Franck Williams

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Franck Williams

Message par Modena49 le Ven 14 Mar - 14:25:18

Si l'écurie Williams peut s'enorgueillir d'un palmarès exceptionnel, elle le doit beaucoup au courage et à la ténacité de son propriétaire, Frank Williams. Un Anglais obstiné, qui a connu une longue période de galère avant de voir ses autos triompher.

Avant un dramatique accident de la circulation en 1986 qui lui a coûté l'usage de ses jambes, Frank Williams était l'homme-orchestre de l'écurie. Après sa sortie de route, il a dû déléguer une partie de la direction, de ce qui reste l'ouvre de sa vie, à Patrick Head, son double, son ami. Frank connaît cet ingénieur de génie depuis plus de vingt-sept ans. Unis dans le succès comme dans la défaite, les deux hommes forment un couple inséparable. Un exemple unique dans les annales de la Formule 1 où les divorces entre chef d'écurie et ingénieur sont légions. Cette "liaison" durable s'explique par la fidélité en amitié de Frank Williams et il a bien raison, car dans sa vie professionnelle de nombreux amis lui ont donné un coup de pouce salvateur.

Les débuts en compétition

Faire carrière dans le sport automobile, Frank en rêve depuis qu'il a assisté aux exploits de Collins et d'Hawthorn au GP d'Angleterre 1958 (il a alors seize ans, il est né le 26 avril 1942). Pour débuter en compétition, Frank commence par économiser les quelques Livres Sterling, qu'il gagne comme mécanicien dans un garage de Nottingham où il a trouvé refuge après ses études. Ce maigre butin, il le met dans l'achat et la préparation de sa voiture, une Austin A35 trouvée chez Speedwell (le garage de Graham Hill) avec laquelle il débute dans une épreuve mineure à Oulton Park en avril 1961. L'année suivante, il se lie d'amitié avec Jonathan Williams, un homonyme qui fait également ses premières armes sur une Austin. Les deux hommes vont bientôt être rejoint par Piers Courage. L'héritier de la brasserie Courage, en rupture de ban avec sa famille, conduit en circuit une Lotus Seven.
En 1963, Frank, après un intermède comme représentant des soupes Campbell (il visite, coiffé d'un chapeau melon, les épiciers du Yorkshire !) devient mécano de Jonathan Williams. Ensemble ils parcourent l'Europe pour suivre la saison de Formule Junior au volant d'un vieux pick-up Volkswagen. Puis ils s'en retournent à Londres retrouver Piers et vivent dans un appartement qui tient plus de l'auberge espagnole que de la gentilhommière. Les trois compères se voient bientôt rejoint par d'autres pilotes désargentés : Charles Lucas, Charles Christon-Stuart. C'est vers cette époque que Frank se lance dans le commerce de pièces détachées. Présent sur de nombreux circuits, il dépanne les pilotes et exporte également sur le continent des monoplaces Brabham et Lola. La petite histoire veut que Williams, qui continue à courir (il dispose d'une Brabham F3 en 1964) à eut l'idée de ce commerce parce qu'il sort de la piste souvent et qu'il se trimballe toujours avec un important stock de pièces pour parer à toute éventualité... En fait, Frank se rend bien compte que son pilotage n'est pas à la hauteur de ses ambitions et que son talent inné pour les affaires, son bagou et sa connaissance des langues étrangères peuvent lui ouvrir d'autres horizons. C'est pourquoi, après une victoire internationale à Knutstorp en Suède en 1966, il remise son casque et se lance dans le commerce des voitures de course.

Tragédie en Hollande

En 1967, grâce à l'apport financier d'un ami (le pilote Chris Moore), Frank créer l'atelier "Frank Williams Racing Cars" basé à Cippenham. A l'intérieur des locaux on trouve la Brabham F3 de Courage, une autre monoplace que Frank loue au coup par coup (à Max Mosley entre autres) et des voitures de clients... L'affaire fonctionne si bien qu'en 1968, Frank engage une Brabham F2 pour son ami Piers dans le Championnat d'Europe de la spécialité, puis il achète une ancienne Brabham F1 pour le faire courir dans la Série Tasmane. De ce championnat des antipodes à la F1 il n'y qu'un pas et 500 cm3 de cylindrée de différence (2,5l pour la Série Tasmane, 3l pour la F1) que vont franchir les deux hommes la saison suivante. Le premier contact de Williams avec la discipline reine (Courage a fait la saison 1968 chez BRM ) se passe plutôt bien, Piers terminant deux fois deuxième (GP Monaco et USA). Frank est aux anges, d'autant plus que Giampaolo Dallara et Alejandro De Tomaso lui proposent un marché pour la saison suivante : De Tomaso fournit les châssis, Frank les moteurs, sa logistique et son pilote. Malheureusement cette association va se révéler désastreuse, à cause d'un châssis De Tomaso peu compétitif. Pire, Courage se tue à Zandvoort lors du GP de Hollande. Le moral de Frank est au plus bas, il se demande même s'il doit poursuivre l'aventure. Ce drame le marquera durablement et il n'aura jamais plus de réelle complicité avec ses pilotes, se séparant d'eux sans états d'âme. Après de mûres réflexions, Frank se décide à terminer la saison avec Brian Redman puis Tim Schenken, c'est le début des chaises musicales, pardon "baquets musicaux" chez Williams.

Le salut vient d'Italie

Pour 1971, Frank achète deux March à son "vieux" client Mosley (créateur de la marque et futur président de la FIA). Soutenu par Motul, il fait courir Henri Pescarolo en F1 (meilleur résultat : 4e en Angleterre) mais aussi en F2 avec Derek Bell, Carlos Pace, Jean Max...Williams voit-il trop grand ? toujours est-il que l'argent vient à manquer, les huissiers débarquent et à la fin de la saison l'écurie Williams et aux abois... C'est d'un fabricant de jouets italien que vient le salut. Politoys demande à Frank de construire sa propre monoplace pour la saison suivante. La Politoys-Ford FX3 conçue par Len Bailey fait des débuts écourtées au GP d'Angleterre 1972. Après une sortie de route due à la rupture de la suspension, elle est partiellement détruite et remisée au fond de l'atelier. Pescarolo et Pace terminent la saison au volant des March... Mais la carrière de constructeur de Frank Williams va bientôt rebondir grâce à l'appui de la marque italienne de voitures de sport Iso-Rivolta et du cigarettier Marlboro. Si le début de saison 1973, l'Iso-Marlboro engagée n'est qu'une extrapolation de la Politoys (dénomination FX3B), dés le GP d'Espagne il s'agit d'une nouvelle auto dessinée par John Clarke. Mais une fois encore les résultats ne sont pas au rendez-vous et les pilotes, Howden Ganley et Nanni Galli ne font que de la figuration.

L'arrivée d'Arturio Merzario au sein de l'écurie la saison suivante n'améliore pas de manière significative les résultats (2 points en 1973, 4 pts l'année suivante). Pourtant Frank croit toujours en la victoire. Mais bon nombre d'observateurs sont d'un avis différent et se demandent si l'Anglais ne se contente pas de vivre au jour le jour en épongeant les comptes en banque des pilotes payants. On a ainsi vu après le départ de Nanni Galli à la mi-saison 1973, cinq pilotes prendre le volant de sa monoplace ! Cette boulimie de pilote à au moins un avantage, faire débuter de véritables espoirs en Formule 1, comme en 1974 Jean-Pierre Jabouille (non qualifié en France) et Jacques Lafitte. Seul ce dernier poursuit l'expérience avec Williams et l'année suivante il termine à la seconde place du GP d'Allemagne au Nürburgring. Un podium qu'il doit à son talent et à un formidable concours de circonstance.

En effet, GoodYear, dont les factures sont en attente, refuse de fournir de nouveaux pneus à l'écurie. Une bonne chose, puisque les concurrents chaussés de neuf vont être victimes de crevaisons, Jacques avec ses vieux pneus ne connaîtra pas ce problème... Cette bouffée d'oxygène est sans lendemain, à la fin de la saison, Frank et au plus mal. Mais une fois encore la providence veille... Elle se présente en la personne du multimillionnaire canadien Walter Wolf qui apporte un paquet de dollars et prend la direction de l'écurie. Frank le persuade de racheter l'ensemble de l'écurie Hesketh (monoplaces, moteurs et personnel) dont Lord Hesketh cherche à se débarrasser. Au début de la saison 1976, l'écurie Wolf-Williams semble partie pour faire des étincelles, avec un technicien hors pair tel qu'Harvey Postlethwaite (concepteur de l'Hesketh 308 qui a remporté en 1975 avec Hunt le GP de Hollande), pas mal d'argent et Jacky Ickx, pilote expérimenté s'il en est. La joie sera de courte durée, la Williams FW05 (ex Hesketh 308C) est ratée et Ickx malgré son talent ne peut rien faire. Après une sixième place en Espagne et de nombreuses non-qualifications, il quitte le navire remplacé par le revenant Merzario qui ne fera pas mieux que le champion belge. Avant la fin de la saison, le courant ne passe plus entre Walter et Frank, l'Anglais quitte l'écurie. Frank est sur la touche, sans argent (il en a l'habitude) et sans sa carte de membre de la FOCA qui lui accorde de nombreux avantages financiers (transports, primes...) que Wolf a conservé pour le compte de son propre team, le Wolf-Racing avec lequel Jody Scheckter va gagner 3 GP en 1977. Malgré tout, Frank gardera un bon souvenir de cette période, Walter Wolf lui ayant beaucoup appris...

Faire aussi bien que Ferrari

Pour 1977, Frank repart de zéro et fonde le Williams Grand Prix Engineering. Il achète une March 761 fait confiance à un jeune pilote Belge Patrick Nève qui apporte le budget et vogue la galère. Avec une auto peu compétitive et un pilote peu expérimenté, Frank n'espère pas faire d'étincelles et puis il travaille à l'avenir de son écurie. Dans les coulisses, Patrick Head, un technicien qui a travaillé chez Lola puis chez Trojan avec Ron Tauranac, met la dernière main à la Williams FW06, une monoplace conventionnelle sur laquelle Frank fonde beaucoup d'espoirs pour 1978. Et puis, il a trouvé, grâce à l'entregent de son ami Charles Christon-Stuart, un budget auprès de princes arabes. Cela ne s'est pas fait sans mal, mais il a fini par gagner le gros lot. Première implication des pétrodollars saoudiens : au cours de la saison 1977 un autocollant "Fly-Saudia" apparaît sur l'aileron arrière de la March de Nève. C'est le début d'une association qui va durer sept ans, Saudia Airlines devenant le sponsor principal de l'équipe dés 1978. Cette année-là, Frank fait confiance à Alan Jones - vainqueur surprise du GP d'Autriche 77 sur une Shadow - et lui confie la FW06. Le couple engrange onze points et termine sur deuxième marche du podium aux USA. Ce n'est qu'un coup d'essai, l'année suivante Clay Regazzoni fait triompher pour la première fois une Williams au GP d'Angleterre (l'écurie collectionne aujourd'hui 108 victoires), son compagnon d'écurie Jones remportant quatre autres succès. En 1980, Williams remporte le premier de ses neuf titres de Champion du monde des constructeurs (Jones obtient le titre pilote), Frank Williams peut désormais se permettre d'annoncer qu'il veut être "l'Enzo Ferrari britannique", plus personne ne songe à se moquer de lui.
La légion étrangère de Frank

Pour faire fonctionner son équipe, Williams n'a pas hésité à louer ses services et ses voitures. Entre l'arrivée en Formule 1 en 1969 et les "débuts de la fortune" en 1978, ils sont nombreux à avoir piloter, avec des fortunes diverses, les bolides de l'ami Frank...

Chris Amon (NZ), Mario Andretti (USA), Ian Ashley (GB), Tom Belso (DK), Hans Binder (A), Tony Brise (GB), Warwick Brown (AUS), Piers Courage (GB), Nanni Galli (I), Howden Ganley (NZ), Jacky Ickx (B), Jean-Pierre Jabouille (F), Max Jean (F), Alan Jones (AUS), Loris Kessel (CH), Masami Kuwashima (J), Jacques Laffite (F), Michel Leclère (F), Lella Lombardi (I), Brian McGuire (AUS), Graham McRae (NZ), Damien Magee (GB), Nigel Mansell (GB), Arturo Merzario (I), François Migault (F), Patrick Nève (B), Carlos Pace (BR), Henri Pescarolo (F), Jackie Pretorius (ZA), Alain Prost (F), Brian Redman (GB), Richard Robarts (GB), Ian Scheckter (ZA), Tim Schenken (AUS), Ayrton Senna (BR), Gijs Van Lennep (NL), Jacques Villeneuve (CDN), Emilio de Villota (E), Joseph Vonlanthen (CH), Emilio Zapico (E), Renzo Zorzi (I)..
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Re: Franck Williams

Message par Guylaine le Ven 14 Mar - 21:25:47

Homme qui connut un destin tragique en 1988 en sortant de l'usine avec sa voirture de tous les jours il eut un sale accident qui le laissa paralysé des deux jambes et pendant son rétablissement Monsieur Nigel Mansel sera Patron d'Écurie suppléant .
source:Biographie Nigel Mansell .



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Re: Franck Williams

Message par EdIrvine le Mar 1 Juil - 15:45:16

Quel destin!!!
Parti de rien, il impose son écurie comme "la" meilleure écurie privée de tout les temps malgès son terrble accident. Il n'a jamais perdu sa motivation.

Je trouve dommage de voir les Williams aussi loin sur la grille et même si je me refuse d'y penser, un jour Sir Franck Williams ne feras plus partie du paddock de la F1. pour moi la F1 va perdre quelque chose et j'espère qu'une chose c'est que le nom "Williams" resteras en F1
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