Les gagnantes et perdantes de 2012

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Les gagnantes et perdantes de 2012

Message par Modena49 le Mer 2 Jan - 2:59:16

Équipe de l'année : Red Bull


Au cours des dernières années, Red Bull est devenue l'exemple à suivre en termes de gestion d'une écurie de Formule 1. Depuis les grands changements apportés aux règlements en 2009, les voitures conçues et construites à l'usine de Milton Keynes en Angleterre sont toujours innovantes et repoussent les limites. Ce n'est pas un hasard que l'équipe a remporté son troisième championnat des constructeurs en 2012, et que Sebastian Vettel a gagné son troisième titre des pilotes de suite.

Avec un règlement technique de 77 pages, la F1 est devenue un grand jeu visant à identifier les zones grises et à les exploiter au maximum, et ce le plus rapidement possible. En Adrian Newey, Red Bull a un directeur technique capable de pousser l'interprétation du règlement à ses limites. Non seulement les équipes rivales doivent-elles tenter d'en faire autant, mais la FIA doit continuellement vérifier si chaque astuce et concept est légal ou non.

Vu les restrictions imposées sur les diffuseurs soufflés, Red Bull a vécu un début de saison 2012 difficile. Par conséquent, la RB8 ne répondait pas tout à fait aux attentes. Plusieurs idées ont été rejetées par la FIA au cours de la première moitié de la saison. Mais pendant la deuxième moitié, Newey et ses ingénieurs ont réussi à débloquer de la performance, en particulier à l'arrière de la monoplace. Ce développement s'est avéré décisif pour les deux championnats.

Newey a depuis admis que le début de la saison 2012 avait été une période frustrante pour lui. Pendant ce temps, le patron Christian Horner menait ses propres combats alors que lui et ses homologues débattaient sur l'avenir de la discipline. Mais ultimement, l'écurie Red Bull s'est imposée à bien des niveaux. C'est un hommage non seulement au leadership de Newey en ce qui concerne les aspects techniques, mais aussi à celui de Horner qui a maintenu son équipe au sommet pour une troisième année de suite.

Meilleur regain : Ferrari


Beaucoup a été dit sur les lacunes de la F2012, mais il faut reconnaître que Ferrari a travaillé très fort sur sa voiture. En retard de deux secondes au tour lors des essais hivernaux, la monoplace rouge s'est lentement transformée en une machine capable de battre toutes ses rivales en conditions de course, toutes sauf la Red Bull. Les échappements étaient très problématiques et plusieurs autres éléments laissaient également à désirer. De plus, tous ces ennuis étaient exacerbés par des données de soufflerie qui ne correspondaient pas à celles de la piste.

Mais avec Fernando Alonso derrière le volant, la Ferrari surpassait ses limites et représentait une menace continuelle pour chaque adversaire. Malgré tous les problèmes devant être réglés, l'Espagnol est monté sur le podium 13 fois en 20 tentatives, incluant trois victoires. Mais dire que seul l'énorme talent d'Alonso a sauvé Ferrari serait une grande injustice envers le personnel de l'équipe.

Les stratégies étaient presque toujours parfaites, la seule exception étant la décision de laisser Alonso continuer sur des pneus usés au Canada, ce qui l'a fait chuter de la 1ère à la 5e place lors des derniers tours. La F2012 jouissait d'une fiabilité remarquable ; le seul pépin est survenu sur ses terres en Italie, où la suspension d'Alonso a cédé lors des qualifications. Mais l'équipe a démontré tout son savoir-faire pendant la course, en passant de la 10e place au départ à la 3e à l'arrivée.

McLaren était loin devant Ferrari lors des essais de pré-saison, sur les relais courts comme longs. Pourtant, la vice-championne de la saison 2012, c'est bien Ferrari. Alonso figure à la 2e place du classement final des pilotes, devant Lewis Hamilton (4e) et Jenson Button (5e). Cela prouve à quel point les troupes de Maranello ont énormément progressé au cours des neuf mois du championnat.

Plus grande déception : McLaren


Au cours des dernières années, McLaren a souvent débuté la saison sans avoir la meilleure voiture, ce qui coûtait cher en fin de championnat au moment de compter les points. Mais en 2012, la MP4-27 était forte d'entrée de jeu en Australie : un doublé lors des qualifications, suivi par les 1ère et 3e places à la conclusion de la course (et cela aurait été un autre doublé sans le déploiement de la Voiture de Sécurité). Lors de la manche suivante, en Malaisie, McLaren s'est de nouveau montrée forte en qualification. Toutefois, cette belle lancée a vite pris fin.

Lewis Hamilton a triomphé au Canada, mais les courses précédentes et suivantes ont vu McLaren signer des performances peu compétitives. L'équipe ne parvenait plus à exploiter sa voiture correctement, une situation aggravée par des arrêts souvent bâclés. Tout indiquait que McLaren était en perte, mais des victoires consécutives en Belgique et en Italie ont démontré qu'un grand potentiel était toujours présent ; c'était plutôt l'équipe qui n'arrivait pas à le débloquer.

Lorsque les ingénieurs et les pilotes ont finalement maîtrisé la question des réglages, c'est alors que de multiples problèmes de fiabilité sont apparus. Hamilton aurait dû gagner à Singapour et à Abou Dabi, et marquer plus de points au Japon et en Corée du Sud. Il est possible que le style de pilotage de Hamilton, plus agressif que celui de Button, n'a pas aidé les choses. Mais si la voiture s'était montrée plus fiable, il aurait clairement toujours eu des chances de remporter le titre lors de la finale au Brésil. Il est vrai que Red Bull était forte et efficace en 2012, mais McLaren aurait dû facilement battre Ferrari dans le championnat des constructeurs vu les circonstances difficiles que devait surmonter cette dernière. Sans oublier que les pilotes McLaren ont remporté un total de sept courses, comme ceux de Red Bull. Mais la constance manquait, encore une fois, et voilà maintenant 14 ans que l'équipe ne gagne pas le titre des constructeurs.



Retour en force : Lotus


Même les ingénieurs de Lotus étaient un peu surpris par le potentiel de la E20 lors des premiers essais de pré-saison, mais il n'y avait aucune façon de savoir si cette voiture pourrait remporter des courses. Et bien que l'équipe n'a pas participé à la seconde période d'essais hivernaux (vu un problème de suspension), la nouvelle Lotus était de toute évidence très rapide.

La monoplace s'est montrée compétitive pendant la première moitié de la saison et Lotus est parvenue à garder le contact avec les autres écuries de pointe. Alors que la pause estivale s'entamait, l'impression que Kimi Räikkönen pourrait se battre pour le titre était très réelle, surtout qu'il était passé près de gagner à Bahreïn et en Hongrie. Cependant, lorsque le cirque a repris ses activités en Belgique, il était devenu clair que Red Bull, McLaren et Ferrari étaient en pleine forme et qu'il serait difficile pour Lotus de se maintenir au sein du groupe.

La voiture était suffisamment rapide en conditions de course, mais son rythme de qualification laissait à désirer et elle se retrouvait souvent en milieu de peloton. Au moment du départ, cela retenait autant Räikkönen que Romain Grosjean, qui a été impliqué dans plusieurs accidents. Le véritable rythme de la Lotus ne pouvait être exploité comme il se devait. Mais Räikkönen s'est bien qualifié à Abou Dabi, et suite à l'abandon de la McLaren de Lewis Hamilton, l'écurie Lotus a enfin signé la victoire qu'elle méritait depuis longtemps.

Il n'y aucun doute : si Lotus s'était qualifiée sur la première ligne de la grille de départ de façon régulière, ce que Räikkönen n'a jamais réussi à faire en 2012, le championnat des pilotes aurait été à sa portée. Ce n'était qu'une question de dixièmes de secondes, mais ces dixièmes étaient cruciaux au cours d'une saison aussi compétitive. La bonne nouvelle, c'est que Lotus est de toute évidence sur la bonne voie et pourrait bien se battre à l'avant en 2013.

Sous-performante : Mercedes


Par son propre aveu, l'écurie Mercedes a connu une autre saison décevante en 2012. En Chine, il y a eu le bonheur de remporter une première victoire depuis le retour de la marque allemande à titre de constructeur, en 2010, mais le terrain perdu pendant la deuxième moitié de la saison a rapidement fait disparaître tout espoir de gagner d'autres Grands Prix.

Pourtant, lors des deux premières manches de la saison, la W03 était clairement une voiture ayant les moyens d'être compétitive ; cependant, de très mauvaises analyses du comportement des pneumatiques se sont avérées coûteuses. C'était tout le contraire en Chine, où Mercedes a trouvé les réglages parfaits : après avoir signé la pole position, Nico Rosberg a gagné la course le lendemain. C'était la jubilation au sein de l'équipe, mais par la suite, rien n'allait atteindre ce niveau pour le reste du championnat.

Suite au GP de Monaco, que Mercedes aurait dû remporter, le recul a été très évident pour ne pas dire dramatique. La Flèche d'argent manquait d'appuis à l'arrière et était trop exigeante sur les pneus. Les écuries rivales progressaient dans le développement de leur échappements à effet Coanda, tandis que Mercedes peinait à faire fonctionner son propre système correctement. La situation n'a pas été facilitée par la réfection de la soufflerie de l'équipe, ce qui a retardé le développement aérodynamique de la voiture. Nous pourrions dire que Mercedes faisait presque du sur-place alors que les autres avançaient.

Le plus grand accomplissement de Mercedes, mis à part une victoire, a été de convaincre Lewis Hamilton de rejoindre l'équipe en 2013. Au moment de cette annonce, les efforts étaient déjà clairement concentrés sur le prochain championnat. L'équipe préfère considérer la saison 2012 comme une (autre) année de transition, mais le fait demeure que la marque à l'étoile doit absolument faire mieux... et bientôt. Glisser à la 5e place du championnat des constructeurs, c'était loin d'être l'objectif.

Plus grande surprise : Sauber


Dès les premières périodes d'essais de pré-saison, la monoplace Sauber semblait véloce et prometteuse. Cependant, deux facteurs retenait tout élan d'enthousiasme. Premièrement, l'équipe comptait peu de sponsors majeurs, sans oublier qu'en 2011 elle avait pris l'habitude d'effectuer des relais avec peu d'essence à bord, question de signer de bons chronos dans l'espoir d'attirer l'attention d'investisseurs potentiels. Deuxièmement, l'homme qui avait conçu la C31, le directeur technique James Key, avait quitté son poste avant le début de la saison. Alors si la voiture était réellement rapide, comment Sauber arriverait-elle à la maintenir à ce niveau ?

Le GP d'Australie n'a rien dévoilé, mais celui de Malaisie a été une révélation. Alors que Sergio Pérez se battait directement contre la Ferrari de Fernando Alonso, Sauber était très près de signer une grande victoire non seulement remarquable mais mémorable. Malheureusement, une petite erreur voyait le pilote mexicain terminer à la 2e place ; mais sa voiture avait été la plus rapide du plateau sur la longueur d'une course, grâce à une excellente gestion des gommes Pirelli. La C31 étant douce sur les pneus, il était possible de rouler de manière optimale plus longtemps. Le bon rythme de la Sauber pouvait donc être pleinement exploité.

D'autres podiums pour Pérez au Canada et en Italie (où Pérez a de nouveau visé la victoire) ont précédé celui de Kamui Kobayashi chez lui au Japon (où il a signé une excellente performance). Bien que les quatre podiums réalisés par Sauber en 2012 sont un bel accomplissement, la véritable surprise provenait du rythme de la monoplace. Sans oublier que les ingénieurs se sont montrés très efficaces dans le développement de la voiture, et ce tout au long de la saison, malgré des moyens financiers plus modestes que ceux des écuries de pointe. L'équipe suisse pourra-t-elle passer à la prochaine étape en 2013 ?

http://fr.espnf1.com/f1/motorsport/story/98023.html



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