou redécouvrir de long en large la carrière du quadruple champion du monde Alain Prost, de ses premiers pas dans le monde sportif jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, ToileF1.com vous propose le quatrième volet de ce dossier spécial sur le meilleur pilote français intitulé : La rivalité Prost-Senna.

Pour sa sixième saison en Formule 1, au sein de McLaren, l’écurie britannique va beaucoup changer. Premièrement, sur le plan technique, la monoplace d’Alain Prost n’est plus équipée d’un moteur TAG mais d’un moteur V6 Honda. Et sur le plan sportif, le Français change d’équipier. En effet, McLaren a réussi à convaincre Ayrton Senna de rejoindre l’écurie. Le duo Prost-Senna représente l’équipe de rêve à cette époque. A l’ouverture de la saison 1988, Alain Prost s’impose une nouvelle fois lors de l’épreuve inaugurale de la saison sur le circuit brésilien de Jacarepaguà. Il s’empare de la seconde place du Grand Prix de Saint-Marin à Imola, la victoire revenant à son équipier, avant d’enchaîner deux succès sur les tracés de Monaco et de Mexico City.

Son nouvel équipier, Ayrton Senna, le bat lors des deux Grands Prix suivants au Canada et à Detroit, avant que le Français s’impose, pour la quatrième fois cette saison, à domicile sur le tracé du Paul Ricard en France. Après avoir signé sept podiums consécutifs, Alain Prost abandonne lors du Grand Prix de Grande-Bretagne car sa voiture avait une mauvaise tenue de route. Puis il réalise trois secondes places consécutives lors des manches allemande, hongroise et belge. A l’issue de la course tenue sur le circuit de Spa-Francorchamps, Alain Prost permet, avec l’aide d’Ayrton Senna, à McLaren de s’imposer au championnat des constructeurs alors qu’il reste encore cinq courses au calendrier.

En Italie, sur le circuit de Monza, Alain Prost est contraint à l’abandon à cause d’une panne moteur. Son équipier Ayrton Senna ne rallie également pas l’arrivée. Ce sera la seule fois de la saison que la victoire échappe à McLaren, le succès en terres italiennes revenant à Gerhard Berger sur Ferrari. Le Français se relève cependant bien vite de cet abandon en remportant les deux prochains Grands Prix au Portugal et en Espagne. Au Japon, sur le tracé de Suzuka, il s’empare de la seconde place derrière Ayrton Senna. Pour conclure la saison, il s’impose en Australie sur le tracé d’Adélaïde. Malgré une régularité remarquable tout au long de l’année 1988 où Alain Prost signe 14 podiums sur les 16 courses de la saison et deux abandons, les sept victoires du pilote Français ne lui permettent pas d’être champion du monde. A cette époque, seuls les 11 meilleurs résultats sont pris en compte pour le championnat et Ayrton Senna, bien qu’il a été moins régulier, possède une victoire de plus. Au final, le Brésilien s’impose au championnat avec 90 points, soit trois de plus qu’Alain Prost. Mais sur l’intégralité de la saison, c’est bien le Français qui dispose le plus d’unités, avec 105 points à son compteur contre 94 à son équipier Ayrton Senna.

Pour la saison 1989, Alain Prost a un seul objectif : récupérer son titre de champion du monde qu’il a perdu il y a déjà deux ans. La saison commence d’une belle façon avec une seconde position acquise sur le circuit de Jacarepaguà, à Rio de Janeiro. Au Grand Prix de Saint-Marin, à Monza, Alain Prost est en première ligne avec son équipier Ayrton Senna. Pour éviter tout accrochage entre eux, les deux pilotes McLaren signent un pacte de non-agression mais le Brésilien ne le respecte guère longtemps et dépasse Alain Prost. Le Français, furieux, entretiendra des relations tendues avec Ayrton Senna tout au long de la saison. Cet incident marque le début d’une lutte sans merci entre les deux hommes, que ce soit sur la piste ou en dehors, à l’aide de déclarations extrêmement bien utilisées par la presse. Alain Prost, finalement deuxième à Imola, enchaîne par le même résultat dans les rues de la Principauté de Monaco.

Il connaît une course bien plus difficile au Mexique où il finit cinquième, mais il redresse la barre dès le Grand Prix des Etats-Unis en s’imposant sur le tracé de Phoenix. Il en fait de même au Grand Prix de France, au Paul Ricard, alors qu’il avait abandonné la course précédente à Montréal. Alain Prost enchaîne une seconde victoire d’affilée à Silverstone, en Grande-Bretagne. Ayrton Senna le devance en Allemagne pour la victoire.

La suite de la saison commence par une quatrième place acquise en Hongrie et une seconde en Belgique. Alain Prost prend ensuite le large au championnat en profitant de sa victoire acquise en Italie, sur le circuit de Monza, et de l’abandon d’Ayrton Senna. C’est à ce moment-là qu’il annonce qu’il ne pilotera plus pour McLaren mais pour Ferrari dès le début de la saison 1990. Au Portugal, il monte une nouvelle fois sur la deuxième marche du podium, derrière Gerhard Berger, sur le circuit d’Estoril. Il s’en suit une troisième place en Espagne. Au Japon, sur le tracé de Suzuka, Alain Prost décroche son troisième sacre mondial alors qu’il ne finit pas la course. Au 47ème tour de l’épreuve, il était en tête de la course mais Ayrton Senna revenait sur lui. Le Brésilien a tenté une attaque au niveau de la chicane, mais Alain Prost a fermé la porte et les deux pilotes se sont accrochés. Le Français a dû abandonner, alors qu’Ayrton Senna a remporté la course. Peu de temps après l’arrivée, il est cependant déclassé pour avoir court-circuité la chicane du circuit, ce qui offre le titre sur tapis vert à Alain Prost. Pour la dernière manche de la saison en Australie, le tout nouveau champion du monde refuse de courir à cause de la pluie qui s’abat sur le circuit d’Adélaïde. A la fin de la saison, il quitte enfin McLaren dans une ambiance tendue, tant avec ses dirigeants qu’avec son équipier pour rejoindre la mythique Scuderia Ferrari.
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Ecrit le dimanche 29 avril 2012 à 15:00, par Julien Delfosse



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Le jour de gloire de Prost : L’arrivée au sein de la Scuderia

Message par Modena49 le Lun 21 Jan - 12:22:17

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ToileF1.com vous propose de découvrir ou redécouvrir de long en large la carrière du quadruple champion du monde Alain Prost, de ses premiers pas dans le monde sportif jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, ToileF1.com vous propose le cinquième volet de ce dossier spécial sur le meilleur pilote français intitulé : L’arrivée au sein de la Scuderia.

Après 10 saisons passées en Formule 1, Alain Prost ouvre un nouveau chapitre de sa carrière en devenant pilote de la Scuderia Ferrari après sept saisons passées chez McLaren entrecoupées de trois années chez Renault. Le premier Grand Prix de la saison n’a pas lieu au Brésil comme d’accoutumée, sur le circuit de Jacarepaguà qui lui a toujours fort souri, mais aux Etats-Unis sur le tracé de Phoenix. Sa première course pour le compte de l’écurie italienne est loin d’être réussie. Elle se conclut par un abandon au 21ème tour suite à une fuite d’huile. Malgré le fait que la manche brésilienne du championnat, deuxième épreuve de la saison, se soit déplacée sur le circuit d’Interlagos cette saison, Alain Prost remporte son sixième Grand Prix du Brésil. Après la course, il revient sur sa performance et qualifie sa course de parfaite : "Vous savez, je m’en fous que ce soit au Brésil, devant les fans de [d’Ayrton] Senna. On a beaucoup travaillé cet hiver, on s’attendait à être très rapidement compétitifs... Phoenix, ça a été très mauvais pour nous. Les qualifications n’ont pas été très bonnes non plus, alors j’ai essayé de pousser dès le début de la course afin de gagner, c’est l’une des plus belles victoires dans ma carrière, la course a été parfaite."

Lors de la troisième épreuve de la saison, sur le circuit d’Imola, Alain Prost ne parvient à prendre que la quatrième place, avant d’abandonner lors du Grand Prix suivant à Monaco. Dans les rues de la Principauté, ’le Professeur’ rencontre des problèmes avec la batterie de sa Ferrari qui le contraint à l’abandon, le second de l’année. Puis il retrouve le chemin des points avec une cinquième place acquise au Canada avant de revenir sur la plus haute marche du podium dès le Grand Prix du Mexique. Une victoire qu’Alain Prost ne pensait pas du tout récolter vu sa 13ème position sur la grille de départ : ’"Après le warm-up de ce matin, je m’attendais à faire une bonne course parce que je sentais que la monoplace était bien. Mais évidemment... je ne pouvais pas m’attendre à la gagner... c’est fantastique pour moi..." Le Français récidive lors des deux courses suivantes au Paul Ricard et à Silverstone où il se replace dans la course au titre aux côtés d’Ayrton Senna. En Allemagne, il termine à la quatrième place, avant d’être à nouveau trahi par sa mécanique lors du 36ème tour du Grand Prix de Hongrie, la faute à la boîte de vitesse cette fois-ci. En Belgique, sur le toboggan des Ardennes, Alain Prost finit à la deuxième place derrière Ayrton Senna qui a désormais 13 points d’avance sur le pilote français. Un résultat qui se reproduit dès le Grand Prix suivant en Italie.

Au Portugal, Alain Prost finit troisième et annonce avec dépit que selon lui Ayrton Senna est le champion du monde de Formule 1 de la saison 1990 : Je n’ai pas grand chose à dire... peut-être que c’est une de mes courses les plus malchanceuses de ma carrière... Pour le championnat, je n’y crois plus, je pense qu’Ayrton a gagné maintenant..." En Espagne, sur le tracé de Jerez de la Frontera, Alain Prost profite de sa victoire et de l’abandon d’Ayrton Senna pour revenir à neuf points du pilote brésilien au classement. Il prend la seconde position lors des qualifications aux côtés d’Ayrton Senna au Japon. Au départ, le Français prend le meilleur envol et vire en tête mais son ancien équipier provoque un accrochage voulu en percutant le Français, ce qui lui offre automatiquement le titre. Alain Prost revient, peu avant la dernière course de la saison à Adélaïde, sur l’accident qui a eu lieu entre lui et Ayrton Senna à Suzuka : "C’est de SA faute à 100%. J’ai vu les vidéos de l’hélico, de la piste. C’est vraiment mauvais d’essayer de montrer les choses comme ça. Mais je suis expérimenté, je suis dans le milieu depuis un bon moment déjà, et je n’ai jamais menti. Que ce soit à la presse ou aux autres. J’ai peut-être dis parfois des choses qui pouvaient être dures à comprendre pour les gens qui ne sont pas forcément aussi impliqués que moi... mais je n’ai jamais menti. Son geste était complètement délibéré et c’est ce que je n’accepte pas. Si seulement il avait une chance de passer, ok, mais ce n’était même pas le cas. Il a heurté mon aileron et non pas ma roue comme il l’aurait fait s’il avait réellement voulu me dépasser. Dès lors, je ne veux plus en parler, c’est mauvais pour nous, pour le sport, pour les équipes etc." . La frustration d’Alain Prost est telle que le Français refusera de poser pour la photo de groupe de fin de saison. Pour le dernier Grand Prix de l’année en Australie, il termine sur la troisième marche du podium et s’adjuge la deuxième place du championnat à sept points d’Ayrton Senna.

Après avoir perdu son titre de champion du monde au profit de son ancien équipier et grandissime rival, Alain Prost hésite durant une longue période sur la suite de sa carrière après avoir été très déçu de la façon dont il a perdu le titre suite à son accrochage avec Ayrton Senna à Suzuka. Après une longue période de réflexion, le pilote français décide de continuer avec Ferrari pour la saison 1991. Pour la deuxième fois consécutive, le championnat débute aux Etats-Unis sur le circuit de Phoenix. Alain Prost s’empare de la seconde position derrière Ayrton Senna. Le Grand Prix du Brésil, qui réussi si bien à Alain Prost depuis le début de sa carrière en Formule 1, se court de nouveau sur le circuit d’Interlagos à Sao Paulo depuis la saison 1990. ’Le Professeur’ ne parvient cependant pas à rééditer sa victoire l’année précédente. Il s’adjuge la quatrième place à 18 secondes du vainqueur Ayrton Senna. A Imola, pour le troisième Grand Prix de la saison, Alain Prost s’est qualifié en troisième position mais, dans le tour de chauffe, il part en tête-à-queue dans Rivazza et cale. C’est l’abandon alors qu’il n’a pas bouclé un seul tour durant cette course, remportée à nouveau par Ayrton Senna.

En terres monégasques, Alain Prost occupe la troisième place avant d’être contraint de rentrer aux stands. Il doit laisser passer Jean Alesi et Roberto Moreno. Le Français finit cinquième, alors que son grand rival brésilien signe un quatrième succès de rang cette saison et reste imbattable jusqu’à présent. Alain Prost subit deux casses mécaniques consécutives au Canada et au Mexique à cause de sa boîte de vitesses puis de son alternateur. L’épreuve suivante du championnat se déroule sur le nouveau circuit de Nevers Magny-Cours. Ce nouveau tracé permet à Alain Prost de monter sur le podium pour la deuxième fois de la saison à la seconde place. Il récidive une semaine plus tard lors du Grand Prix d’Allemagne en montant sur la troisième place du podium. En Allemagne, le duel Prost-Senna reprend de plus belle. A huit tours du but, il tente de dépasser le Brésilien, mais celui-ci ferme la porte et oblige le pilote français à aller dans l’échappatoire. Il cale, c’est l’abandon. Un abandon qui se répète en Hongrie et en Belgique, mais cette fois, Alain Prost subit une casse mécanique de son moteur Ferrari sur le Hungaroring et une fuite d’essence à Spa-Francorchamps.

Le Grand Prix d’Italie sur les terres de Ferrari voit le retour d’Alain Prost dans les points grâce à une troisième place au final. Au Portugal, c’est une nouvelle fois le moteur de sa Ferrari qui pousse le Français à l’abandon. Il finit à la seconde place sur le nouveau tracé de Barcelone, en Espagne, et termine quatrième à Suzuka. Avant l’ultime manche de la saison en Australie, Alain Prost est limogé par la Scuderia Ferrari qui juge certaines de ses réflexions offensantes à l’égard de l’équipe italienne. C’est l’Italien Gianni Morbidelli qui remplace le champion du monde français pour un Grand Prix qui ne dure que 24 minutes.
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Ecrit le mercredi 02 mai 2012 à 14:06, par Julien Delfosse



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Le jour de gloire de Prost : Le retour gagnant du Professeur

Message par Modena49 le Lun 21 Jan - 12:25:31

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ToileF1.com vous propose de découvrir ou redécouvrir de long en large la carrière du quadruple champion du monde Alain Prost, de ses premiers pas dans le monde sportif jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, ToileF1.com vous propose le sixième volet de ce dossier spécial sur le meilleur pilote français intitulé : Le retour gagnant du Professeur.

Faute de volant intéressant et surtout forcé par Ferrari, Alain Prost décide de prendre une année sabbatique en 1992. Lors du Grand Prix du Japon 1991, avant-dernière manche du championnat, le Français avait connu une course très éprouvante en raison d’un problème de direction qui avait rendu sa Ferrari quasiment inconduisible. A la fin de l’épreuve, épuisé, il avait indiqué : "Un camionneur avec de gros bras aurait pris plus de plaisir que moi." Ses propos ont suscité une vive indignation auprès des dirigeants de la Scuderia, à tel point qu’Alain Prost avait aussitôt été mis à pied pour la dernière course de la saison en Australie. A la suite d’un procès engagé pour licenciement abusif, pour autant qu’on le sache, Ferrari a payé le Français à ne rien faire en 1992, c’est-à-dire à ne courir ni pour Ferrari ni contre Ferrari. Alain Prost en profite donc pour devenir pendant un an commentateur de Grand Prix à la télévision. Cette année-là, il s’entraîne également durement pour maintenir une forme nécessaire à tout pilote de Formule 1. C’est notamment à cette époque qu’il découvre le cyclisme. Un sport qu’il va pratiquer pour soigner ses problèmes de genoux sur les conseils de son kiné-ostéopathe.

Après une année passée loin des circuits, Alain Prost revient à la compétition dans l’écurie Williams Renault avec pour objectif de remporter un nouveau titre mondial. Lors de sa signature avec Williams, qui a dominé le championnat 1992 avec Nigel Mansell, Alain Prost spécifie dans son contrat qu’il ne veut pas d’Ayrton Senna comme équipier, ce qui prouve que, malgré une année loin du monde de la Formule 1, ’le Professeur’ a toujours de la rancœur pour le Brésilien. Durant l’intersaison, il travaille sans relâche sur sa monoplace, la FW15C, afin de pouvoir s’imposer le plus régulièrement possible. Pour son retour dans la discipline, Alain Prost s’impose dès la manche inaugurale du championnat, en Afrique du Sud, avec plus d’une minute d’avance sur le second, son grand rival de toujours Ayrton Senna. Lors de la deuxième manche au Brésil, Alain Prost est victime d’un accident alors qu’il mène la course depuis le premier tour, en étant parti de la pole position. Cet accident le pousse à abandonner après 29 tours.

La course suivante, sur le circuit de Donington Park, voit le Français monter sur la troisième marche du podium. Sur le circuit Enzo e Dino Ferrari à Saint-Marin, il s’impose devant le débutant mais prometteur Michael Schumacher. Il récidive en Espagne en remportant sa troisième victoire de la saison, mais cette fois, Alain Prost devance son grand rival Ayrton Senna. Dans les rues de la Principauté de Monaco, il ne prend que la quatrième place alors qu’il était parti de la pole position. Au Canada, sur le tracé Gilles Villeneuve, il réalise sa septième pole position consécutive le samedi et, le lendemain, il s’empare de la victoire devant Michael Schumacher. Alain Prost enchaîne ensuite avec trois nouveaux succès en France, Grande-Bretagne et Allemagne. Lors de la course en Grande-Bretagne, à Silverstone, Alain Prost devient le premier pilote de l’histoire de la Formule 1 à franchir le cap des 50 victoires en Grand Prix.

En Hongrie, la série de victoires d’Alain Prost est stoppée nette quand le Français finit à sept tours de son équipier Damon Hill. Regain de forme sur le toboggan des Ardennes, qui le voit franchir la ligne d’arrivée à la troisième place. En Italie, le « Professeur » doit renoncer suite à un problème survenu son moteur à cinq tours de l’arrivée alors que, jusque là, il menait l’épreuve. La course sur le tracé d’Estoril, au Portugal, voit Alain Prost remporter son quatrième et dernier sacre en Formule 1. Lors de ce Grand Prix, il s’empare de la seconde place derrière Michael Schumacher. Pour les deux dernières courses de la saison, au Japon et en Australie, Alain Prost termine sa carrière par deux secondes places. Pour son retour en Formule 1, le Français a donc dominé sa dernière saison dans la catégorie reine du sport automobile, avec pas moins de 13 pole positions, sept victoires et en ayant glané son quatrième sacre de champion du monde avec pas moins de 23 points d’avance sur son équipier.

Fatigué par sa saison et blessé par certaines critiques de la presse et de son équipe, Alain Prost décide de mettre définitivement un terme à sa carrière en Formule 1. Pour son départ de la discipline, Alain Prost et Ayrton Senna se félicitent mutuellement sur le podium en Australie. Après avoir été les pires ennemis en piste, le Français et le Brésilien oublient leurs différends et se réconcilient au moment où ’le Professeur’ quitte la Formule 1.

Bien qu’il ait mis un terme à sa carrière en Formule 1, Alain Prost reste fortement lié à la discipline dans laquelle il a gagné quatre titres de champion du monde. Dès 1994, il reprend son rôle de commentateur sur la chaîne française TF1. Lors du Grand Prix de Saint-Marin en 1994, Alain Prost est définitivement réconcilié avec Ayrton Senna. Dans une image en caméra embarquée, le Brésilien déclare avant son tour lancé : "Avant de commencer [le tour], un bonjour spécial à mon... à notre ami, Alain. Tu nous manques à tous, Alain !" C’est malheureusement en direct qu’Alain Prost vit, comme des millions de personnes à travers le monde, la mort de son ami Ayrton Senna. Selon les différents témoins de l’époque, le Français compris dès l’instant où la Williams du Brésilien tapa le mur que quelque chose de grave était arrivé à son ami.

La réaction d’Alain Prost ne se fait pas attendre et on ressent l’émotion dans les quelques mots du Français qui vient de perdre son plus grand rival de toujours et son ami : "Ce [la mort d’Ayrton Senna] fut comme un deuxième coup d’arrêt à ma carrière. Je n’ai plus vu la F1 de la même façon ensuite. C’était trop fort. J’y pense souvent, très souvent. Dix ans après, je constate toujours la popularité qu’il a et celle que j’ai toujours. Ayrton et moi avons écrit les plus belles années de la F1. Et d’une manière totalement naturelle. Les gens se rendent compte de cela et peut-être plus encore aujourd’hui. C’est idiot, mais je me pose souvent la question de savoir ce qu’il serait devenu. Je pense qu’il serait rentré au Brésil. Tranquillement."

"La perte est irréparable, nous le savons tous. Mais nous savons aussi que le temps passe et fait oublier les douleurs les plus vives. C’est vrai que ça fait encore mal. Mais, dans le monde de la course, on ne peut pas toujours penser à des événements comme celui-là : ils s’estompent...En revanche, personne n’oublie vraiment. On n’en parle pas, mais on y pense. Notre guerre fratricide était presque logique, normale et elle nous a servi un petit peu à tous les deux. Elle était dans le cadre du sport, elle le dépassait un peu de temps en temps, mais elle était tellement belle et incroyable. Je pense qu’on n’est pas près d’en trouver une comme ça..."

"Année après année, ma façon de voir la F1 a évolué. Je ne me levais plus le matin et je ne me couchais plus le soir en pensant à elle. Je n’en rêvais plus la nuit, je ne me sacrifiais plus pour elle. Je préférais un parcours de golf à une heure de plus dans le paddock. A l’inverse d’Ayrton. Lui, semblait venir d’un autre monde. Il fallait apprendre à le connaître et accepter son étrange personnalité. Ayrton m’avait souvent appelé depuis ma retraite, pour me dire des choses fort sympathiques. J’en avais été étonné ! Il me posait aussi des questions sur le comportement difficile de la Williams et je lui avais confirmé que, moi-même, j’avais rencontré des soucis pour trouver ma position avec ce volant très bas. Il avait aussi été surpris par l’ambiance au sein de l’équipe. Vingt minutes avant le départ d’Imola, j’étais allé le saluer dans le garage Williams. Je l’ai retrouvé en train de s’étirer, l’air soucieux. On sentait qu’il n’était pas bien. Parfois, chez McLaren, il s’enfermait dans les toilettes pendant plus d’un quart d’heure avant le départ. Mais là, il y avait autre chose."

En 1995, Alain Prost effectue un retour dans l’écurie pour laquelle il a le plus couru, McLaren. Mais cette fois, il n’est plus pilote, mais il officie en qualité de conseiller technique de luxe et de pilote d’essai. L’année suivante, il est même le premier pilote, avant les pilotes titulaires, à tester la nouvelle McLaren. Le Français aurait pu redevenir pilote de course pour la saison 1996 avec McLaren, mais son second retour ne se produit pas. Plusieurs années après, dans une émission, Alain Prost et Jean Todt révélèrent que si Michael Schumacher ne s’était pas engagé avec la Scuderia Ferrari, ’le Professeur’ aurait fait son retour en compétition.
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Ecrit le samedi 05 mai 2012 à 09:30, par Julien Delfosse



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Le jour de gloire de Prost : L’aventure Prost Grand Prix

Message par Modena49 le Lun 21 Jan - 12:28:01

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ToileF1.com vous propose de découvrir ou redécouvrir de long en large la carrière du quadruple champion du monde Alain Prost, de ses premiers pas dans le monde sportif jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, ToileF1.com vous propose le septième volet de ce dossier spécial sur le meilleur pilote français intitulé : L’aventure Prost Grand Prix.

Alain Prost décide en février 1997 de racheter l’écurie Ligier pour 12 millions de dollars à Flavio Briatore, équipe qu’il rebaptise Prost Grand Prix. Ce rachat s’accompagne d’un partenariat avec Peugeot Sport pour la fourniture de moteur dès la saison 1998 et ce pour trois années. Le Français comptait au début sur partenariat avec Peugeot pour une fourniture de moteurs gratuits pendant cinq saisons, comme la plupart des partenariats avec un grand constructeur. Mais suite à l’arrivée du nouveau PDG Jean-Martin Folz, succédant à Jacques Calvet, fan de Formule 1, le motoriste s’est ravisé.

Bien ce contrat avec Peugeot Sport, les monoplaces de Prost Grand Prix ont pour leur première saison en Formule 1, en 1997, des moteurs Mugen-Honda et des pneumatiques Bridgestone après que Flavio Briatore ait réussi à décrocher un fructueux partenariat avec le manufacturier japonais avant de céder l’écurie à Alain Prost. Le quadruple champion du monde engage Olivier Panis et Shinji Nakano pour piloter les deux JS45 (JS étant la dénomination traditionnelle chez Ligier). Les débuts de l’écurie sont prometteurs. Olivier Panis occupe même la troisième place du championnat après la sixième épreuve du championnat, en Espagne. Mais un grave accident lors du Grand Prix suivant, au Canada, contraint le pilote français à rester loin des circuits pour la fin de la saison. Son remplaçant, Jarno Trulli, ne déçoit cependant pas. Il parvient même à mener la course en Autriche, mais il abandonne suite à un problème moteur. A l’issue de l’année 1997, le bilan est assez flatteur. Pour sa première saison en tant que propriétaire d’écurie, Alain Prost et ses hommes finissent à la sixième place du championnat des constructeurs avec 21 points et parviennent à monter sur le podium à deux reprises au Brésil et en Espagne.

Pour la seconde saison de Prost Grand Prix, le nom de code des monoplaces change et devient désormais AP01, pour Alain Prost 01. Le moteur Peugeot Sport est enfin greffé aux bolides d’Alain Prost qui sont pilotés par Olivier Panis, qui fait son retour après sa blessure, et Jarno Trulli. Mais la saison 1998 est beaucoup plus difficile pour l’écurie française. Jarno Trulli parvient à entrer dans le top 6 à Spa-Francorchamps pour ce qui est l’unique point de la saison de l’équipe, qui ne termine qu’à la neuvième place du championnat des constructeurs.

En 1999, Alain Prost décide de conserver Olivier Panis et Jarno Trulli aux postes de pilote titulaire. L’équipe ne subit aucun changement par rapport à l’année précédente. La AP02 est plus performante que sa prédécesseur, mais l’écurie française n’est pas en mesure de jouer constamment les premiers rôles. La meilleure course de la saison de Prost Grand Prix a lieu lors du Grand Prix d’Europe, sur le circuit du Nürburgring. Olivier Panis se qualifie à la cinquième place, mais il ne parvient pas à concrétiser son bon résultat en course où il ne termine qu’au neuvième rang. Jarno Trulli permet cependant à l’écurie de garder la tête haute, en montant sur la deuxième marche du podium derrière Johnny Herbert. Prost Grand Prix termine la saison à la septième place du championnat des constructeurs avec neuf points.

L’année 2000 est compliquée pour l’écurie française. Les deux pilotes sont remplacés par Jean Alesi et Nick Heidfeld. Ils ne parviennent cependant pas à terminer dans les points tout au long de la saison qui est marquée par la séparation entre Prost Grand Prix et Peugeot. Un rapport de force entre Alain Prost et Peugeot Sport a lieu tout au long de l’année et a pour point culminant le Grand Prix de France, à Magny-Cours, où les mécaniciens de Peugeot font symboliquement grève, lassés par les critiques récurrentes du Français sur la marque au Lion. A la fin de la saison, Peugeot annonce son retrait de la Formule 1 et contraint donc Prost Grand Prix à trouver un nouveau motoriste pour la saison 2001.

Pour sa cinquième saison en Formule 1, Prost Grand Prix signe un accord avec Ferrari pour la fourniture de moteurs. Mais même si le V10 Ferrari 049C est plus performant et plus fiable que le moteur Peugeot A20, le prix du V10 de la Scuderia est extrêmement cher pour Prost Grand Prix qui doit faire appel à de pilote payant pour s’acquitter des 28 millions réclamés par Ferrari. L’écurie d’Alain Prost doit également faire face au départ de son sponsor principal et les pneus Bridgestone sont remplacés par les Michelin. Lors des essais hivernaux, Jean Alesi signe des chronos impressionnants mais les AP03 étaient boostées au niveau des performances afin d’attirer le regard des sponsors.

Le Français conserve son baquet de titulaire, mais la seconde monoplace est attribuée à un pilote payant, l’Argentin Gaston Mazzacane. Il n’impressionne guère et est remplacé dès le cinquième Grand Prix par Luciano Burti. Jean Alesi claque ensuite la porte de Prost Grand Prix à l’issue du Grand Prix d’Allemand qu’il termine dans les points à la sixième place. Il est remplacé par Heinz-Harald Frentzen. La malchance continue de s’abattre sur l’écurie française. La saison de Luciano Burti est stoppée nette lors de la 14ème manche du championnat, à Spa-Francorchamps. Il est gravement blessé à la suite d’un terrible accident où il est allé s’encastrer dans un mur de pneus à plus de 300 km/h après un contact avec Eddie Irvine. Le Brésilien est remplacé par Tomas Enge. Au final, Prost Grand Prix marque quatre points et termine à la neuvième place du championnat. Les difficultés financières sont de plus en plus présentes pour Prost Grand Prix qui est mise en liquidation judiciaire le 15 janvier 2002.

Après l’échec de son aventure en Formule 1 comme patron d’écurie, Alain Prost se concentre sur sa vie privée. Mais l’appel de la course est le plus fort. Il fait son retour à la compétition en 2004 dans le Trophée Andros après avoir mené des essais concluants en 2003. Au volant d’une Toyota Corolla, sur les pistes enneigées du Trophée Andros, le Français signe rapidement de nombreuses victoires et termine sa première saison à la seconde place du championnat derrière le spécialiste de la catégorie, Yvan Muller. ’Le Professeur’ remporte trois fois le championnat en 2007, en 2008 et en 2012.
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Ecrit le lundi 07 mai 2012 à 13:08, par Julien Delfosse



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Prost : "Il fallait attaquer comme une bête"

Message par Modena49 le Lun 21 Jan - 12:30:48

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On parle d’Ayrton Senna comme du Prince de Monaco. Le pilote Brésilien demeure celui ayant collecté le plus de succès en Principauté (6 fois). Mais comme à chaque fois que l’on évoque Senna, Alain Prost n’est jamais loin. Le Professeur compte à son actif quatre poles et autant de victoires sur un tracé qui ne récompense que les meilleurs.

“C’est un Grand Prix qui émaille une carrière de joies et de frustrations”, se rappelle Prost dans Le Figaro. “À Monaco, on se rend compte qu’une victoire, c’est vraiment fragile. En 1982, je suis en tête avant de rencontrer un problème technique ; l’année suivante je suis en pole avec la Renault mais la météo nous joue des tours, et je ne signe ma première victoire qu’en 1984”.

Une année lors de laquelle la course sera interrompue en raison de la pluie, et où seule la moitié des points fut allouée.

“Si nous avions fini la course à Monaco, même la deuxième place derrière Senna m’aurait suffi”, poursuit Prost dans le quotidien français. “Il n’y a pas d’amertume, on pourrait refaire tous les championnats de cette manière-là… Pour Prost, piloter à Monaco représentait un réel plaisir en tant que pilote, et un degré de difficulté réel”.

“Monaco, question pilotage, c’est un must, un plaisir compliqué. C’est le circuit où je m’imagine encore parfois dans la voiture. J’adorais. Au volant d’une bonne auto, c’est quelque chose d’incroyable. À l’époque des turbos, sans direction assistée, c’était très physique. Les vitesses étaient au levier, on pilotait d’une main en appui, on finissait avec la paume de la main à vif, le bras ankylosé, quitte pour une bonne tendinite. Il fallait attaquer comme une bête mais savoir préserver le matériel, sachant que le comportement de la voiture évoluait énormément. L’exercice était très difficile”.
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Ecrit le vendredi 25 mai 2012 à 10:00, par Guillaume Navarro



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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par dom465 le Jeu 30 Mai - 9:50:15

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Je me souviens, en 1978, j'étais à Zandvoort où j'accompagnais mon pote Thierry Boutsen qui participait, et archi-dominait, au championnat Benelux de Formule Ford.
Lors de la première séance d'essait de la manche du Championnat d'Europe de F3, je me trouvais au virage de Tarzan. En France, on ne cessait de parler du nouveau prodige Alain Prost et je me suis dit que j'allais le surveiller.
Je le regarde passer et me dis : "Bof, pas terrible. Il n'avance pas et n'attaque même pas.
Fin des essais, je regarde les temps : Prost une seconde devant tout le monde !!!!!
Là, je me suis quand même dit qu'il y avait un truc spécial. C'était le style anti-spectaculaire mais hyper-efficace de Prost !
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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par dom465 le Jeu 30 Mai - 10:07:30

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Alain Prost : le 4ème titre, il y a vingt ans déjà

Message par Modena49 le Jeu 27 Juin - 12:43:54

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Etrange saison que 1993 pour Alain Prost. De nombreuses tergiversations avaient marqué son retour, depuis sa mise à pied par Ferrari fin 1991 et l'année sabbatique volontaire qu'il s'était octroyé en 1992 (alors qu'il aurait pu courir sur Ligier-Renault). Très tôt, le Français avait jeté son dévolu sur Williams, dont la FW14B survolait le championnat comme rarement, en permettant à Nigel Mansell de décrocher la couronne mondiale dès le mois d'août à Budapest. Alain avait déjà signé au printemps, ce qui eut pour effet de fâcher Mansell - dont les exigences financières servirent de prétexte à Williams pour le virer - et Senna, dont une clause du contrat empêchait la venue. Prost était donc paré pour profiter de la meilleure voiture du moment et renouer ses liens avec Renault, flanqué du quasi débutant Damon Hill comme équipier.

Mais la Williams FW15 fut moins dominatrice que la monoplace de l'année précédente, même si elle conservait une marge sur la concurrence grâce à sa suspension active : Prost remplit son contrat, en gagnant six Grands Prix et un nouveau titre, même si le triomphe manqua singulièrement de saveur. Il ne se sentait pas en osmose avec l'écurie Williams, dans laquelle les relations humaines n'ont jamais été une priorité, et il était déçu du manque de reconnaissance que lui accordait les médias, français en particulier.

Quand, vers la fin de l'été, il réalisa que Frank Williams allait tenter de lui imposer une nouvelle cohabitation avec Ayrton Senna, Alain eut beau agiter son contrat, rien n'y fit : même Renault souhaitait l'arrivée du Brésilien. Du coup, démotivé par cet environnement hostile, le "Professeur" décida d'en rester là, en renonçant à la seconde année de son accord avec Williams-Renault pour se retirer en pleine gloire.

Cette décision le rapprocha curieusement de Senna, son ennemi de toujours, et on réalisa très vite que l'un n'allait pas sans l'autre. Soulagé, Prost termina la saison en roue libre, laissant Ayrton s'imposer avec panache dans ses deux derniers Grands Prix pour McLaren, au Japon et en Australie. La hache de guerre enterrée, les deux hommes purent faire la paix, avant de se rapprocher davantage encore en décembre - lors du Master de Bercy en karting - puis au début de l'année 1994, comme nous le racontons dans la deuxième partie de notre évocation de la carrière du quadruple Champion du monde

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