Grands Prix de Légende : GP de Saint Marin 1982

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Grands Prix de Légende : GP de Saint Marin 1982

Message par Modena49 le Sam 22 Nov - 14:29:20

Quelle histoire ! Le Grand Prix de Saint-Marin, en ce mois d'avril 1982, se termine dans un joli capharnaüm. Après moult péripéties, Didier Pironi a en effet jugé bon de transgresser une consigne de course. Une initiative qui lui a ainsi permis de devancer son équipier Gilles Villeneuve de 366 millièmes de seconde, alors que le Canadien s'était cru, à juste titre, hors de portée...

"Slow" Une simple consigne, brandie le long du muret des stands. Il ne reste alors qu'un tour à parcourir sur les soixante que compte la course. Pour Ferrari, la panne sèche serait la plus cruelle des désillusions. Obéissant à l'ordre intimé par les mécaniciens, Villeneuve, en tête à cet instant, ralentit la cadence, devant un Pironi qu'il croit sans illusions. En fait, le Français attend sa deuxième victoire depuis 1978, date de ses débuts en Formule 1. Bien calé sous l'aileron arrière de Villeneuve, il n'a pu manquer, lui non plus, ce fameux panneau "Slow". Mais pourquoi ralentir ? Depuis 1 h 35 minutes, Didier sait qu'il peut accomplir une performance particulièrement brillante. Au volant de sa Ferrari 126C2, il s'est qualifié la veille en deuxième ligne de la grille de départ, juste derrière Villeneuve et les deux Renault d'Arnoux et Prost qui ont monopolisé la première ligne.

Pironi aime Imola. Il aime aussi ces passionnés de Formule 1, ces tifosi qui lui vouent une véritable passion et qui se sont entassés autour du circuit d'Imola, pour l'acclamer. En quelques Grands Prix, le jeune Français est devenu l'égal de Villeneuve dans le cœur du public italien. Et, aujourd'hui, il aimerait retrouver devant eux la plus exquise des sensations : gagner ! Une sensation qu'il a oubliée depuis son premier succès à Zolder, en 1980, sur une Ligier. Radieux, souriant, bronzé, il a plaisanté sur la grille de départ avec son équipier québécois. Les deux hommes s'apprécient depuis que Ferrari les a réuni pour un destin commun. Souvent, même, on les a vu faire le quatre cents coups sur les routes italiennes, au volant de bolides rouges, au mépris des règles les plus élémentaires de sécurité...



La trahison

C'est René Arnoux qui a pris tout d'abord le commandement de la course, devant Gilles Villeneuve et Didier Pironi, qui n'on cessé de se harceler. Mais, au trente et unième tour, Arnoux a dû abandonner victime d'une fuite d'huile. La voie était donc libre pour les pilotes Ferrari qui se sont alors livrés à un festival fratricide. Les deux pilotes se sont dépassés (et surpassés même) en accomplissant une course léchée comme un timbre-poste...

Mais, le panache a maintenant succédé à la hargne. Et, dans le stand Ferrari, on s'inquiète devant ces passes d'armes qu enflamment les tifosi. Les ingénieurs se font des cheveux blancs en établissant les calculs de consommation. Il leur paraît inimaginable de risquer la panne sèche alors que leurs deux Formule 1 filent vers un doublé historique en terre italienne. "Slow" donc... En un éclair, dans ce dernier tour, Villeneuve et Pironi, dans cet ordre, découvrent la décision des hommes de la Scuderia. Tempête sous le casque du Français, soulagement dans le cockpit surchauffé du Canadien. Tout se joue alors dans les ultimes mètres du Grand Prix d'Imola lorsque le Canadien se laisse surprendre par une manœuvre diabolique de son équipier. "J'avais le droit, se justifiera Didier Pironi, il fallait que je tente ma chance. Je cours pour gagner C'est le but de mon existence".

Sitôt la ligne d'arrivée franchie, les deux Ferrari coupent leur élan, soulevant au passage les poitrines d'un public aimant les braves et les encourageant. Dans son rétroviseur, Pironi n'aperçoit même plus Villeneuve, qui a préféré renoncer à un tour d'honneur qu'il juge humiliant. Sans s'occuper de rien, Didier avance sur cette piste, vers un tout ou rien, qui tient plus du rien que du tout assuré. Le Français vient de porter un coup de canif à sa marque de fabrique, basée sur l'honnêteté. Mais, au bout, il y avait cette première victoire pour Ferrari. Si désirée, si convoitée...

Avec détermination, raide comme la justice, Pironi évite le regard accusateur de celui qu'il a floué. En ôtant son casque, il cherche vainement une présence rassurante. "Je croyais avoir un ami, je ne suis qu'un imbécile". Les mots pathétiques du Canadien résonnent soudain comme une flagellation publique. La désynchronisation entre les deux pilotes est totale : "Aucune clause de mon contrat ne m'ordonne de rester toujours deuxième", répond, complètement sonné, le coureur français.



Et la tragédie

Le podium, à proximité, attend les "frères ennemis". Sans échanger un mot avec son équipier, Didier Pironi, tout à la joie de sa première victoire en Grand Prix pour la Scuderia, se présente devant des tifosi ignorant tout des fameuses consignes de course. Villeneuve, en retrait, affiche une mine renfrognée et un regard buté, perdu dans le vide... Sans s'occuper de rien, le Français évolue étrangement entre parade et panade.

Une trahison ressemblant à une parenthèse qui ne se refermera malheureusement jamais... Quelques heures plus tard, alors que le soleil tutoie déjà la cime des arbres, les deux hommes vont se quitter comme deux boxeurs groggy après un combat qu'ils n'ont pu maîtriser ni l'un ni l'autre.

Enzo Ferrari exprima de la sympathie pour Pironi mais prit une position ferme en faveur de Villeneuve. A la course suivante, à Zolder, Villeneuve n'avait pas parlé à Pironi. "Je ne lui ai pas dit un mot et je ne suis pas près de le faire. Plus jamais. Désormais je ferai cavalier seul. C'est la guerre entre nous."

Sept minutes avant la fin des qualifications, Pironi était un dixième de seconde plus rapide que Villeneuve. Le Québécois donna le maximum dans un dernier effort et percuta Jochen Mass dans sa March. Il y eut un malentendu, la Ferrari fit un tonneau, Villeneuve fut éjecté et tué sur le coup. Ce jour-là, Didier pleura, il avait perdu un ami. Son ami... Sans réussir à s'excuser.

Quelques semaines plus tard Pironi se qualifia en pole position sur le Circuit Gilles Villeneuve à Montréal, et dédia sa position à son ancien coéquipier. Puis il cala sur la ligne de départ et Riccardo Paletti fut tué lorsqu'il heurta de plein fouet l'arrière de la Ferrari. À Hockenheim, Pironi, grand favori pour le titre, percuta la Renault de Prost dans d'atroces circonstances. Il fut blessé aux jambes, blessures qui mirent fin à sa carrière de pilote automobile.

Il débuta une carrière de courses de hors-bord en mer et trouva la mort au large de Cowes en 1987.
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Re: Grands Prix de Légende : GP de Saint Marin 1982

Message par Ferdinand66 le Dim 25 Jan - 6:37:48

Ce GP est innoubliable pour le fan de Gilles que je suis toujours...Le dénouement fatal au GP de Belgique restera a jamais dans ma mémoire.Gilles est mort en se sentant trahi par un ami.Celui ci grièvement blessé en Allemagne,puis mort en course de bateau.Enorme gachis.

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Re: Grands Prix de Légende : GP de Saint Marin 1982

Message par Modena49 le Dim 25 Jan - 10:16:57

tellement vrai ferdinand66



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Re: Grands Prix de Légende : GP de Saint Marin 1982

Message par Guylaine le Dim 25 Jan - 11:52:14

Cher Ferdinand je suis québécoise et j'en pense tout autant très vrai ce que tu dis! et n'oublie pas d'aller te présenter nous aimons accueillir notre monde correctement Very Happy



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BONJOUR Invité PLAISIR DE TE VOIR !!!
Apprendre ce qu'était hier pour savoir aujourd'hui et faire demain... : HISTORIQUE F1.

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Re: Grands Prix de Légende : GP de Saint Marin 1982

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