La création du Paul-Ricard

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La création du Paul-Ricard

Message par Modena49 le Sam 19 Jan - 4:46:24

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Dans les années 60, alors que Jackie Stewart se faisait l’ambassadeur de la sécurité en F1, se rendant impopulaire auprès du public, qui attendait de l’héroïsme de la part des pilotes, la croisade de l’Ecossais fut relayée par Paul Ricard, qui fit construire un circuit ultra-moderne au Castellet, véritable référence de la sécurité.

Spa Francorchamps, 1966. Jackie Stewart se blesse sur le toboggan des Ardennes. Il constate avec effroit qu’aucune antenne médicale n’est disponible

Le premier circuit au monde à en disposer sera le circuit du Paul Ricard, au Castellet.

Roi du pastis, Paul Ricard se passionne pour la compétition automobile. En 1962, il avait créé un aérodrome sur le plateau de Camp entre Marseille et Toulon. Sur ces hectares de rocaille qui font la terre de Provence, le magnat du pastis Pernod Ricard se dote donc d’un outil pour ses affaires.
En 1969, l’aérodrome se mue en circuit automobile, Paul Ricard s’appuyant sur les conseils de Jean-Pierre Beltoise, pilote professionnel à l’époque. La gestion du circuit est confiée en 1970 à François Chevalier, qui occupera ce poste pendant trois décennies.

Paul Ricard fut maire de Signes de 1972 à 1980, commune où il possédait un vaste domaine de mille hectares. C’est donc près de ce village de l’arrière-pays varois que sera construit le circuit du Castellet.

Nichédans le département duVar, bercé par le chant des cigales, le circuit Paul-Ricard fut l’écrin du calendrier mondial pendant les années 70.

Dès 1971, le Castellet est l’hôte du Grand Prix de France. Jackie Stewart, sur Tyrrell Cosworth, inaugure le palmarès du circuit méditerranéen, qui sera souvent mis en concurrence avec le tracé de Dijon Prenois. En 1978, le circuit Paul-Ricard accueille le Bol d’Or, prestigieuse compétition de moto.

Successeurs de Reims Gueux, Rouen et Charade, le Castellet et Dijon-Prenois seront ensuite surclassés par le circuit de Nevers Magny-Cours, imposé par François Mitterrand en personne, conséquence directe de son amitié avec Guy Ligier.

Quant à Paul Ricard, il se lança ensuite d’autres défis dans le monde du sport, étant le mécène des navigateurs français Alain Colas puis Eric Tabarly.

Réputé circuit le plus sûr du monde, le Castellet eut tout de même à déplorer l’accident mortel d’Elio de Angelis en mai 1986, lors d’une séance d’essais privés. La Brabham-BMW BT55du pilote italien avait cependant perdu son aileron arrière dans la ligne droite des Verrières, à plus de 300 km/h...

L’édition 1986 du Grand Prix fut très symbolique. Par un doublé de ses monoplaces, les FW11 propulsées par les fabuleux turbos Honda, Nigel Mansell devant Nelson Piquet, Frank Williams vengeait le douloureux souvenir du Castellet. C’est en effet en revenant du circuit provençal pour joindre l’aéroport de Marseille que le patron de l’écurie Williams eut un accident de voiture qui devait le laisser paraplégique à vie, à 43 ans. En 1987, Williams-Honda signa un nouveau doublé Mansell - Piquet au Castellet.

Malgré lesdeux victoires de Mansell en 1986 et 1987, le roi du Castellet fut incontestablement Alain Prost, dont le circuit fétiche était cependant Estoril, au Portugal. Vainqueur à six reprises du Grand Prix de France (record ensuite battu par Michael Schumacher avec huit succès), le Professeur s’imposa quatre fois au Paul-Ricard: en 1983 avec Renault, en 1988 et 1989 avec McLaren et en 1990 avec Ferrari. Les deux autres succès de Prost à domicile furent acquis en 1981 à Dijon-Prenois avec Renault et en 1993 à Magny-Cours avec Williams.

En 1988, Prost montra toute sa science de course en piégeant Ayrton Senna lors du dépassement d’un retardataire, Pierluigi Martini, au freinage du Beausset, double droite très technique. Mais Senna allait se venger en alignant quatre victoires consécutives

A nouveau vainqueur sur McLaren-Honda en 1989, Prost remporta une troisième victoire consécutive en 1990, avec la Scuderia Ferrari. Le Grand Prix avait été dominé par Ivan Capelli, sur sa March, conçue et dessinée par Adrian Newey. Sur le billard du Castellet, circuit sans bosses, la March filait comme le vent, évoluant à la perfection, nantie d’un effet de sol idéal. Sur des circuits bosselés tels qu’Interlagos ou Mexico, la March rentrait dans le rang, au milieu du peloton, loin des bolides de pointe comme la McLaren et la Ferrari. Le jeune ingénieur qu’était Adrian Newey découvrait l’écart entre théorie et pratique en aérodynamique ... Cependant, malgré le cavalier seul de Capelli, qui sera ensuite victime de coupures moteur, Alain Prost réussit un dépassement au 78e des 80 tours de course, signant une victoire de prestige qui suivait celle, si convaincante, de Mexico. Adulé par la ScuderiaFerrari ainsi que par ses fidèles et innombrablestifosi, Prost redevenait une menace pour Ayrton Senna, favori pour la couronne mondiale en 1990. Mais Prost et Ferrari, malgré deux autres victoiresà Silverstone et Jerez,ne purent aller au bout de leur quête du Graal.

Orphelin du Grand Prix de France depuis 1990 (victoire de Prost sur Ferrari), le Castellet a été redessiné par Philippe Gurdjian. Le circuit provençal est désormais la propriété d’un certain Bernie Ecclestone, et sert désormais de HTT (High Test Track), piste d’essais privés.

par AxelBorg
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