L'incroyable histoire de Ferdinand Porsche

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L'incroyable histoire de Ferdinand Porsche

Message par Modena49 le Mar 20 Jan - 7:55:11

Le vieil homme semble flotter dans son costume sombre. Son regard noyé de lassitude au fond d'un visage amaigri se charge soudain d'une rare intensité. Ferdinand Porsche vient de découvrir les plans de la première voiture portant son nom. Penché sur la table à dessin, il examine longuement le travail de Ferry, son fils. Après un silence interminable, le verdict tombe : "Je ne l'aurais pas faite autrement que toi". II est à la fois fier et rassuré. Heureux de participer à une nouvelle création, le revoilà jeune. Curieux de tout et impatient. Le vieux Professeur doit malheureusement se rendre à l'évidence. S'il n'a rien perdu de son génie, les séquelles d'une longue détention l'ont considérablement affaibli. II a perdu toute l'énergie et la prodigieuse habileté qui avaient fait de lui un travailleur infatigable. Toutes les étapes de sa vie se mettent alors à défiler. II se souvient de cet enfant surdoué qui installe l'électricité au domicile de ses parents, puis de ce jeune homme de trente ans devenu directeur technique chez Austro-Daimler, le plus grand constructeur de son pays. Et puis tout s'accélère. La notoriété chez Mercedes, la célébrité chez Auto-Union où son nom est associé aux plus grandes victoires en Grand

Prix et enfin l'aboutissement de toutes ses idées avec la Volkswagen. Celle qui allait devenir la voiture du siècle s'impose comme un concentré de ses choix techniques: un moteur quatre cylindres à plat monté à l'arrière et refroidi par air. Une construction simple, bon marché, robuste et facile à entretenir qui sera l'ancêtre de toutes les voitures populaires. Si la seconde guerre mondiale ne lui laissera pas le temps de démarrer la production de masse, celle qui deviendra la "Cox" est déjà une star. Objet d'énormes enjeux industriels et financiers, elle causera la perte de son créateur
Rapt et obscures raisons d'Etat

Le cauchemar a débuté, il y a près de deux ans, en décembre 1945. Ferdinand Porsche et toute sa famille vivent alors à Zell am See, une bourgade autrichienne accrochée à flanc de montagne. Notoirement apolitique, il a d'ailleurs été lavé de tout soupçon par une commission.
Affichage Plein écran : T 440-AVENTURIER Pagel 29/01/97 21:22 d'enquête américaine, il attend des jours meilleurs. Peu préoccupé par les événements et encore moins par le manque de confort, Ferdinand Porsche est retourné naturellement à ses chères études, pendant que Ferry relance un semblant d'activité en se chargeant de l'entretien des Volkswagen saisies par les troupes d'occupation.

Tout bascule soudain quand à la demande d'officiers français, ils sont invités à prendre contact avec des représentants du ministère de l'industrie. La France envisageait alors la fondation d'une entreprise d'état de construction automobile qui devait inclure la moitie de l'usine Volkswagen au titre des dommages de guerre. Ils discutent des termes d'un contrat lorsqu'ils sont brutalement arrêtés par des agents de la sécurité française. Si Ferry est rapidement libéré, son père est accusé de crimes de guerre et transféré à Paris. Une accusation ridicule et infondée qui va pourtant prendre une tournure dramatique. En réalité, Ferdinand Porsche fait les frais de sourdes intrigues franco-françaises. Pendant que certains convoitent l'usine Volkswagen et que d'autres cherchent à tout prix à empêcher la diffusion d'une rivale à leurs produits, il doit être mis hors jeu.

Consulté brièvement pour la mise au point de la 4 CV, Ferdinand Porsche, est ensuite enfermé en cellule à la prison de Dijon. Pendant des mois, il supporte le froid et les privations avec résignation. Complètement isolé, il survit par le travail, la recherche et le dessin. Une ultime brimade le privant de sa règle à calcul lui fournira le prétexte de sa seule révolte. Dès lors, réduit à l'oisiveté, il sombre dans la dépression et tombe gravement malade.

Pendant ce temps, Ferry contacté pour la réalisation d'une monoplace de Grand Prix, la Cisitalia, a pu réunir le million de francs exigé pour une libération sous caution. Charles Faroux, grand nom de la presse automobile, les pilotes Raymond Sommer et Louis Chiron qui tous ont pris fait et cause pour le Professeur se chargent de jouer les intermédiaires pour le versement de la "rançon". Le 1er août 1947, Ferdinand Porsche est enfin libéré. Un an plus tard, l'affaire Porsche est close mais le million de francs, ne sera jamais restitué. Pendant les dernières années de sa vie, Ferdinand Porsche aura tout de même la satisfaction de voir son génie créatif universellement reconnu. Le plus beau des hommages pour ce nomade qui n'a cessé de passer d'une maison à une autre en ignorant les frontières.

Lohner : un fiacre électrique

Présentée à l'exposition de Paris en 1900, ce véhicule est construit à la demande de Jakob Lohner, le carrossier officiel de la cour d'Autriche. Elle se distingue par ses moteurs électriques placés directement dans les moyeux de roues avant assure la propulsion sans aucune transmission. Ce principe sera repris par la "Jeep" lunaire en 1971.

La Sascha : la première "bête" de course

Bien avant le projet Volkswagen, Ferdinand Porsche avait envisagé la commercialisation d'une voiturette bon marché. Construite en 1921 avec le soutien financier du comte Sascha Kolowrat, cette petite voiture légère et sportive va s'illustrer à la Targa Florio mais ne sera jamais produite en série.

Les Mercedes S : Etoiles de maître

Habillées par les plus grands carrossiers, les Mercedes à compresseur incarnent toute la démesure des années folles. Inventant av ant l'heure le Grand-Tourisme, ces géantes surpuissantes vont régner sans partage sur les routes comme sur les circuits
L'Auto Union V1 6 : l'extra-terrestre

Enthousiasmé par la nouvelle réglementation des Grands prix, Ferdinand Porsche met en chantier la "P-Wagen" qui deviendra ensuite le fer de lance de la nouvelle marque Auto Union. Avec son moteur V16 placé en position centrale arrière et son aspect compact, elle ne ressemble à rien de connu. Dès 1934, elle s'affirme comme la plus menaçante rivale des intouchables Mercedes avant de remporter le championnat d'Europe avec Bernd Rosemayer deux ans plus tard. Elle sera à l'origine de toutes les formules 1 modernes.

Volkswagen : la voiture du siècle

Objet de propagande du régime nazi, le projet de voiture populaire voit le jour en 1934. Son prix de vente fixé à 1000 marks dissuade tous les constructeurs. Fort de ses expériences chez Zundapp et NSU, Porsche relève le défi. Toutefois, les Allemands devront attendre longtemps leur voiture. Les quelques centaines d'exemplaires de l'ancêtre de la Coccinelle produits à partir de 1938 seront réservés à l'armée. Les Porsche 356 : des sportives à la chaîne
Présentée en juin 1948, la 356, première à porter le nom de Porsche n'est qu'un modeste roadster dérivé de la VW Coccinelle. Performante en dépit de son moteur de 40 ch et remarquablement efficace, elle devient bientôt pour tous les amateurs LA voiture de Grand Tourisme. Elle sera vendue à des milliers d'exemplaires pendant près de vingt ans.

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