ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

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ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Guylaine le Mar 11 Mar - 19:36

Alain Prost:

Hors-F1
1972 : Champion d’Europe juniors de karting
1974 : Champion de France de karting
1976 : Vainqueur du Volant Elf
1977 : Champion de France de Formule Renault
1977 : Champion d'Europe de Formule Renault
1978 à 1979 : Champion de France de Formule 3
1979 : Champion d'Europe de Formule 3
2006 à 2007 : Vainqueur du Trophée Andros

En Formule 1

Grands Prix disputés : 199
Victoires : 51 (soit 25,63 %) (2e derrière M.Schumacher)
Points marqués : 798,5 (soit 4,01 pt par course) (2e derrière M.Schumacher)
Pole Positions : 33 (soit 16,58 %) (3e ex æquo avec Jim Clark derrière Michael Schumacher et Ayrton Senna)
Podiums : 106 (soit 53,27 %)
Meilleurs Tours: 41 (soit 20,60 %) 2e derrière Michael Schumacher)
Hat tricks : 8 (soit 4,02 %) (4e derrière M.Schumacher, Jim Clark et Juan Manuel Fangio)
Débuts en F1 : 1980 — Grand Prix d'Argentine 1980 (Résultat : 6e)
Première victoire : 1981 — Grand Prix de France
Première pole position : 1981 — Grand Prix d'Allemagne, sur le Circuit d'Hockenheim
Dernière course : 1993 — Grand Prix d'Australie, sur le Circuit urbain d'Adélaïde (Résultat : 2e)

Débuts fulgurants

La Renault de 1981 est un peu irrégulière pour jouer le titre, mais suffisamment performante pour permettre à Prost de remporter son premier GP, à Dijon. 50 autres suivront.

Même scénario en 1982. Mais cette fois, c'est aussi un conflit interne qui mine en partie la saison des hommes de la Régie Renault. Au GP de France, René Arnoux refuse de se plier à la stratégie d'équipe préétablie et visant à favoriser Prost, mieux placé dans la course au titre. Larousse, le directeur sportif de Renault ne défend pas Prost. Ce dernier rue dans les brancards et ne parvient qu'à s'attirer les foudres d'une partie de l'opinion publique toute acquise a la cause du populaire "Néné" Arnoux. Prost et la France, ou l'histoire d'un amour impossible.

Pour Prost, 1982, ce sera aussi le début d'une vraie psychose. Sous la pluie d'Hockenheim, Prost a ressenti un violent choc à l'arrière et assiste abasourdi au décollage d'un bolide rouge au dessus de sa tète. Aveuglé par les projections d'eau, Pironi l'a heurté et ne peut que hurler de douleur dans les restes de son cockpit déchiqueté. A partir de cet instant, Prost détestera toujours la pluie...

En 83, débarrassé d'Arnoux, Prostsemble enfin avoir les coudées franches au sein de l'écurie française, et le turbo enfin arrivé à maturité pour conquérir le titre. Las, en fin de saison, Prost ne résiste pas au retour fulgurant de Piquet et de sa Brabham au BMW curieusement survitaminé. Dans la défaite, l'écurie française se désagrège et Larousse vire Prost ! Un comble quand on sait que Prost est l'un des pilotes les mieux coté du plateau. Mais Prost n'en a que faire. Déjà, Ron Dennis, le boss de Mclaren qui vient de restructurer l'équipe avec l'appui du groupe Tag, lui fait un pont d'or pour rejoindre Lauda. Renault a tout perdu. Prost va tout gagner.

Bien que plus rapide que Lauda, Prost voit à nouveau le titre lui échapper. Pour un demi point seulement. Mais sur le podium d'Estoril, à coté de son triple champion du monde de coéquipier, Prost rayonne. L'avenir lui appartient. Et il le sait. 1985 ne sera qu'une formalité pour Prost. Au volant de la meilleure machine du plateau, Prost prend rapidement le dessus sur ses adversaires et file vers le titre. Rebelotte en 1986, malgré l'opposition féroce des Williams Honda de Mansell et Piquet. Prost remporte un second titre dans les rues d'Adelaide, au prix d'un final époustouflant. Sans doute le plus grand souvenir de sa carrière. L'association de McLaren avec Porsche s'essouffle et la saison 1987 n'offre guère de satisfaction à Prost, si ce n'est une 28e victoire en Grand Prix à Estoril. Le record historique de Stewart vient de tomber. Mais qu'importe la perte de titre mondial, aux yeux de tous, Prost apparaît comme le meilleur pilote de sa génération. Son style économique, son approche minutieuse des Grand Prix régalent ses ingénieurs. On lui donne le surnom de Professeur. Un surnom à double tranchant. Derrière la marque de respect pour cet homme qui maîtrise son sujet à la perfection, on sent poindre le manque d'enthousiasme d'un public avide de sensations fortes et qui lui préfère la fougue d'un Mansell ou d'un Senna. Senna, justement, le prochain défi du Professeur...


Antipathie mutuelle mais respect total

En 1988, McLaren s'associe avec Honda et accueille Senna aux cotés de Prost. Une formidable rivalité va alors naître. Un choc de titans dont la F1 ne s'est toujours pas remise. Les 2 meilleurs pilotes du monde cote à cote.

D'un coté, le calculateur Prost, de l'autre, le mystique Senna. mais en commun, un même génie du pilotage, une même approche clinique de la F1. En 88, Senna décroche le titre. Prost prend sa revanche en 89, dans une ambiance de souffre. La rivalité entre les deux hommes a dépassé le cadre sportif suite au GP de Saint Marin 1989 dans lequel Senna n'aura pas respecté un pacte de non agression. A la bagarre sur la piste, somptueuse le Dimanche, se succèdent règlements de compte et phrases assassines tout au long de la semaine par médias interposés. La rivalité fratricide trouve un épilogue dans la chicane de Suzuka, ou un accrochage entre les deux hommes donne le titre au Français. Parmi les succès marquants de Prost cette année la, une victoire a Monza, devant des tifosi en liesse. Prost vient d'annoncer qu'il quitte McLaren pour rejoindre la Scuderia. Ce sera avec le numéro 1.

La rivalité avec Senna se poursuit de plus belle. Une vraie fausse réconciliation orchestrée par Elf à Monza n'aura qu'un temps. A Suzuka, des le départ, au prix d'une attaque kamikaze, Senna accroche volontairement Prost et récupère le titre mondial. Amertume de Prost vis à vis de son ancien équipier, vis à vis de la FIA qui laissera impuni la manœuvre suicidaire de Senna, et vis à vis de sa propre équipe, qui en ne donnant pas de consignes à son bouillant coéquipier Mansell, a privé Prost de points précieux à Estoril quelques semaines auparavant. La belle entente avec Cesare Fiorio, son directeur sportif, se fissure.

Une intersaison prometteuse semble effacer les blessures, mais le catastrophique début de saison 91 rouvre les cicatrices. L'ambiance est à la guerre interne chez Ferrari. Un classique au sein de la Scuderia. Prost obtient le limogeage de Fiorio. Mais lui même sera débarqué en fin de saison. Prost et Renault, Prost et Ferrari, deux histoires inachevées. Prost passe sa saison 92 sur le bord des pistes, à préparer son retour. Ce sera au volant d'une Williams Renault, la meilleure voiture du plateau, avec un 4eme titre mondial à la clé.


Un titre au parfum amer. Prost se présente comme l'éternel mal aimé. A Monaco, pénalisé pour départ anticipé, Prost effectue une spectaculaire remontée dans le peloton. "Ce Prost, quel grand pilote" s'exclame un observateur. "il faudrait qu'il le prouve" répond laconiquement Franck Williams, l'énigmatique directeur de l'écurie éponyme, et patron d'Alain Prost. Prost a signé un contrat de 2 ans, mais la volonté non dissimulé de son employeur d'attirer Senna à ses cotés le blesse. Tout comme le blesse le conflit larvé qui l'oppose à la FIA, ou le peu d'entrain que manifestent les médias à son égard. Déçu, Prost préfère s'arrêter. Sur un 4eme titre acquis à Estoril ou il cède la victoire au jeune Michael Schumacher. 51 victoire pour l'un, deuxième pour l'autre. Un passage de témoin en somme... Prost monte sur le podium une dernière fois à Adélaïde, pour son ultime course. A ses cotés, le vainqueur du jour, Senna, lui offre une chaleureuse accolade. C'est la fin de l'une des plus palpitantes confrontations de l'histoire du sport. A ce moment, Prost ignore que quelques mois plus tard, il commentera en direct la mort tragique de cet ennemi en qui il avait découvert un ami. La carrière de Prost "pilote" s'achève là. Après une brève parenthèse en tant qu'essayeur de luxe pour le compte de McLaren, Prost prend la tête de l'écurie Ligier qu'il rebaptise en son nom. Une aventure porteuse d'espoirs mais qui se termine par un cuisant échec et ne fait que creuser un peu plus le gouffre d'incompréhension entre Prost et son public.

A l'issue de sa carrière de pilote de Formule 1, Prost ne déserte pas les paddocks. Consultant pour le compte de la chaîne de télévision TF1 (fonction qu'il avait déjà occupée en 1992), Prost effectue en 1995 son retour chez McLaren, dans un rôle de conseiller technique et de pilote essayeur. Il hésite plusieurs fois (dès janvier 1994, notamment, lors de ses tests pour McLaren-Peugeot) à revenir à la compétition, sans toutefois concrétiser par un retour officiel en Grand Prix.

L'écurie Prost GrandPrix


En février 1997, il rachète l'écurie Ligier à Flavio Briatore, et la rebaptise Prost Grand Prix. Pour Prost, c'est la concrétisation d'un vieux rêve. À plusieurs reprises déjà, il avait envisagé de monter sa propre équipe. Un premier projet avait été envisagé courant 1989 (Prost avait finalement décidé de poursuivre sa carrière de pilote et de s'engager avec Ferrari), et de manière plus concrète, il avait été proche de s'investir chez Ligier (à l'époque encore détenue par Guy Ligier) début 1992. Malgré quelques séances d'essais très médiatisées, les négociations n'avaient pas abouti et Prost s'était accordé une année sabbatique.


Mais, à l'issue de cinq saisons globalement décevantes (deux deuxièmes places aux Grand Prix automobile d'Espagne 1997 et au Grand Prix automobile d'Europe 1999 comme meilleurs résultats), l'écurie Prost Grand Prix est contrainte de fermer ses portes, faute de soutiens financiers par manque de résultats,début 2002.
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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Guylaine le Mar 11 Mar - 19:40

ALAIN PROST ET NICOLAS PROST
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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Guylaine le Mer 12 Mar - 9:36

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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Foch Corner le Mer 12 Mar - 11:39

Que rajouter de plus sur le plus grand champion auto Français.
La situation avec Prost a toujours été spéciale car il avait le don de se mettre tout le monde à dos. Pourtant personne ne peut nier ses talents de metteur au point et ses qualités de pilotes. Prost était un très grand pilote de F1. Peu sont arrivés a son niveau.

Depuis la France cherche une relève. Et elle met du temps a arriver.

L'histoire Prost GP est loin d'être un comte de fée. Prost y a pris la plus grosse claque de sa vie et s'il ne savait pas jusque là qu'on ne pouvait compter que sur soit même, il en est surement convaincu aujourd'hui.
Personne n'a rien fait pour l'aider, ni les sponsors, ni l'état. Bref un beau gachis.

Reste le coup de volant. Toujours là, intact. Il y a 2 ans Alain a fait quelques courses en championnat de France GT sur une Viper.
Le talent était toujours là et s'il avait pu faire une saison complète je suis sur qu'il aurait pu jouer le titre.
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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Invité le Jeu 20 Mar - 16:29

Prost a également remporté 2 fois le titre de trophée andros, un championnat sur glace.

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Alain Prost : "Little Big Man"

Message par Modena49 le Jeu 26 Juin - 22:43

Maurice Trintignant, Jean Behra, Jean-Pierre Beltoise, François Cevert et bien d'autres firent la gloire du sport automobile français. Et puis, Alain Prost arriva. Il fut le premier champion du monde de F1 et termina sa carrière dans le sillage immédiat de Juan-Manuel Fangio, le plus grand pilote de tous les temps. Alain Prost, ce petit homme de 167 cm, lui aussi est grand. Incroyablement déterminé, calculateur et sûr de son talent, il n'a jamais douté. Son parcours initiatique fut aussi sans faille.




Installé sous un parasol, le loueur de karting regarde d'un oeil amusé cet adolescent qui s'installe maladroitement dans le baquet du mini bolide. Il est à la fois sceptique et intrigué. Le "gamin" s'obstine à vouloir faire un essai malgré son bras dans le plâtre, mais enfin du moment où lui et sa bande de copains ont payé... Assis enfin dans le kart fatigué, Alain Prost constate alors qu'il peut actionner le petit volant d'une seule main et dès les premiers tours de roue, il n'est soudain plus là pour jouer. En 1970, le karting de loisir est encore assimilé à une attraction tenant plus de la fête forraine que de la compétition automobile. Pourtant, pour le néophyte tout devient rapidement très sérieux. Il soigne sa conduite, double, domine son engin, se montre plus adroit que les autres et il remporte cette mini course improvisée, un après midi de vacances sur la Côte d'Azur. Quelques jours plus tard, il reviendra, seul cette fois, en quète de confirmation. Il ne lui faudra pas longtemps pour que l'évidence s'impose: il est fait pour ça.

De retour à Saint-Chamond, sa ville natale, Alain se renseigne aussitôt sur l'existence d'un club de karting situé dans la région. Il le trouve à Rive-de-Gier, à quelques kilomètres de son domicile et s'y inscrit sans hésitation. Il lui faudra un an de patience pour assouvir sa nouvelle passion. Le temps de réunir la somme indispensable à l'achat d'un kart. Un an de privations et de petits boulots dans l'entreprise familiale de mbilier pour boucler enfin son premier budget de "pilote". Le kart de ses rêves est vétuste, le moteur poussif et il passe plus temps à bricoler qu'à rouler sur la piste. Mais qu'importe. Tous ces avatars ne font que renforcer sa détermination. Il abandonne alors le football, sa première passion, renonce à ses études de "prof de gym" et se lance dans un plan de financement plus ambitieux. Il travaille désormais presque à plein temps avec son père et se fait de l'argent de poche en assurant la préparation des moteurs des autres membres du club de karting. En 1972, il dispose maintenant d'une machine performante, multiplie les victoires dans les épreuves régionales et termine second du championnat de France junior.

Tout va alors très vite. Champion d'Europe junior, l'année suivante, il accède à un statut de pilote semi-officiel et rejoint l'équipe de France. Il est déjà plus qu'une révélation. Son talent est reconnu même si son agressivité dans les pelotons lui vaut de sérieuses inimitiés et parfois, des "troisièmes mi-temps" plus que houleuses. Ainsi, lors du Challenge Alazard, une épreuve qui attire les meilleurs spécialistes européens, il mène largement la finale quand un équipier belge du champion du monde François Goldstein le pousse dans l'herbe. Goldstein second lui ravit le commandement et gagne. C'en est trop ! Prost projette son adversaire hors de la piste, se rue sur lui et lui envoie un direct du droit en pleine face ! Le duel se termine en bagarre générale et une fois le calme revenu, Prost écope d'une suspension de six mois. Il va pourtant bénéficier d'un "permis blanc" pour disputer les championnats d'Europe. Vainqueur mais déclassé pour un dépassement un peu trop viril, Prost n'est pas loin d'être totalement dégouté du karting. Il disputera encore les championnats du monde, mais le coeur n'y est plus. Il a la tête ailleurs, l'esprit monopolisé par la finale du Volant Elf.

Condamné à réussir

La course automobile, il y songe depuis l'été 1974. Son titre de champion de France sénior, lui a valut une bourse de la Fédération Française. Plutôt que de l'engloutir dans le karting, il a décidé de l'investir dans une école de pilotage.

Il prévoit tout avec une lucidité et une matûrité remarquables. Il devance ainsi l'appel pour se débarrasser de son service militaire mais se retrouve en Allemagne. En dépit de l'éloignement, il choisit pourtant de s'inscrire à l'école la plus éloignée de son domicile: celle du Paul Ricard. "Je voulais gagner. il fallait éliminer les paramètres annexes, notamment les caprices de la météo. La pluie est moins fréquente au Castellet qu'à Magny-Cours." Un colonel compréhensif et quelques "fausses perms" feront le reste... Alain Prost est un élève lamentable sur le plan technique, d'après ses instructeurs. Il freine très tard et même en courbe, ignore le double débrayage mais contrôle toujours la situation. Pourtant, il n'a rien d'un fanfaron. Au contraire, il est presque effacé et affiche une grande humilité. En fin stratège, il se fait oublier, assure le minimum pour se qualifier pour la finale. Une seule fois, il se trahira, lors de l'une des rares journées de pluie, en freinant aussi tard que sur le sec. Il ne conduit pas bien, mais il va vite. Le jour de la finale, Alain Prost est venu seul et se tient ostenciblement à l'écart de l'agitation. Tendu, mais incroyablement concentré et déterminé. Il n'a pas le choix. Il est condamné à réussir. Rien ne l'attend après l'armée, ni métier, ni diplome et encore moins de petites économies...

Il est le dernier des six finalistes à s'élancer. A peine sur la piste, il bat le record du circuit pendant ses tours de chauffe et continue sur le même rythme pendant les cinq tours chronos. Il gagne haut la main. Il montre enfin une certaine émotion lorsque Ken Tyrrell, le président du jury, lui remet une coupe, mais a-t-il réellement douté de son succès.

Trois semaines plus tard, libéré de l'armée, il entâme une nouvelle vie. Lauréat du Volant Elf, il dispose d'une monoplace de Formule Renault et d'un budget pour la saison suivante. Il rejoint alors Magny Cours, pour prendre livraison de sa Martini et suivant une tradition bien établie, s'installe dans le modeste hôtel de Saint-Parize. Il ne connait rien à l'automobile et encore moins la mise au point d'une monoplace. Alors, il passe méthodiquement en revue toute la palette des réglages, essaie toutes les solutions possibles pendant de longues séances d'essai hivernales.

Un prédateur affamé de victoires

Cette préparation ingrate mais minitieuse va se révéler immédiatement payante. Sur le circuit pour la première course de la saison, Alain Prost s'envole dès le départ, s'impose avec autorité au premier freinage et enlève son premier succès sans autre soucis. C'est le début d'une longue série.A chaque sortie, le scénario va être imuable pole, fuite en tête, record du tour et victoire ! Ceux qui ont le malheur de cotoyer la Martini bleur s'en souviennent comme d'un cauchemar. Certains inventeront une boutade - "Prosternons nous" - pour rire de leur désarroi, d'autres carrément irrités par cette insolente réussite ne trouvent que de mauvaises excuses. Ses rivaux semblent disputer un autre championnat, à tel point que Patrice Lavergne, tout heureux de finir second à Rouen, passera la ligne en levant les bras en signe de victoire! Après sept succès consécutifs, Prost est champion dès le mois de juillet. Ses adversaires respirent, mais ils se trompent lourdement.

Prost veut le grand chelem. Il le manquera d'un fil à Imola, où il sera contraint l'abandon à cause d'un allumeur déréglé. Il est fou rage et parle même de sabotage. Il crie à l'injustice et cherche un coupable. Son refus d'être battu obscurcit son jugement et comme le souligne l'un de ses rivaux "il est nettement moins talentueux dans la défaite." L'enfant prodige se mue soudain en sale gosse, comme au bon vieux temps du karting. Il a trop gagné et trop vite pour avoir eu le temps d'apprendre à perdre. Il croyait naïvement que le talent était aussitôt récompensé et découvrait avec irritation un univers plus complexe. De l'inexpérience à l'impopularité, il n'y a qu'un pas. Il le franchira souvent avec un bel entêtement dans la maladresse. Et si avec le temps, il apprendra à polir son caractère et soignera son image, le naturel reviendra au galop dans les périodes de "crise". Ce comportement de mauvais perdant, de raleur et de rancunier le poursuivra et sa carrière sera jalonnée de conflits et de divorces.

Il pourrait pourtant être totalement serein en cette fin 1976. Cette première saison a suffit à lui forger une extraordinaire renommée. En plus de sa chevauchée solitaire en Formule Renault, il a également effectué des débuts impressionnants en Formule Renault Europe. A Dijon avec une Lola qu'il découvre et sur un circuit inconnu, seul un ennui mécanique l'a empéché de battre Didier Pironi, le leader du championnat. Il en repartira tout de même avec le record du tour et plus que jamais couvé par Elf, qui le sent déjà prêt pour des combats plus difficiles. Sa voie, qui ne pouvait être que triomphale était tracée, mais après sa démonstration de 1976, on ne lui pardonnerait pas aisément un échec. Pourtant, en 1977, il ne lui suffit plus de paraître pour vaincre. L'opposition en Formule Renault Europe s'est durcie et il doit compter parfois sur les caprices de la mécanique. "L'homme à battre" n'est plus invincible, il rentre dans le rang et constate avec irritation que la popularité est inversement proportionnelle au succés... Prodigieusement agacé, plus incompris que jamais, mais toujoura aussi déterminé, il enlève le titre à l'issue de la dernière course. Une saison difficile qui a cependant confirmé l'une des facettes de son personnage entrevue lors de son passage à l'école de pilotage: celle d'un fin calculateur capable d'éviter les joutes stériles afin de ne jamais perdre de vue l'objectif final.

Fiançailles avec Renault

Au soir de sa victoire en Formule Renault Europe, Alain Prost évoque pour la première fois la Formule 1. Elf modère son enthousiasme. C'est trop tôt pour la F1 et trop tard pour la F2. Le pétrolier s'en retire pour mieux se concentrer sur l'aventure Renault F1. En revanche, Elf lui propose un programme en Formule 3 où Renault revient après une absence de cinq ans. Peu enthousiaste mais réaliste, Alain accepte de sacrifier une saison pour participer au développement du moteur Renault F3, greffé dans un châssis Martini. Après une demi saison catastrophique, il se demande vraiment dans quelle galère il s'est embarqué. Il lui faut non seulement accepter l'effacement et les échecs, mais aussi les luttes sans gloire et parfois périlleuses au milieu de peloton.

Résigné, parfois amer il découvre néanmoins des aspects positifs dans cette aventure: le métier et la complicité de Hugues de Chaunac, le team manager, la découverte des circuits européens et un formidable enrichissement sur le plan technique. Et puis, à force de travail, la Martini Renault progresse. Il retrouve peu à peu le chemin des podiums et finit par s'imposer à Jarama devant tout le gratin de la spécialité. Il était temps, surtout pour lui qui s'est toujours mal accomodé de la défaite.

Il sent prêt pour la F1, mais reste encore une fois très lucide. Etre un héros des formules de promotion, n'est plus une recette infaillible pour accéder en F1. L'exemple de René Arnoux contraint au surplace pendant près de cinq ans avant de trouver le salut est des plus dissuasifs. Prost sait qu'il faut désormais appartenir à une grande équipe et il garde sa confiance à Elf. Il n'en réprime pas moins un profond soupir quand Elf, lui propose une nouvelle saison de F3 en 1979. Il sait que le temps presse mais il sait aussi que le cocktail Martini-Renault est désormais explosif. Le moteur Renault surclasse désormais les blocs Toyota et Alfa Romeo et la nouvelle Martini chaussée de pneus Michelin s'impose comme la meilleure monoplace du moment. Il survole le championnat d'Europe et accroche la plus belle victoire de l'année: le GP de Monaco en raflant comme à la belle époque de la Formule Renault, la pole et le record du tour. Cette fois, on parle lui pour la F1. Elf évoque son nom à Guy Ligier pour remplacer Patrick Depailler blessé dans un accident de deltaplane. Ligier joue l'expérience et engage finalement Jacky Ickx... Alain décide alors d'assister aux deux derniers Grands Prix nord-américains pour nouer des contacts avec les managers de la F1.

Premiers pas en F1

Arrivé à Montréal, il croise Fred Opert, le team manager américain pour qui il a piloté en F2 à Pau l'année précédente. Celui-ci lui fait rencontrer Teddy Mayer, le "patron" de McLaren qui se dit prêt à aligner une troisième F1 pour le prochain GP des Etats Unis. Alain brûle d'impatience mais il ne veut pas débuter en F1 à la sauvette. Il donne l'image d'un garçon réfléchi qui veut éviter le piège d'une contre-performance publique. Un sacré coup de poker qui réussi. Teddy Mayer interloqué par le refus accepte le principe d'une séance d'essais privés.Il rentre en France et attend fébrilement le coup de téléphone magique. Mayer appelle une semaine plus tard et rendez-vous est pris au début du mois de novembre sur le circuit Paul Ricard. Une fois de plus, Alain joue son destin sur le circuit varois. Il est à la fois ravagé par l'anxiété et tellement sûr de lui. Effrayé et épuisé, Prost enchaîne les tours et signe des chronos satisfaisants, proches de ceux de John Watson présent pour étalonner les performances. Il lamine véritablement, Kevin Cogan, un jeune américain prometteur, testé également par McLaren. A la fin des essais, Alain Prost n'est pas encore pilote McLaren mais il possède une sérieuse option. Le non renouvellement du contrat de Patrick Tambay débloque la situation et dix jours plus tard, il signe son contrat. Le rêve devient réalité, même si à cette époque, McLaren n'est plus qu'une équipe de milieu de pelotons vivant d'expédients.

A Buenos Aires, dans la chaleur torride de l'été austral, il se prépare à ses débuts officiels en F1. John Watson n'est pas avare de conseils et lui fait même découvrir le circuit en le prenant dans son sillage. Qualifié en sixième ligne, Prost sait qu'il est inutile d'espérer un bon résultat avec sa monoplace médiocre et opte pour une course sage. Sa clairvoyance sera une nouvelle fois payante. Il termine à la sixième place s'octroyant ainsi son premier point au championnat du monde. Il vient de marquer de son empreinte son entrée dans le monde des Grands Prix.

"Prost-scriptum"

Né le 24 février 1955 à Saint-Chamond (Haute-Loire)
1973 : champion de France et d'Europe Junior Karting
1974 : champion de France senior karting
1975 : lauréat Pilote Elf Paul Ricard
1976 : champion de France F.Renault (Martini MK 17) : 12 victoires
1977 : champion de Formule Renault Europe (Martini MK 20) : 6 victoires
1978 : champion de France F3 (Martini MK 21B-Renault)
1979 : champion d'Europe et de France F3 (Martini MK 27-Renault) : 9 victoires dont le GP de Monaco
1980 : débuts en Formule 1au GP d'Argentine et premier point au championnat du monde (McLaren M29)

Bilan Formule 1

199 GP disputés ; 51 victoires ; 33 pole positions ; 41 meilleurs tours en course ;
Champion du Monde 1985/86 (McLaren TAG-Porsche) ; 1989 (McLaren -Honda) ; 1993 (Williams-Renault)
2e championnat du monde 1983/84/88/90/)
Un mythe, Une passion, une légende
Ferrarisimo nel sangue e nel cuore da allora sempre
Je n'ai jamais été un grand constucteur.
Je n'ai jamais rêvé de le devenir.
Je reste un artisan provincial."


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Il voulait être footballeur

Message par Modena49 le Jeu 10 Juil - 13:33

Il voulait être footballeur, lui, le natif de Saint-Chamond, qui vibrait aux exploits des "Verts" de Saint Étienne. Son frère lui a transmis la passion du sport automobile. Il restera l'un des plus grands pilotes de l'histoire du sport automobile, l'une des plus grandes figures du sport français.

Alain Marie Pascal Prost est né le 24 Février 1955 à Lorette (France).

Une révélation
Alain Prost s'installe pour la première fois au volant d'un kart de location à l'âge de 14 ans. La scène se passe à Antibes, alors qu'Alain y est en vacances avec ses parents. Il gagne la première course à laquelle il participe... d'une main : l'autre est en effet dans un plâtre ! Tout comme le Grand Prix de Monaco 1970 auquel il assista, cet évènement est un déclic pour le jeune garçon, mais le karting coûte cher, et, de toute façon, ses parents ne souhaitent pas qu'il s'y consacre. Cependant Alain persiste, et à 16 ans, toujours contre l'avis de ses parents, s'achète un kart d'occasion grâce à ses économies. Pendant une année, les résultats ne viennent pas comme il le souhaiterait, alors Alain s'achète un nouveau kart, neuf celui-ci. La réussite sera au rendez-vous.

La naissance d'un champion
A 17 ans, Prost abandonne le football et se met à penser à 100% au sport automobile. Il devient champion de France et d´Europe junior de karting. Son ascension est météorique : il écrase tout sur son passage. Champion de France de karting en 1974, il gagne sa place pour le Volant Elf qu'il remporte en 1976. Ce succès le conduit en Formule Renault, avant qu'il n'accède à la Formule 3 et 3 titres à la clé (deux français et un européen). Fin 1979, il est convié par McLaren à un premier essai en Formule 1. D'emblée, le ton est donné : Prost fait tomber les chronos et apporte un retour technique extrêmement complet à ses ingénieurs. Teddy Mayer, séduit, lui propose de débuter dès la fin de la saison. Fin stratège, Prost refuse, préférant reporter ses débuts à 1980, avec tout l'hiver pour peaufiner sa préparation. 1er Grand Prix en Argentine, et premier point, avec une sixième place à la clé. Mais la saison sera globalement frustrante pour Prost, au sein d'une écurie en bout de course. Il sera même victime de deux violents accidents dûs à des casses mécaniques : les seules blessures physiques de toute sa carrière. Qu'importe le peu de compétitivité de sa machine, l'important pour cette première saison dans le grand cirque de la F1 aura été de séduire les observateurs. Mission réussie : encore sous contrat pour 1981 avec McLaren, Prost profite des remous au sein du team et de la prise de pouvoir de Ron Dennis, pour dénoncer son contrat et partir chez Renault. Prost et Dennis, un premier rendez-vous manqué, mais l'histoire reste à écrire.

L'aventure Renault, entre espoirs et frustration
La Renault de 1981 est un peu tendre pour jouer le titre. Il faut attendre la mi-saison pour voir Prost enfin briller. Il remporte son premier GP à Dijon, grâce à l'interruption due à la pluie qui lui permet de chausser des gommes Michelin très tendres ; 50 autres victoires suivront dont deux en fin de saison.

Même scénario en 1982. Après un début de saison tonitruant, et notamment une victoire de toute beauté en Afrique du Sud, le Français est accablé par la malchance et les pannes en tout genre. Le pilote n'est pas non plus exempt de tous reproches, comme à Monaco, sous la pluie, où il se met dans le rail à quelques encablures de l'arrivée alors qu'il avait course gagné. Sa saison est aussi perturbée par ses rapports difficiles avec son équipier Arnoux. Au GP de France, sur le Circuit Paul Ricard, René Arnoux refuse de se plier à la stratégie d'équipe préétablie visant à favoriser Prost, mieux placé dans la course au titre. Gérard Larrousse, le directeur sportif de Renault, pourtant initiateur de cette stratégie ne défend pas Prost, lequel rue dans les brancards et ne parvient qu'à s'attirer les foudres d'une partie de l'opinion publique toute acquise à la cause du populaire "Néné" Arnoux. Prost et la France, ou l'histoire d'un amour impossible. Pour Prost, 1982 sera aussi le début d'une vraie psychose. Sous la pluie à Hockenheim, Prost ressent un violent choc à l'arrière et assiste abasourdi au décollage d'un bolide rouge au dessus de sa tète. Aveuglé par les projections d'eau, son compatriote, le pilote Ferrari Didier Pironi l'a heurté à haute vitesse, a littéralement décollé et ne peut que hurler de douleur dans les restes de son cockpit, les jambes broyées. A partir de ce jour, choqué par l'effroyable accident de son camarade, Prost détestera toujours la pluie.

En 1983, débarrassé d'Arnoux, Prost semble enfin avoir les coudées franches au sein de l'écurie française, et le turbo est enfin arrivé à maturité pour conquérir le titre. Las, en fin de saison, Prost ne résiste pas au retour fulgurant de Nelson Piquet et de sa Brabham au moteur BMW curieusement survitaminé. Alors que le titre lui semblait promis, Prost avait pourtant été le premier à pressentir la dangereuse torpeur dans laquelle se complaisait son équipe au moment d'aborder le sprint final. Il s'était notamment élevé contre une compagne publicitaire prématurée de la Régie, basée sur le thème "Une Entreprise derrière son Champion". Dans la défaite, l'écurie française se désagrège et Gérard Larrousse ne trouve rien de mieux à faire que de virer son pilote ! Un comble quand on sait que Prost est l'un des pilotes les mieux cotés du plateau. Mais Alain n'en a que faire : déjà, Ron Dennis, le directeur de McLaren qui vient de restructurer l'équipe avec l'appui du groupe Tag-Heuer, lui fait un pont d'or pour rejoindre Niki Lauda. Renault a tout perdu, Prost va tout gagner.

Les années McLaren
Bien que plus rapide que Lauda, Prost voit à nouveau le titre lui échapper... pour un demi-point seulement! Mais sur le podium d'Estoril, à coté de son triple champion du monde de coéquipier, Prost rayonne : l'avenir lui appartient, et il le sait. 1985 ne sera qu'une formalité pour Prost. Au volant de la McLaren-Tag-Porsche, meilleure machine du plateau, Prost prend rapidement le dessus sur ses adversaires, écrase son équipier Keke Rosberg et file vers son premier titre mondial. Rebelote en 1986, malgré l'opposition féroce des Williams-Honda de Nigel Mansell et de Nelson Piquet. Prost remporte un second titre dans les rues d'Adelaïde, au prix d'un final à suspense. Arrivé en Australie avec de maigres espoirs de titre, il croit tout perdre en début de course lorsqu'une crevaison l'oblige à un passage imprévu par les stands. Au prix d'une superbe remontée, il parvient à effectuer la jonction sur les Williams, ce qui ne lui permet néanmoins pas d'inquiéter Nigel Mansell, à qui il suffit de jouer placé pour s'assurer la couronne mondiale. Mais le destin va se charger de donner un petit coup de pouce à Prost. Mansell déchappe à pleine vitesse et doit abandonner, tandis que Piquet doit observer lui aussi un changement de pneus par mesure de sécurité. Prost en tête, il est virtuellement champion du monde, mais tremblera jusqu'au bout, sa jauge lui indiquant à tort que son réservoir d'essence est vide ! Sans doute le plus grand souvenir de sa carrière.

L'association de McLaren avec Porsche s'essouffle progressivement et la saison 1987 n'offre guère de satisfaction à Prost, si ce n'est une 28ème victoire en Grand Prix au Portugal sur le tracé d'Estoril. Le record historique (1973) de Jackie Stewart vient de tomber. Mais qu'importe la perte de titre mondial, aux yeux de tous, Prost apparaît comme le meilleur pilote de sa génération. Son style économe, son approche minutieuse des Grand Prix régalent ses ingénieurs. On lui donne le surnom de Professeur ; un surnom à double tranchant : derrière la marque de respect pour cet homme qui maîtrise son sujet à la perfection, on sent poindre le manque d'enthousiasme d'un public avide de sensations fortes et qui lui préfère la fougue d'un Mansell ou d'un Senna. Ayrton Senna, justement, le prochain défi du Professeur...

Prost-Senna, le choc des Titans
En 1988, McLaren s'associe avec Honda et accueille Senna aux côtés de Prost. Une formidable rivalité, dont le retentissement médiatique dépassera le strict cadre de la F1, va alors naître. Les deux meilleurs pilotes du monde côte à côte. D'un côté, Prost le froid calculateur ; de l'autre, Senna le mystique. Mais en commun, un même génie du pilotage, une même approche clinique de la F1. En 1988, Senna décroche le titre (... en marquant néanmoins moins de points que son équipier). Prost prend sa revanche en 1989, dans une ambiance de souffre. La rivalité entre les deux hommes a dépassé le cadre sportif suite au Grand Prix de Saint-Marin 1989 à Imola, au cours duquel Senna n'aurait pas respecté un pacte de non agression. A la bagarre sur la piste, somptueuse, le dimanche, se succèdent règlements de comptes et phrases assassines tout au long de la semaine par médias interposés. La rivalité fratricide trouve son épilogue dans la chicane de Suzuka pour l'avant-dernier GP de la saison au Japon, lorsqu'un accrochage entre les deux hommes donne le titre au Français. Parmi les succès marquants de Prost cette année-là, une victoire à Monza, devant des tifosi en liesse. Prost vient en effet d'annoncer qu'il quitte McLaren pour rejoindre la Scuderia Ferrari. Ce sera avec le numéro 1 sur son capot.

En 1990, la rivalité avec Senna se poursuit de plus belle. Une vraie fausse réconciliation orchestrée par Elf à Monza ne durera qu'un temps. A Suzuka, dès le départ, au prix d'une attaque kamikaze, Senna accroche volontairement Prost et récupère le titre mondial. Amertume de Prost vis à vis de son ancien équipier, vis à vis de la FIA qui laissera impunie la manœuvre suicidaire du Brésilien, et vis à vis de sa propre équipe, qui en ne donnant pas de consigne à son bouillant coéquipier Nigel Mansell, a privé Prost de points précieux à Estoril quelques semaines auparavant : la belle entente avec Cesare Fiorio, son directeur sportif, se fissure.

Une intersaison prometteuse semble effacer les blessures, mais le catastrophique début d'année 1991 réouvre les cicatrices. L'ambiance est à la guerre interne chez Ferrari : un classique au sein de la Scuderia. Prost obtient le limogeage de Fiorio, mais lui-même sera débarqué en fin de saison. Prost et Renault, Prost et Ferrari, deux histoires inachevées. Prost passe sa saison 1992 sur le bord des pistes, à préparer son retour. Ce sera au volant d'une Williams-Renault, la meilleure voiture du plateau, avec un 4ème titre mondial à la clé. Un titre au parfum amer : Prost se présente comme l'éternel mal-aimé. A Monaco, pénalisé pour départ anticipé, Prost effectue une spectaculaire remontée dans le peloton. "Ce Prost, quel grand pilote!" s'exclame un observateur ; "Il faudrait qu'il le prouve" répond laconiquement Frank Williams, l'énigmatique directeur de l'écurie éponyme, et patron d'Alain. Prost a signé un contrat de 2 ans, mais la volonté non dissimulée de son employeur d'attirer Senna à ses côtés, ce qu'il perçoit comme une forme de désaveu, le blesse. Tout comme le blesse le conflit larvé qui l'oppose à la FIA, ou le peu d'entrain que manifestent les médias à son égard. "Vous vous rendez compte que cette saison, quand je suis rentré en salle de presse après une victoire, pas une seule fois je n'ai été applaudi". Déçu, Prost préfère s'arrêter. Sur un 4ème titre acquis à Estoril où il cède la victoire au jeune Michael Schumacher. 51 victoires pour l'un, deuxième pour l'autre. Un passage de témoin en somme... Prost monte sur le podium une dernière fois à Adelaïde, pour son ultime course. A ses côtés, le vainqueur du jour, Senna, lui offre une chaleureuse accolade. C'est la fin de l'une des plus palpitantes confrontations de l'histoire du sport (ils combattront une dernière fois à Bercy au volant de kart grâce à Philippe Streiff). A ce moment, Prost ignore que quelques mois plus tard, il commentera en direct la mort tragique de cet adversaire en qui il avait découvert un ami.
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Re: ALAIN PROST:QUADRUPLE CHAMPION:

Message par Modena49 le Jeu 10 Juil - 13:33

Prost Grand Prix, l'échec
Après une brève parenthèse en tant qu'essayeur de luxe pour le compte de McLaren, Prost rachète l'écurie Ligier qu'il rebaptise de son nom : une aventure porteuse d'espoirs, mais qui se termine par un cuisant échec et ne fait que creuser un peu plus le gouffre d'incompréhension entre Prost et son public. A la prometteuse saison 1997, qui a vu Olivier Panis pointer à la troisième place du championnat du monde des pilotes, succèdent trois saisons d'un partenariat houleux avec Peugeot, et sportivement très décevantes. La saison 2001 sera la dernière pour l'équipe française. Début 2002, Prost Grand Prix est contraint au dépôt de bilan faute d'avoir su fédérer de solides partenaires financiers autour de lui.

L'échec digéré, Alain Prost a de nouveau enfilé casque et combinaison. En compagnie de son vieil ami Hugues de Chaunac, Prost s'est lancé dans un défi aux antipodes de la F1, à savoir le Trophée Andros, compétition hivernale de courses sur glace à laquelle il participe depuis 2003.

Fiche Signalétique
Français
né le 24 Février 1955 à Lorette (France)
Début en GP : Argentine 1980
Dernier GP : Australie 1993
Nombre de GP disputés : 199(3 non-participations)
Meilleur résultat en course : victoire (51 fois)
Meilleur résultat en qualifications : pole position (33 fois)
Nombre de points marqués : 798,5
Nombre de podiums : 106
Nombre de meilleurs tours : 41
marié, 2 fils (Nicolas et Sasha)
1979 tests pour McLaren/Ford
1980 McLaren/Ford
1981 Renault
1982 Renault
1983 Renault
1984 McLaren/TAG Porsche
1985 McLaren/TAG Porsche
1986 McLaren/TAG Porsche
1987 McLaren/TAG Porsche
1988 McLaren/Honda
1989 McLaren/Honda
1990 Ferrari
1991 Ferrari
1992 tests pour Ligier/Renault
1993 Williams/Renault
1995 pilote-essayeur McLaren/Mercedes
1996 pilote-essayeur McLaren/Mercedes
1997 président de Prost
1998 président de Prost
1999 président de Prost
2000 président de Prost
2001 président de Prost



[modifier]Sport Automobile
1973 CKarting Europe Junior (Champion), Karting France Junior (Champion)
1974 Karting France Formule A (Champion)
1975 ?
1976 Formule Renault France (Champion, 12 victoires), Volant Elf (Champion)
1977 Formule Renault Europe (Champion)
1978 Formule 3 France (Champion)
1979 Formule 3 Europe (Champion), Formule 3 France (Champion), Formule 1 (tests)
1980 Formule 1 (15ème)
1981 Formule 1 (5ème, 3 victoires)
1982 Formule 1 (4ème, 2 victoires)
1983 Formule 1 (2ème, 4 victoires)
1984 Formule 1 (2ème, 7 victoires)
1985 Formule 1 (Champion, 5 victoires)
1986 Formule 1 (Champion, 4 victoires)
1987 Formule 1 (4ème, 3 victoires)
1988 Formule 1 (2ème, 7 victoires)
1989 Formule 1 (Champion, 4 victoires)
1990 Formule 1 (2ème, 5 victoires)
1991 Formule 1 (5ème)
1992 Formule 1 (tests)
1993 Formule 1 (Champion, 7 victoires)
1994 année sabbatique
1995 Formule 1 (pilote d'essai)
1996 Formule 1 (pilote d'essai)
1997 à 2001 Formule 1 (patron)
2002 année sabbatique
2003 Trophée Andros
2004 Trophée Andros (2ème)
2005 Trophée Andros (3ème)
2006 Trophée Andros (2ème)
2007 Trophée Andros (1er)
[modifier]Palmarès
1973 Champion de France et d'Europe Junior de Karting
1974 Champion de France de Karting Formule A
1976 Champion de France de Formule Renault avec 12 victoires, vainqueur du Volant Elf
1977 Champion d'Europe de Formule Renault
1978 Champion de France de F3
1979 Champion d'Europe et de France de F3, vainqueur du Grand Prix de Monaco de F3
1982 vainqueur du Grand Prix d'Australie
1983 vice-champion du Monde de F1 des pilotes
1984 vice-champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
1985 Champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
1986 Champion du Monde de F1 des pilotes
1988 vice-champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
1989 Champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
1990 vice-champion du Monde de F1 des pilotes
1993 Champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec Williams
2004 vice-champion du Trophée Andros
2006 vice-champion du Trophée Andros
2007 Champion du Trophée Andros
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