Championnat 1953
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Championnat 1953
La puissance des moteurs a évidemment été revue à la baisse. En 52 et 53, les formule 1 « 2 litres » développent au mieux 197 chevaux pour les dernières versions de la Maserati, et on attend aux alentours de 250 à 300 chevaux pour les futures 2,5 L.
On essaie également d’améliorer la sécurité du public. A cette époque, il n’est souvent encore protégé que par quelques bottes de paille ou un fil qui délimitent la piste. Poussé par l’enthousiasme, au fil des tours, les spectateurs finissent par grignoter du terrain. C’est ainsi que se tua Jean-Pierre Wimille en 1949, celui qui aurait peut-être dû être le premier champion du monde français, en manquant un virage dont le point de corde était occupé par la foule.
La saison 1953 débute pour la première fois outre-atlantique, en Argentine. Les compatriotes de Fangio et Gonzalez vont enfin pouvoir assister aux exploits de leurs idoles, sur un circuit ultra-moderne. La course est un immense succès. Les tribunes sont pleines à craquer. La foule populaire, qui n’a pas les moyens d’entrer, assiège les grilles du circuit. Au dernier moment le président Peron ordonne qu’on laisse entrer « ses enfants ». La course va se dérouler devant 350 000 personnes. C’est beaucoup trop pour les infrastructures du circuit.
Ascari s’envole dès le départ, la Ferrari 500F2 pourtant vieillissante semble avoir encore de très beaux restes. Fangio est à sa poursuite, mais il casse sa transmission. Mais le premier Grand-Prix d’Argentine ne restera pas dans les annales pour la facile victoire d’Ascari. Au 32eme tour, Farina, en voulant éviter un spectateur qui s’était trop avancé, perd le contrôle de sa Ferrari et fonce dans le public. On relèvera dix morts. S’en suit une pagaille indescriptible, avec de nouvelles victimes. Au retour d’Argentine, les préoccupations sécuritaires des instances dirigeantes semblent plus que jamais fondées.
Ascari gagne à nouveau en Hollande, cinq mois plus tard. Les Maserati de Gonzalez et Fangio cassent leur transmission. Heureusement Gonzalez, "El Cabezon", prend la voiture de Bonetto, et finit troisième, comme en Argentine. La firme au trident limite la casse, mais visiblement, l’A6GCM qui fut si longue à développer ne répond pas aux attentes...
Le scénario se répète à Spa. Les Ferrari sont dominées aux essais. Ascari est isolé en première ligne, entre Fangio qui fait la pole, et Gonzalez, troisième. Qui plus est, l’italien rate son départ, et les deux Maserati s’envolent en tête. Mais une fois de plus les moteurs des A6GCM n’iront pas au bout. Fangio récupère la voiture de Claes, mais sort au dernier tour.
Ce que l’on retiendra de la saison 1953, c’est le Grand-Prix de France, qui est de retour à Reims. Sur ce circuit très rapide, où l’aspiration joue un rôle prépondérant, aura lieu l’une des courses les plus serrées de l’histoire. Ce sera un duel Hawthorn-Fangio. On a déjà parlé de l’anglais en 1952. Exploitant de façon talentueuse sa petite Cooper-Bristol, il a été remarqué par Enzo Ferrari, et il pilote désormais l’une des voitures au cheval cabré. Après une course très disputée, Fangio et Hawthorn se retrouvent isolés, se doublent et se redoublent. L’anglais finira par s’imposer, avec une seconde d’avance sur Fangio, au bout de 498 km de course. C’est la première victoire d’un britannique en championnat du monde. Ascari n’est que quatrième.
Les Maserati parviennent désormais à se mêler aux Ferrari pour la conquête des podiums. Fangio termine deuxième à Silverstone et au Nurburgring, mais les Ferrari gagnent les deux courses. Ascari s’impose en Angleterre, mais il perd une roue en Belgique, et c’est Farina qui l’emporte.
Les Maserati ont pris trop de retard. Elles restent dominées malgré un moteur plus puissant. Ascari sera sacré champion pour la deuxième fois consécutive dès la course suivante, en Suisse.
Au Bermgarten, près de Berne, c’est Fangio, encore en pole, qui prend le départ en tête. Mais Ascari le passe rapidement et s’envole vers la victoire. L’Argentin finira 4eme sur la voiture de Bonetto. Ascari, qui mène la course, doit s’arrêter aux stands afin de changer une bougie et un gicleur. Farina se retrouve alors largement en tête. Son équipe lui passe alors des panneaux lui demandant de ralentir. Il s’éxécute, croyant qu’on lui demande de ménager la mécanique. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’Ascari, de retour, le dépasse ! Les consignes de son stand avaient en réalité pour but d’assurer la victoire du leader Ferrari. On se doute que cela ne plaira pas beaucoup à Farina...
Le titre assuré, la dernière course de la saison, à Monza, ne devait être qu’une formalité. Ferrari aligne aux essais la 553 Squalo, modèle prototype de la voiture de 1954. Les pilotes ne l’aiment pas, ils courront essentiellement sur 500F2. A quelques tours de la fin, Ascari, Fangio et Farina luttent pour la victoire. Marimon est avec eux, mais à un tour.
On ne saura jamais exactement ce qui s’est passé dans le dernier virage du dernier tour. Farina a-t-il porté une attaque désespérée contre Ascari, voulant se venger de deux saisons humiliantes passées dans l’ombre de son compatriote ? A-t-il gardé rancune de l’épisode suisse ? A-t-il tellement mis son leader sous pression qu’Ascari en est parti à la faute ? Toujours est-il que ce dernier se met en travers, heurté par Marimon qui ne peut l’éviter. Fangio et Farina se faufilent, et l’argentin l’emporte, une seconde devant Farina, lui subtilisant ainsi la deuxième place au championnat. Ce devait être la seule victoire de Fangio et la seule défaite de Ferrari de la période 52-53.
Que reste-t-il de ces années ? Entre autres, deux photos, presque oubliées. En noir et blanc, évidemment...
La première est prise à Zandvoort, en 53. On y voit côte à côte Ascari, Fangio, Farina et Villoresi. Moyenne d’âge 43 ans. Fangio et Farina sont casqués, tous ont un immense sourire aux lèvres. Talent, courage, maturité. Des chevaliers d’un autre temps. L’histoire de Ferrari, Alfa Romeo et Maserati.
La seconde est prise à Reims, en 53 également. Une Ferrari noyée dans la foule. Et au volant, un jeune homme, aussi blond que les autres sont bruns, au regard d’aigle, souriant lui aussi. Cet homme, c’est Mike Hawthorn. Il a 26 ans. Le premier anglo-saxon a réussir dans un monde exclusivement latin.
De plus une nouveauté est là !! le casque de protection est rendu obligatoire pour tous les pilotes. Adieu l’époque où les Fangio, Farina et les autres partaient sur leurs monoplaces, uniquement protégés d’une coiffe en cuir pour protéger les cheveux du vent...
On essaie également d’améliorer la sécurité du public. A cette époque, il n’est souvent encore protégé que par quelques bottes de paille ou un fil qui délimitent la piste. Poussé par l’enthousiasme, au fil des tours, les spectateurs finissent par grignoter du terrain. C’est ainsi que se tua Jean-Pierre Wimille en 1949, celui qui aurait peut-être dû être le premier champion du monde français, en manquant un virage dont le point de corde était occupé par la foule.
La saison 1953 débute pour la première fois outre-atlantique, en Argentine. Les compatriotes de Fangio et Gonzalez vont enfin pouvoir assister aux exploits de leurs idoles, sur un circuit ultra-moderne. La course est un immense succès. Les tribunes sont pleines à craquer. La foule populaire, qui n’a pas les moyens d’entrer, assiège les grilles du circuit. Au dernier moment le président Peron ordonne qu’on laisse entrer « ses enfants ». La course va se dérouler devant 350 000 personnes. C’est beaucoup trop pour les infrastructures du circuit.
Ascari s’envole dès le départ, la Ferrari 500F2 pourtant vieillissante semble avoir encore de très beaux restes. Fangio est à sa poursuite, mais il casse sa transmission. Mais le premier Grand-Prix d’Argentine ne restera pas dans les annales pour la facile victoire d’Ascari. Au 32eme tour, Farina, en voulant éviter un spectateur qui s’était trop avancé, perd le contrôle de sa Ferrari et fonce dans le public. On relèvera dix morts. S’en suit une pagaille indescriptible, avec de nouvelles victimes. Au retour d’Argentine, les préoccupations sécuritaires des instances dirigeantes semblent plus que jamais fondées.
Ascari gagne à nouveau en Hollande, cinq mois plus tard. Les Maserati de Gonzalez et Fangio cassent leur transmission. Heureusement Gonzalez, "El Cabezon", prend la voiture de Bonetto, et finit troisième, comme en Argentine. La firme au trident limite la casse, mais visiblement, l’A6GCM qui fut si longue à développer ne répond pas aux attentes...
Le scénario se répète à Spa. Les Ferrari sont dominées aux essais. Ascari est isolé en première ligne, entre Fangio qui fait la pole, et Gonzalez, troisième. Qui plus est, l’italien rate son départ, et les deux Maserati s’envolent en tête. Mais une fois de plus les moteurs des A6GCM n’iront pas au bout. Fangio récupère la voiture de Claes, mais sort au dernier tour.
Ce que l’on retiendra de la saison 1953, c’est le Grand-Prix de France, qui est de retour à Reims. Sur ce circuit très rapide, où l’aspiration joue un rôle prépondérant, aura lieu l’une des courses les plus serrées de l’histoire. Ce sera un duel Hawthorn-Fangio. On a déjà parlé de l’anglais en 1952. Exploitant de façon talentueuse sa petite Cooper-Bristol, il a été remarqué par Enzo Ferrari, et il pilote désormais l’une des voitures au cheval cabré. Après une course très disputée, Fangio et Hawthorn se retrouvent isolés, se doublent et se redoublent. L’anglais finira par s’imposer, avec une seconde d’avance sur Fangio, au bout de 498 km de course. C’est la première victoire d’un britannique en championnat du monde. Ascari n’est que quatrième.
Les Maserati parviennent désormais à se mêler aux Ferrari pour la conquête des podiums. Fangio termine deuxième à Silverstone et au Nurburgring, mais les Ferrari gagnent les deux courses. Ascari s’impose en Angleterre, mais il perd une roue en Belgique, et c’est Farina qui l’emporte.
Les Maserati ont pris trop de retard. Elles restent dominées malgré un moteur plus puissant. Ascari sera sacré champion pour la deuxième fois consécutive dès la course suivante, en Suisse.
Au Bermgarten, près de Berne, c’est Fangio, encore en pole, qui prend le départ en tête. Mais Ascari le passe rapidement et s’envole vers la victoire. L’Argentin finira 4eme sur la voiture de Bonetto. Ascari, qui mène la course, doit s’arrêter aux stands afin de changer une bougie et un gicleur. Farina se retrouve alors largement en tête. Son équipe lui passe alors des panneaux lui demandant de ralentir. Il s’éxécute, croyant qu’on lui demande de ménager la mécanique. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’Ascari, de retour, le dépasse ! Les consignes de son stand avaient en réalité pour but d’assurer la victoire du leader Ferrari. On se doute que cela ne plaira pas beaucoup à Farina...
Le titre assuré, la dernière course de la saison, à Monza, ne devait être qu’une formalité. Ferrari aligne aux essais la 553 Squalo, modèle prototype de la voiture de 1954. Les pilotes ne l’aiment pas, ils courront essentiellement sur 500F2. A quelques tours de la fin, Ascari, Fangio et Farina luttent pour la victoire. Marimon est avec eux, mais à un tour.
On ne saura jamais exactement ce qui s’est passé dans le dernier virage du dernier tour. Farina a-t-il porté une attaque désespérée contre Ascari, voulant se venger de deux saisons humiliantes passées dans l’ombre de son compatriote ? A-t-il gardé rancune de l’épisode suisse ? A-t-il tellement mis son leader sous pression qu’Ascari en est parti à la faute ? Toujours est-il que ce dernier se met en travers, heurté par Marimon qui ne peut l’éviter. Fangio et Farina se faufilent, et l’argentin l’emporte, une seconde devant Farina, lui subtilisant ainsi la deuxième place au championnat. Ce devait être la seule victoire de Fangio et la seule défaite de Ferrari de la période 52-53.
Que reste-t-il de ces années ? Entre autres, deux photos, presque oubliées. En noir et blanc, évidemment...
La première est prise à Zandvoort, en 53. On y voit côte à côte Ascari, Fangio, Farina et Villoresi. Moyenne d’âge 43 ans. Fangio et Farina sont casqués, tous ont un immense sourire aux lèvres. Talent, courage, maturité. Des chevaliers d’un autre temps. L’histoire de Ferrari, Alfa Romeo et Maserati.
La seconde est prise à Reims, en 53 également. Une Ferrari noyée dans la foule. Et au volant, un jeune homme, aussi blond que les autres sont bruns, au regard d’aigle, souriant lui aussi. Cet homme, c’est Mike Hawthorn. Il a 26 ans. Le premier anglo-saxon a réussir dans un monde exclusivement latin.
De plus une nouveauté est là !! le casque de protection est rendu obligatoire pour tous les pilotes. Adieu l’époque où les Fangio, Farina et les autres partaient sur leurs monoplaces, uniquement protégés d’une coiffe en cuir pour protéger les cheveux du vent...
Un mythe, Une passion, une légende
Ferrarisimo nel sangue e nel cuore da allora sempre
Je n'ai jamais été un grand constucteur.
Je n'ai jamais rêvé de le devenir.
Je reste un artisan provincial."


Ferrarisimo nel sangue e nel cuore da allora sempre
Je n'ai jamais été un grand constucteur.
Je n'ai jamais rêvé de le devenir.
Je reste un artisan provincial."














Modena!!!
