Le Tour de Corse automobile

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Le Tour de Corse automobile

Message par Modena49 le Mer 18 Juin - 12:44

Le tour de Corse est l'événement sportif, qui se déroule en Corse, de loin le plus connu.

Pour simplifier, on pourrait dire qu'il s'agit au niveau des rallyes de l' équivalant du grand-prix de Monaco pour la formule 1.

Bref rappel historique :
C'est au cours de l'année 1956 que pour la première fois 43 courageux prennent le départ du "rallye au 10.000 mille virages", seuls 17 d'entre eux finiront d'ailleurs dans les temps et seront classés à l'arrivée. Et bien avant la naissance du féminisme ce sont deux femmes qui sont alors à l'honneur, Mesdames Thirion et Ferrier, et à juste raison puisqu'elles gagnent.

Le Tour toutefois est à l'origine une simple course régionale et ne sera inscrit au championnat de France des rallyes que l'année suivante. Il sera par la suite inscrit en tant que manche française du championnat du monde (pilotes et constructeurs) lors de l'année 1973.

Comme on peut s'en rendre compte en parcourant les routes insulaires, le tour de Corse a toujours été une des épreuves les plus dangereuses du championnat du monde, ainsi durant la décennie 80 a-t-il a enregistrer les décès de deux pilotes de renom, Bettega et Thoivonen. Chaque épreuve étant en outre émaillée de sorties de routes et d'abandons provoqués par la rencontre inopinée d'un arbre, d'un rocher ou d'une vache.

Il est tout de même des pilotes qui, bravant l'adhérence précaire d'un bitume élimé, ont écrit sur ces routes la plus belle page de leur palmarès. Ainsi Didier AURIOL et Bernard DARNICHE recordmen du nombre de victoires avec pas moins de 6 succès chacun (les autres funambules).

Pour Auriol a bord d'une Ford sierra en 1988, de la légendaire Lancia delta en 1989 et 1990 puis a bord d'un coupé Toyota celica en 1992, 94 et 95.

Darniche s'était illustré lui quelques années auparavant à bord de la non moins légendaire Alpine Renault 110 en 1970, d'une Fiat abarth en 1977 et 1978, et enfin de la spectaculaire Lancia stratos en 1975, 79 et 81.

Au delà de ces voitures d'autres constructeurs automobiles se sont illustrés sur les routes corses citons en vrac, les Renault 8 gordini et dauphine, les Porsche 911, les Renault 5 turbo, des Ferrari, les BMW M1 et M3 et plus récemment l'ensemble des modèles du WRC Peugeot 206cc et Citro ën xsara en tête.

Autant de voitures surpuissantes qu'il est étonnant de voir virevolter avec facilité de virage en lacet à virage en épingle aux mains, également, d'exceptionnels pilotes insulaires. C'est cela qui s épare une course difficile d'un rallye de légende.

Le Tour de Corse pour autant a du subir de profondes modifications depuis l'origine. En effet, s'il se déroulait initialement en automne, la modification du calendrier des épreuves du championnat du monde le fixa à partir de 1981 au printemps ce qui changeait la donne en raison de la différence de climat.

Le Tour a été par la suite fixé de nouveau à l'automne, période habituellement pluvieuse et donc spectaculaire mais alors qu'il s'agissait réellement d'un "Tour" de Corse son parcours fut limité aux environs d'Ajaccio ; en raison d'une modification du règlement du championnat du monde qui a réduit la durée de la course, la longueur des spéciales, leur nombre et enfin a apport é des modifications en terme de regroupement des concurrents.

Les autres modifications :
En presque 50 ans, le parcours du Tour n'est évidemment pas le seul a avoir changé, ainsi les véhicules de rêve qui parcourent les routes étroites et piégeuses de l'île de beauté lors de cette épreuve ne sont évidemment plus les mêmes.

A l'origine il s'agissait de véritables voitures de sport simplement adaptées au nécessités de la course, phare additionnels et "peintures de guerre" notamment, la notoriété de l'épreuve et du rallye en général aidant un plus grand nombre de constructeurs s'investirent par la suite et les spectateurs purent tout à loisir admirer des véhicules qui semblaient, telles la Lancia stratos, sorties tout droit d'un roman d'anticipation.

Les années 1980 furent celles de la démesure avec l'apparition des "groupes B", Renault 5 turbo et Audi quattro en tête. L'apogée de ce "groupe" fut atteint avec la mise en circulation de la Peugeot 205 T16 et de la Lancia delta intégrale S4. La dernière lignée des groupes B totalisait alors pas moins de 500 chevaux en furie, un poids minime et des performances époustouflantes.

Cette démesure, quand on voit la longueur et la largeur des lignes droites en Corse, eu raison de ce type de véhicules trop légers, trop puissants et dangereux. Suite au décès des 2 pilotes précités, il fut décidé de supprimer ce groupe et en 1987 ce furent des voitures plus proches de celles du commun des mortels (avec tout de même plus de 300 chevaux) qui prirent le départ : les groupes A.

Ces voitures du groupe A et B n'ont jamais constitué la totalité du plateau des engagés et il n'était pas rare de voir aux côtés de ces monstres rutilants des véhicules qu'ont attendait pas dans une course automobile tels une Renault 4 (4L) ou plus récemment une Toyota Yaris. Aujourd'hui existent principalement 2 groupes le groupe N qui regroupe les pilotes amateurs, qui à l'occasion du Tour de nombreux pilotes corses de talent, et le groupe WRC qui compte dans ses rangs les meilleurs pilotes, les professionnels du volant, les acrobates de la route.

Ce groupe WRC, pour World Rallye Car, même si l'on peut le rapprocher esthétiquement des anciennes "groupe B" est l'aboutissement de l'évolution du groupe A, des véhicules de plus de 300 chevaux turbo compressés, quatre roues motrices avec un minimum d'électronique embarqué (pour faire la part belle aux concurrents).

Le bémol :
Si le tour de Corse automobile est un succès populaire, une épreuve mythique pour les participants il constitue pourtant une sorte d'OVNI dans le cercle du rallye, car il est l'un des derniers à se dérouler sur asphalte et ce n'est que par la mobilisation de certains pilotes professionnels qui pour certains n'ont jamais été à la fête sur ses routes que l'on doit sa perpétuation.

Ainsi évidemment qu'à l'action des membres (dont les bénévoles) de l'ASAC tour de Corse qui l'organise et de la FFSA qui le consacre Rallye de France et qui milite pour son maintien comme épreuve française du championnat du monde.

Pour résumer le tour de Corse a souvent été menacé de disparition en raison de ses dangers, de sa topographie (qui rend difficile les retransmissions télévisées), de sa spécificité (il est l'un des seuls a se dérouler sur le bon vieux goudron alors que l'essentiel des voitures est optimisé pour la terre).

Enfin, il est menacé de disparition en raison de la précarité du Rallye en général qui, pour certains à cause des modifications permanentes du règlement par les instances qui le dirigent, rend commercialement inintéressant ce type d'épreuve pour les constructeurs.

Fasse au moins que le Tour reste.
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Je reste un artisan provincial."


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